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Politique

77e Assemblée générale de l’ONU : Macky Sall prêche-t-il dans le désert ?

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Le 20 septembre 2022, se sont ouverts, à New York aux Etats-Unis d’Amérique, les travaux de la 77e Assemblée générale des Nations unies. Une AG qui verra, jusqu’au 27 septembre prochain, plus de cent cinquante chefs d’Etat et de gouvernement venus du monde entier, se succéder à la tribune de l’organisation mondiale, pour exprimer leurs préoccupations de l’heure. Si le président russe, Vladimir Poutine et son homologue chinois, Xi Jinping, apparaissent comme les absents les plus emblématiques de ce jamboree annuel au pays de l’Oncle Sam, on compte de nombreux dirigeants africains venus porter la voix du continent noir. Mais dans ce contexte de crise mondiale liée à la guerre en Ukraine qui polarise l’attention des Occidentaux, on se demande si au-delà des discours officiels et du temps de prise de parole, la voix de l’Afrique sera entendue. Le président sénégalais, Macky Sall, président en exercice de l’Union africaine (UA) qui a été le premier parmi ses pairs présents à cette AG, à prendre la parole, a demandé au Conseil de sécurité de s’engager davantage dans la lutte contre le terrorisme. Mieux, il a demandé un mandat plus robuste et des moyens conséquents. Si ces préoccupations sont partagées par bien des Africains, notamment ceux du Sahel, il n’est cependant pas permis de tomber dans un optimisme béat. Macky Sall prêche-t-il dans le désert ?

Il y a des raisons de nourrir de sérieuses craintes que le sujet de l’Ukraine ne vienne éclipser les autres sujets

La question est d’autant plus fondée que dans le contexte mondial actuel, les préoccupations des grandes puissances semblent ailleurs. Or, il est bien connu que ce sont elles qui dirigent le monde au gré de leurs intérêts. C’est dire s’il y a des raisons de nourrir de sérieuses craintes que le sujet de l’Ukraine ne vienne éclipser les autres sujets, notamment ceux concernant l’Afrique, qui demeurent pourtant aussi des préoccupations majeures de l’heure. En tous les cas, l’Afrique a besoin de se rassurer qu’elle compte aussi dans le concert des nations et qu’elle ne saurait rester indéfiniment à la remorque du monde. A ce titre, ses préoccupations doivent pouvoir trouver le même écho que celui des autres nations, auprès de l’organisation mondiale. En plus clair, au-delà de la participation des dirigeants africains à ces AG annuelles aux allures de rituel de défoulement collectif, qu’est-ce qui va changer, à l’issue de cette 77e session, dans le quotidien du citoyen du Sahel en proie aujourd’hui au terrorisme ? Qu’est-ce qui va changer dans le quotidien du petit écolier de Solenzo, dans le Burkina profond, dont l’avenir n’est pas loin d’être hypothéqué par des hommes sans foi ni loi qui ont transformé sa ville en localité martyre dont toutes les infrastructures publiques et autres symboles de l’Etat, ont été vandalisés ? Autant dire qu’au-delà des discours officiels et de la représentativité des Etats à travers les fortes délégations, ces rencontres au sommet n’auront véritablement de sens que si leurs conclusions sont capables d’impacter directement et qualitativement le quotidien des populations à la base.

L’Afrique attend de l’ONU, encore plus d’actions

C’est pourquoi il y a sans doute lieu d’apprécier positivement le sommet sur l’éducation qui s’est tenu en amont de cette 77e AG de l’ONU, car c’est un sujet qui intéresse au plus haut point, les pays du Sud en général et les pays du Sahel en particulier, qui ont vu leurs systèmes éducatifs désorganisés en raison de la crise sécuritaire qui sévit dans cette partie de la planète depuis bientôt une décennie. Et l’éducation est aujourd’hui fortement menacée par l’action des forces du mal, dans les pays du Sahel qui paient déjà un lourd tribut au terrorisme en termes de morts, de déplacés internes et de fermetures d’écoles. C’est dire s’il y a véritablement péril en la demeure en matière d’éducation. Et l’ONU devrait pouvoir aider les pays du Sahel, à sortir la tête hors de l’eau. D’où la nécessité de trouver des solutions structurelles et institutionnelles qui permettent de sauver l’éducation dans cette partie de la planète. C’est une interpellation qui peut bien en cacher d’autres, à l’endroit de l’organisation mondiale qui a besoin d’opérer sa mue, si elle veut rompre avec sa triste image d’instrument au service des grandes puissances, pour répondre aussi aux aspirations des pays les plus défavorisés. C’est dire si au-delà des conclusions et autres recommandations pertinentes qui ne manquent pas souvent de sortir de tels sommets, l’Afrique attend de l’ONU, encore plus d’actions pour leur opérationnalisation. Autrement, si les AG doivent continuer à se suivre et à se ressembler dans le folklore, elles n’auront aucun intérêt pour des populations africaines déjà désabusées. Même si ces voyages au pays de l’Oncle Sam, continueront d’être des occasions de villégiatures prisées par les officiels africains, sur le dos du contribuable.

« Le Pays »




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