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Politique

Trois militaires libérées : Le vrai sens du discours de Sarassoro à Lomé

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Les trois femmes parmi les 49 soldats ivoiriens détenus au Mali depuis le 10 juillet 2022 sont désormais libres. Les négociations menées sous l'égide du président togolaise commencent à porter des fruits. Ce samedi 3 septembre, une délégation ivoirienne conduite par Fidèle Sarassoro, directeur de Cabinet du président Alassane Ouattara et du Général Lassina Doumbia, Chef d'état-major général des armées, s'est rendue au Togo pour récupérer les soldats. Une déclaration ayant sanctionné les pourparlers a été diffusée au Mali et partagée sur les réseaux sociaux. Déclaration dont certaines parties prêtent à confusion. Des sources au cœurs des discussions sont pourtant formelles : il n'a jamais été question pour la Côte d'Ivoire de se mettre en cause. Bien au contraire, elle a respectée toutes les procédures en la matière.

"La République de Côte d’Ivoire déplore que des manquements et des incompréhensions aient été à l’origine de cet événement fort regrettable", a déclaré le directeur de cabinet du président ivoirien, à l'issue des négociations. Des propos diversement interprétés dans l'opinion nationale. Une source au cœur des négociations, jointe par téléphone est claire : "les manquements résultent des dysfonctionnements que la MINUSMA dit avoir constaté en interne. D’où l’usage de l’expression « déplore » et non « regrette »". En des termes clairs en effet, la Côte d'Ivoire n'a commis aucun manquement, d'autant plus que la Minusma avait reconnu, dans une déclaration, qu'il y avait des dysfonctionnements en interne.

Les règles présentées comme avoir été violées, n’existaient pas au moment de la commission de l’acte


"La République de Côte d’Ivoire, soucieuse de maintenir des relations de bon voisinage avec le Mali s’engage à respecter les procédures des Nations Unies, ainsi que les nouvelles règles et dispositions maliennes édictées relatives au déploiement des forces militaires au Mali. Afin d’aplanir les divergences existantes et de contribuer ainsi à la préservation de la paix et de la stabilité dans la sous-région la République de Côte d’Ivoire s’engage à poursuivre de manière transparente et constructive avec le Mali les échanges et les discussions sur tous les sujets d’intérêts communs", a soutenu Fidèle Sarassoro. "Respecter les procédures de l’Onu et les nouvelles règles établies par le Mali", pour dire que "les règles présentées comme avoir été violées, n’existaient pas au moment de la commission de l'acte" . Et que celles de l’Onu ont été respectées. D’où l’engagement de la Côte d’Ivoire à désormais respecter les deux. Ainsi, poursuit notre source, la Côte d'Ivoire s’engage à discuter avec le Mali de tout ce qui leur semble d’intérêt sans avoir besoin de recourir à de tels incidents.


Le fait de vouloir imposer ses exigences aux Pays contributeurs est une innovation que fait le Mali

Ce qu'il faut savoir, c'est que dans les missions de maintien de la paix, seule la mission locale de l’Onu régule les mouvements de troupes. Le fait de vouloir imposer ses exigences aux Pays contributeurs est une innovation que fait le Mali. D'où la dernière partie de la déclaration du directeur de cabinet du président Ouattara qui veut dire que "la Côte d'Ivoire continuera d’observer les règles de l’Onu qui est son premier interlocuteur en la matière, mais en plus elle s'engage désormais à respecter les nouvelles règles que le Mali veut imposer". Lesquelles n’existaient pas au moment du déploiement de la 8eme NSE. "Si c’est que le Mali souhaite désormais, nous n’y avons aucune objection, mais c’est en plus des règles de l’Onu", conclu notre informateur.

Yacouba DOUMBIA


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