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Politique

Valises transfrontalières au milliard de francs CFA : Nzouba Ndama n’est pas libre

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Le président du parti politique «Les Démocrates» n’a pas été remis en liberté ainsi que GabonReview l’a d’abord annoncé, induit en erreur par des sources pourtant concordantes dont d’autres médias crédibles. En provenance du Congo et interpellé hier (17/9/22) dans le Haut-Ogooué avec des valises remplies à ras bord de billets de banque avoisinant le milliard de francs – montant indiqué par la rumeur –, il est, aux dernières nouvelles, en garde à vue dans un dans un hôtel de Franceville. Les motifs plausibles de poursuites et les contours d’une affaire rocambolesque.


Après le buzz suscité samedi soir (17/9/22) par les images ayant circulé sur les réseaux sociaux montrant Guy Nzouba Ndama aux prises avec des gendarmes le ridiculisant littéralement et ouvrant brutalement ses valises, l’ancien président de l’Assemblée nationale n’est reparti chez lui.

Sources erronées

Les sources familiales interrogées par GabonReview, la confirmation de l’information par l’Agence gabonaise de presse (AGP) étaient erronées. Même le très professionnel Jeune Afrique a été induit en erreur dans la matinée. «Contacté par Jeune Afrique, l’un de ses proches affirme qu’il se repose désormais dans sa maison de Koulamoutou, dans la province de l’Ogooué-Lolo. Ses accompagnateurs (son chauffeur et son garde du corps) ont également été remis en liberté. Selon nos informations, l’argent qu’il transportait lui a été rendu mais il devra payer une amende, ainsi que le prévoit l’article 469 du code des Douanes», a écrit le site de l’hebdomadaire panafaricain avant de rectifier son article. De même, l’AGP, grossiste de l’information au Gabon a fini par supprimer son article.

Pourtant dans la matinée, l’AGP également, citant un informateur sous anonymat, indiquait que le président des Démocrates aurait «fourni les justificatifs de la provenance de cet argent». «Cet argent est un don du président congolais, Denis Sassou Nguesso. Il avait les justificatifs». L’interpellation de Guy Nzouba Ndama a, en effet, eu lieu à Kabala, à la frontière du Congo Brazzaville. Il aurait séjourné quelques heures dans le pays voisin et en serait revenu dans l’après-midi du même samedi.

Motifs plausibles de poursuites

Le leader des Démocrates gabonais pourrait être entendu dans le cadre d’une enquête portant sur le blanchiment des capitaux et sur le financement des partis politiques par une puissance étrangère. Si tant est-il que le président Congolais est la source de l’argent intercepté, la loi n°16/2011, en son article 55 interdit, en en effet le financement des partis politiques par des organismes extérieurs.

Selon des sources diverses et dignes de foi, l’ancien président de l’Assemblée nationale est donc en garde à vue dans un hôtel de Franceville. Il aurait été entendu par la section locale de la Direction générale des recherches (DGR) et devrait être présenté au procureur de la République ce lundi.

Moins d’un milliard de francs CFA et ce que dit la loi

Pour l’heure le montant du «butin» n’est pas connu avec exactitude, certains médias ayant soutenu qu’il se chiffrerait à 1 milliard 180 millions de francs CFA, une analyse et un décompte de l’image de Nzouba Ndama devant son «pactole» laisse penser qu’il y a environ 500 millions, en tout cas moins d’un milliard de francs CFA.

Sur de nombreux forums et groupes de discussion WhatsApp, de nombreux internautes ont exhumé les textes régissant la circulation de l’argent en zone Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), notamment le Règlement n°02/00/CEMAC/UMAC/CM du 29/04/2000 portant réglementation des changes dans la zone économique concernée. En son article 60, le texte de loi dispose : «Les voyageurs résidents et non-résidents se rendant d’un pays membre de la BEAC à l’autre peuvent emporter avec eux un montant illimité de billets et pièces de la CEMAC.» Il n’en reste pas moins que selon l’article 61 du même texte, «le montant de ces importations doit faire l’objet d’une déclaration auprès des services de douane». Le président de Les Démocrates s’y est-il soumis ou envisageait-il de le faire ? On peut en douter, les gendarmes ayant intercepté l’argent avaient visiblement été mis au parfum par un informateur. Dans la vidéo de la scène, on entend un gendarme lancer, avant même l’ouverture des valises : «vous pouvez filmer ! On va envoyer à qui de droit !». La maréchaussée savait donc d’avance que les valises contenaient de l’argent.

Rien de bien nouveau sous le soleil équatorial

Alors qu’on pouvait s’attendre à l’indignation de l’opinion, la scène a plutôt donné lieu à la dérision sur les réseaux sociaux, concernant notamment le zèle des gendarmes. Les Gabonais étant sans doute sevrés des nombreux scandales de détournements des deniers publics, ayant assez souvent le milliard de francs CFA pour unité de comptage. De plus, la pratique est connue et largement documentée au Gabon depuis les révélations de Robert Bourgi, avocat Françafricain aussi connu que controversé. Ayant largement alimenté la chronique, les révélations de celui-ci font état de mallettes d’argent, remises de fonds africains occultes à Jacques Chirac, Dominique de Villepin ou Jean-Marie Le Pen. Omar Bongo ayant été l’un des meilleurs protagonistes de la pratique.

De même, lors de la présidentielle anticipée de 2009, les pays voisins ont été soupçonnés d’avoir aidé la plupart des grands candidats : «la Guinée équatoriale (à travers son président Obiang Nguema) aurait soutenu financièrement la campagne d’André Mba Obame», peut-on encore lire sur l’Internet. Rien de bien nouveau donc sous le soleil équatorial. Aux dernières nouvelles, Nzouba Ndama est donc dans un hôtel en sorte de garde à vue.

Source crédible d’information pour avoir le plus grand réseau de correspondants à travers le Gabon, l’AGP a retiré son article annonçant la libération de Guy Nzouba Ndama et précisé par la suite que sa rédaction «s’excuse car en vérifiant, elle s’est rendue compte que la source familiale n’était pas de bonne foi.» Ayant été l’objet de la même mise en erreur dans un métier qui n’est pas une science exacte, GabonReview est tombé dans le même travers. Mea culpa.

Tokyo Yabangoye




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