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Politique

Appel de Tebboune à un retour rapide à la legalité au Mali : Pourquoi Maintenant ?

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« Je demande aux dirigeants actuels du Mali, de retourner à la légalité dans les meilleurs délais ». Ces propos sont du président algérien, Abdelmadjid Tebboune, qui les a tenus le 31 juillet dernier devant la presse. Insistant sur la nécessité d’aller le plus vite possible à des élections pour sortir le Mali de la crise, le chef de l’Etat algérien est revenu aussi sur les accords d’Alger, signés en 2015 entre le gouvernement malien et les ex-rebelles, et s’est voulu plutôt clair. Pour lui, « tant que l’accord de paix ne sera pas appliqué, les problèmes du Mali persisteront ». Autant dire que pour le « Grand voisin » du Nord, le retour de la paix sur les rives du fleuve Djoliba, passe par le retour à l’ordre constitutionnel, mais aussi par l’application des accords de paix d’Alger. La question que l’on peut se poser est la suivante : pourquoi une telle sortie maintenant ? Précisément après que le Mali s’est accordé sur la durée de la transition avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui a même levé ses sanctions d’embargo.

On se demande comment cette sortie du chef de l’Etat algérien sera accueillie du côté du palais de Koulouba

Est-ce pour remettre une couche de pression sur les autorités intérimaires de Bamako qui ont dû, après moult tractations, se résoudre à s’aligner sur le délai de 24 mois qui était une ligne rouge à ne pas franchir pour la CEDEAO, faute d’obtenir un délai plus court ? Bien malin qui saurait répondre à cette question. Toujours est-il que si les propos du président Tebboune devaient trahir un certain doute en l’engagement des autorités de la transition malienne, ou cacher quelque forme d’agacement que ce soit, l’on ne devrait pas tarder à en savoir davantage ni à en connaître les tenants et les aboutissants. D’autant plus qu’au plus fort de la tension avec la CEDEAO, l’Algérie avait déjà proposé sa médiation pour une transition de douze à seize mois maximum pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel au Mali. Une proposition qui reste jusqu’à ce jour sans suite du côté de Bamako qui s’est finalement engagée sur les 24 mois de la CEDEAO. Cela dit, l’on se demande comment cette sortie du chef de l’Etat algérien sera accueillie du côté du palais de Koulouba et quelle suite y sera réservée. Faut-il s’attendre à voir Bamako répondre du tac au tac à une interpellation qui pourrait la froisser ou encore cracher ses vérités à Alger comme on a l’habitude de le voir avec certains pays comme la France sur des sujets qu’elle estime relever de sa souveraineté ? Va-t-elle observer le même mutisme qui avait été réservé à la proposition d’intermédiation d’Alger pour une transition aussi courte que possible ? Quoi qu’il en soit, il y a des raisons de croire que le Mali n’a pas intérêt à se mettre à dos le « Grand voisin » du Nord qui se veut un partenaire incontournable dans le retour de la paix sur les rives du fleuve Djoliba, au terme des accords de 2015.

Cette sortie du président algérien pourrait bien être une piqûre de rappel à Bamako, sur la nécessité de respecter sa signature

A ce propos, on se rappellera que peu avant la sortie du président algérien, c’est la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) qui s’inquiétait, quelques semaines plus tôt, de « l’abandon » de la mise en œuvre de l’accord d’Alger pour la paix et la réconciliation. Faut-il y voir un lien entre les deux événements ? C’est une hypothèse à ne pas écarter au moment où le compte à rebours du retour à l’ordre constitutionnel, semble engagé au Mali, alors que le pays reste confronté à des défis majeurs liés à la stabilité et à la paix. Au nombre desquels, l’accord de paix d’Alger qui a pris du plomb dans l’aile au point de connaître une lenteur peu rassurante dans sa mise en œuvre. Et l’on peut se demander si sept ans après la signature de cet accord qu’elle a abritée, Alger ne nourrit pas aujourd’hui des appréhensions voire des craintes par rapport à l’attitude de Bamako qui donne l’impression de traîner les pieds. C’est dire si cette sortie du président algérien au moment où le Mali amorce la dernière courbe de la transition devant conduire le pays à des élections pluralistes, pourrait bien être une piqûre de rappel à Bamako, sur la nécessité de respecter sa signature et la parole donnée. Ce, dans un environnement sécuritaire toujours préoccupant et qui reste encore largement tributaire de ces accords censés régler le différend avec les groupes armés de la CMA dans une dynamique de sortie de crise. Reste maintenant à savoir si l’application de ces accords paraît toujours un pari gagnant pour Bamako, au moment où l’épicentre des violences terroristes semble avoir glissé du septentrion du pays vers le Centre qui reste un véritable foyer d’instabilité pour le Mali.

« Le Pays »




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