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Appel à des réparations liées à l’esclavage : Un défi que l’afrique doit relever

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Le sujet n’est pas tabou, mais il ne date pas d’aujourd’hui. Il s’agit des réparations liées à l’esclavage. Il a longtemps fait l’objet de débats, notamment aux Etats-Unis d’Amérique où un projet de loi portant le principe d’une compensation financière pour réparer les méfaits de l’esclavage, a même été adopté en commission, au Congrès. A charge, pour un comité d’experts, de faire des propositions et des recommandations sur ces indemnisations et la forme qu’elles devraient prendre. En France, si la question de la réparation financière s’est posée dès l’abolition définitive de l’esclavage au 19è siècle, elle ne s’est concrétisée que pour les propriétaires d’esclaves au titre du préjudice subi. Il en va de même au Royaume-Uni où des réparations ont été versées aux propriétaires d’esclaves à titre de dédommagement pour la perte de leur « propriété ». Mais quid de l’Afrique dont les fils et filles ont principalement fait l’objet de cette exploitation honteuse et de cette traite d’êtres humains parfois arrachés de force à leurs territoires pour être déportés et vendus comme des bêtes de somme au plus offrant ?

La réflexion mérite d’être poussée plus loin

Si l’abolition de l’esclavage est venue donner un semblant de dignité à l’Homme noir, force est de reconnaître que ce dernier est toujours l’objet de discrimination à travers le monde, même si des pays comme la France, sont parvenus, avec le temps, à la promulgation d’une loi reconnaissant la traite et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité. C’est un pas à saluer, dans la volonté de réhabilitation de l’Homme noir. Mais le débat ne s’arrête pas là et la réflexion mérite d’être poussée plus loin. C’est en cela que le récent plaidoyer du président ghanéen, Nana Akufo-Addo, en faveur des réparations financières à l’endroit des victimes de l’esclavage, mérite l’attention. Car, loin d’être un débat éculé, c’est une question d’actualité. Surtout au moment où certains peuples, voire des minorités, opprimés à travers le monde, commencent à recevoir les excuses de leurs anciens oppresseurs. Ainsi en va-t-il, par exemple, du pape François qui, à la faveur de son récent séjour au Canada, a présenté ses excuses aux Inuits, une communauté d’autochtones de ce pays, pour les abus et mauvais traitements subis de la part de représentants de l’Eglise catholique. Dans un passé beaucoup plus lointain et dans une sorte d’acte de contrition, des organisations britanniques de premier plan comme l’Eglise anglicane, la Banque d’Angleterre, les pubs Greene King, avaient présenté des excuses à la suite de publications, mettant en cause certains de leurs dirigeants pour leurs liens avec le commerce des esclaves.

Ce combat est d’abord celui de l’UA, mais aussi celui de tous les Africains

Autant de précédents historiques qui tendent à donner encore plus de poids au plaidoyer du dirigeant africain pour qui « il est maintenant temps de relancer et d’intensifier les discussions sur les réparations pour l’Afrique ». Ce, après avoir rappelé les effets dévastateurs de l’esclavage et de la traite qui ont durablement impacté un continent noir aujourd’hui encore à la traîne du monde. La question est de savoir si Nana Akufo-Addo sera entendu. Quoi qu’il en soit, le débat est lancé et c’est un défi que l’Afrique doit relever. Car, loin d’être la préoccupation d’un individu, c’est celle de tout un continent qui a besoin que justice lui soit rendue en réparation des torts subis. Ce n’est pas un combat d’un jour, mais une lutte de longue haleine qui peut même être portée de génération en génération jusqu’à l’aboutissement d’une cause qui n’est que noble. En attendant, le débat mérite d’être clairement posé et entretenu par toutes les intelligences du continent dans une synergie d’actions. C’est dire si ce combat est d’abord celui de l’Union africaine (UA), mais aussi celui de tous les Africains et de la diaspora dispersée à travers le monde. Et une fois que la faute sera reconnue et assumée par l’oppresseur, la forme des réparations ne sera qu’une question subsidiaire. Etant entendu, comme l’a si bien relevé à propos, le président ghanéen, que « même si aucune somme d’argent ne pourra réparer les dommages causés par la traite des esclaves et ses conséquences qui se sont étendues sur plusieurs siècles, nous devons guérir des torts du passé ». Et cela passe aussi par des excuses et des réparations.

« Le Pays »




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