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L’enquête du jeudi. Bars et maquis : Les clients rebelles à l'interdiction de fumer en public (1/2)

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Franck N’guessan, gérant du maquis « Les retrouvailles »

Le maquis resto « Port Royal » de Blockhaus, un village situé en bordure de lagune dans la périphérie du Sofitel hôtel Ivoire à Cocody grouille de monde, cet après- midi du samedi 23 juillet 2022. Dans une ambiance festive, les clients consomment des jus de fruits comme des boissons alcoolisées. Certains n’hésitent pas à fumer. Ils ne se soucient guère de la gêne que la fumée des cigarettes cause à l’entourage. Pourtant, des affiches interdisant de fumer sont placardées à divers endroits. Visiblement, celles-ci ne signifient rien pour les fumeurs. Or, elles traduisent bien, l’application du décret N° 2012-980 du 10 octobre 2012, portant « INTERDICTION DE FUMER DANS LES LIEUX PUBLICS ET LES TRANSPORTS EN COMMUN ». Dix ans après la prise dudit décret par le Président de la République, force est donc de constater que les habitudes n’ont pas vraiment changé. Du moins, il n’y a pas eu de changements notables concernant son application. On continue de fumer aussi bien dans les lieux publics que dans les transports en commun. Une pratique pourtant répréhensible.

Certains des fumeurs qui fréquentent les maquis, ont très souvent cette fâcheuse habitude de vouloir fumer coûte que coûte, pendant qu’ils consomment les boissons alcoolisées. Comme s’ils ne pouvaient pas se priver de cigarette, pendant qu’ils picolent. Du coup, quand un serveur ou un gérant de maquis dans lequel ils se trouvent, vient leur demander de ne pas fumer, d’aucuns s’en prennent à lui. Goré-Bi Eloge, serveur au maquis « Diajely » localisé aux 220 logements d’Adjamé en sait quelque chose. Le jeune homme a vécu les faits suivants, il y a trois ans de cela. « Des jeunes gens étaient venus boire au maquis. A un moment donné, l’un d’entre eux a sorti une cigarette d’un paquet. Il l’a allumé et s’est mis à fumer. Je lui ai fait signe d’arrêter, en lui montrant l’une des affiches collées sur un pan du mur mentionnant le décret d’interdiction de fumer dans les lieux publics. Il n’en a pas fallu plus pour qu’il pique une colère vive et se saisisse d’une bouteille de bière vide, qu’il m’a balancée au visage. La bouteille s’est brisée après être tombée. J’ai été blessé à la figure à proximité de mon œil droit. J’ai eu de la veine parce que la bouteille aurait pu me crever l’œil ». Depuis cet incident, une bonne partie des affiches a été retirée. De surcroît, les serveurs, laissent les fumeurs savourer leurs cigarettes, sans broncher.

Est-ce pour éviter de s’exposer à une telle situation que certains gérants de maquis ont fait le choix de laisser les clients qui fument, savourer leurs cigarettes à l’aise, sans dire mot ? Tout porte à le croire. Assi, est le gérant du maquis 426, l’un des plus grands situés à l’avenue Casa à Abobo. Il trouve qu’il est très difficile d’empêcher quelqu’un qui fume de le faire, pendant qu’il est en train de boire. Aussi, pense- t- il qu’il sera très difficile de faire appliquer le décret portant l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Pour cela, il a trouvé ce qu’on pourrait appeler, un terrain d’entente entre les fumeurs et les non-fumeurs. « Quand un client veut fumer, si ses voisins se plaignent, nous lui demandons de s’éloigner. S’il est compréhensif, il s’exécute, finit de fumer et revient boire. S’il refuse, alors nous proposons à ses voisins de changer de place ». C’est à quelques différences près le même procédé qui a été adopté au maquis « Chez Paul », situé non loin du lycée moderne Djedji Amondji Pierre aux 220 logements à Adjamé. Frédérique, l’un des gérants, explique aux clients qui viennent dans le maquis que celui qui manifeste l’envie de fumer, il doit préalablement demander la permission de le faire, à ses voisins. « S’ils acceptent, alors, il peut le faire. Dans le cas contraire, nous intervenons pour lui demander de s’éloigner pour fumer ». Selon notre interlocuteur, tout fonctionne bien jusqu’à ce jour.

Dans l'ensemble cependant, le décret interdisant de fumer dans les lieux publics reste toujours lettre morte, dans plusieurs maquis. de l’espace Cinécool de Yopougon rue princesse, reste malgré tout, porté sur l’application effective du décret. Ainsi, quand il voit un client qui s’apprête à fumer, il lui demande de s’éloigner. Pour lui, cette décision est non négociable. Les clients qui viennent consommer l’alcool dans son établissement, s’y soumettent, surtout quand il leur montre les affiches relatives à l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Tous les gérants de maquis du coin, selon Franck, ont décidé d’agir de la sorte. C’est-à-dire demander poliment aux clients qui éprouvent le besoin de fumer, de s’éloigner des non-fumeurs. Au « Apple night-club » de Yopougon, également à la rue Princesse, on a opté pour l’application du décret, mais avec une tournure un peu plus originale. Selon Djézé, un gérant de cet établissement, les clients sont autorisés à fumer jusqu’à 17 heures. C’est aussi l’heure à laquelle nous nous sommes entretenus avec ce dernier. En d’autres termes, les clients peuvent fumer, si et seulement s’ils peuvent respecter cette disposition horaire qui leur est imposée.

Jeremy Junior




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