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Economie

Enquête du jeudi.Cherté du loyer : Les coûts de location des maisons grimpent, grimpent sans arrêt à Abidjan (1/2)

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Trouver un logement décent avec un loyer raisonnable en Côte d’Ivoire en général, singulièrement à Abidjan ces temps-ci n’est pas chose aisée. Non pas à cause d’un manque total de maisons, mais plutôt par ce que les loyers sont élevés. De fait, les prix ont flambé ces derniers temps. Les augmentations ont atteint dans certains cas, des proportions inimaginables.

Souleymane Kouadio, qui tient une cabine téléphonique au Plateau Dokui dans la commune d’Abobo indique que dans ce quartier, le loyer d’une maison de 2 pièces est de 100 000 FCFA au minimum. Alors qu’il y a quelques temps, on pouvait louer les maisons du même standing à 70 000 F CFA. « Si on vous propose actuellement une maison de 2 pièces à moins de 100 000 F CFA au Plateau Dokui, soit elle est située aux confins du quartier, soit elle est dans un état qui laisse à désirer », explique le gérant de cabine téléphonique. C’est d’ailleurs dans une maison de ce type qu’il loge, dans le même quartier. Seulement, le loyer s’élève à 80 000 FCFA, parce que certains de ses amis avec qui il partage le local, y sont depuis plus de 10 ans. En revanche, leur voisin, qui occupe une maison du même type qu’eux, paie un loyer de 100 000 FCFA parce qu’il y a aménagé après eux. Le jeune homme dit avoir constaté que le propriétaire augmente systématiquement le loyer, dès qu’un nouveau locataire vient occuper une maison. Alors même qu’il n’y effectue pas d’importants travaux. Aux cours des échanges, notre interlocuteur remet le contact d’un agent immobilier, couvrant la zone de Plateau Dokui et Mahou. Joint au téléphone, Zerbo l’agent immobilier ne cache pas que les loyers des maisons de la zone géographique dépendant de ses compétences, sont élevés. Ses propos sont corroborés par le cas d’une habitation de 2 pièces, localisée dans la périphérie d’Abobo Azur, non loin du carrefour Cocotiers. Elle est mise en location à 120 000 FCFA. En plus, celui qui veut louer la maison devra verser l’équivalent de 6 mois de loyer, au titre du bail à usage d’habitation. A savoir 3 mois de caution, 2 mois d’avance et un mois pour l’agence. Une condition d’accès à l’habitation, tout à fait contraire à celle décidée par la loi. Qui exige plutôt du locataire, deux mois de caution et deux mois de loyer. Ce loyer n’est en rien comparable à celui qui nous a été communiqué par Samaké, agent immobilier, agissant pour le compte d’une agence localisée à Yopougon Sopim, non loin de la station Shell. « On nous a demandé de mettre en location une maison de 3 pièces à 300 000 FCFA. Elle est située à Yopougon dans les environs du complexe sportif Jessie Jackson », nous confie à notre grand étonnement ce dernier. Une habitation du même standing, est mise en location au même coût par ladite agence. Mais cette fois, il s’agit d’une maison se trouvant à Adjamé précisément à la Cité Fairmont. Pour ces 2 maisons citées, il est demandé 2 mois de caution, 2 mois d’avance et un mois pour l’agence. C’est probablement à cause du loyer élevé que les propriétaires de ces maisons ont respecté la législation en vigueur en la matière. A savoir 2 mois de caution et 2 mois d’avance, pour la location d’une maison. Malheureusement, dans bon nombre de cas, les propriétaires violent cette disposition légale, qui a pourtant été prise, en vue de faciliter aux populations, l’accès au logement. Tant il est vrai que, ces nombreux mois exigés aux locataires, ont toujours constitué un réel frein à ceux-ci, dans leur quête de maison à louer. Un cas avéré a été vérifié auprès d’un dénommé Papa Israël. Il démarche pour la recherche et la location de maisons dans la même commune de Yopougon. Son siège est situé au bureau du marché du Nouveau quartier. Il annonce au cours d’une conversation téléphonique le lundi 22 août 2022, qu’il dispose d’une maison de 3 pièces, située au terminus 40, non loin de Saguidiba. Sauf que pour la location, il faut s’acquitter de 7 mois de loyer. A savoir 3 mois de caution, 3 mois d’avance et bien évidemment un mois pour l’agent immobilier. Au total, c’est la somme 840 000 F CFA, que toute personne intéressée par cette maison, devra préalablement débourser, pour espérer se voir remettre les clés.

Le constat est là : l’augmentation effrénée des loyers a gagné l’ensemble des communes du district d’Abidjan. La commune d’Abobo tant rechignée par des personnes, n’échappe plus à cette réalité. Les coûts de location des maisons y ont aussi pris l’ascenseur. Le loyer de la maison de 3 pièces qu’occupe Odouffan Amandé, maçon résidant au quartier Akeikoi-extension d’Abobo et sa famille, pourrait passer de 30.000 F à 80. 000 F CFA. Soit plus du double. « C’est l’information que la gérante nous a donnée », indique le maçon. Aux dernières nouvelles ajoute-il, « l’on a appris qu’elle envisage de rencontrer les locataires des différentes maisons, pour échanger sur la révision à la hausse, du loyer ». En tout état de cause, le maçon dit ne pas avoir les reins assez solides, pour payer un loyer supérieur à 30 000 F CFA. Et comme le dit un dicton populaire « A quelque chose malheur est bon ». Odouffan Amandé s’est pour cette raison , employé à reprendre les travaux de construction de sa maison. Il avait commencé à la bâtir il y a quelques années sur un lot situé dans le même quartier. C’est d’ailleurs avec enthousiasme qu’il va régulièrement sur le chantier pour effectuer les travaux.


De nouvelles augmentations attendues ?

Bien qu’étant un agent immobilier à Akeikoi-extension, Marius avoue que les loyers ont exagérément augmenté ces derniers temps. L’homme, qui a laissé la coiffure au profit de l’immobilier, en veut pour preuve que le loyer minimum pour les maisons de 3 pièces dans le quartier est au bas-mot à 100 000 FCFA. Il peut évoluer jusqu’à 130 000 F CFA dans certains cas. Alors que par le passé, il oscillait entre 45 et 50 000 F CFA. Dorénavant, ce sont les maisons de 2 pièces qui sont louées à partir de 45 000 FCFA à Akeikoi-extension. Ces tarifs sont aussi appliqués au quartier Djibi, qui se trouve pourtant à plus de 3 kilomètres d’Akeikoi-extension. Marius craint que l’augmentation récente de la prime de logement des fonctionnaires par le Chef de l’Etat n’ouvre la porte à de nouvelles hausses du coût des loyers.

De l’avis de Malick Sangaré, en fonction au service communication du ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, les augmentations de loyers s’expliquent par la loi de l’offre et la demande. « Plus il y a de demandeurs, alors que l'offre est moindre, les prix vont grimper ». Vraisemblablement, l’offre est en deçà des besoins parce que selon cet agent du ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, « le déficit de logements en Côte d'Ivoire s'élève à environ 600 000 unités par an ». Pour combler le gap, des projets sont en cours dans ce sens, indique notre interlocuteur. A l’en croire, c’est principalement ce que l’Etat peut faire, hormis l’application du contrat de location de maison. Sinon selon Malick Sangaré « l'usager n'a pas de voies de recours, puisqu’aucune loi n'existe pour encadrer la fixation des coûts du loyer. Ce que l'Etat a fait, c'est d'instaurer un contrat de bail à usage d'habitation. Il limite le nombre de mois de caution et d'avance à 2 fois deux mois ». Sans plus.


Junior Jeremy







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