Si on parle de femme, si on doit rendre hommage à la femme, elles sont nombreuses ces femmes qui incarnent et honorent la femme digne. Parmi ces femmes je vais parler aujourd'hui d'une d'entre elle.
Née le 26 mars 1953, elle se marie à 26 ans le 21 juillet 1979 et le 04 août 1983, à 30 ans, elle devient la première dame du Faso avec un mari Président hors pair né le 21 décembre 1949, et deux (02) adorables enfants dans les bras. Durant quatre (04) années, elle a géré son rôle de femme au foyer, de mère, de travailleuse et de première dame avec tous les angoisses possibles.
A 34 ans, elle devient veuve un soir du 15 octobre 1987 étant à son poste de travail. Son mari est sauvagement assassiné et pas par n'importe qui, celui là qui était pour elle comme son deuxième mari. Car chez nous, l'ami du mari est celui là à qui tu peux dire ce que tu ne peux pas dire aux autres.
Les vrais angoisses commencent. Où mettre la tête ? Comment faire ? Celui là qui était sensé te venir au secours dans ce cas de figure, est l'auteur ou le commanditaire du crime. Seule solution pour sauver l'essentiel et permettre aux deux (02) adorables enfants de vivre, c'est de quitter le Faso et se chercher.
Sa vie de jeunesse, de rêve de jeune femme a été brisé un soir du 15 octobre 1987.
Exilée, elle a vécu 20 ans hors du pays avec ses deux (02) enfants, avant d'oser revenir seule à 54 ans en 2007 pour un bref séjour lors des 20 ans d'assassinat de son époux. Et pour ne revenir qu'en 2015 à 62 ans après l'insurrection populaire qui a chassé celui qui devrait normalement le protégé mais qui a commis le crime. Elle est toujours revenu seule.
En 2015, le dossier de l'assassinat de son mari est remis en selle. En 2021, le jugement a effectivement débuté. En 2022, le verdict du procès condamne les principaux auteurs et commanditaires à perpétuité. Et elle n'a rien demandé d'autre que la justice et le franc symbolique au nom de la famille SANKARA.
Seul Allah sait ce qu'elle a vécue durant toutes ces années.
Celle dont je parle, n'est personne d'autre que Mariam SANKARA SEREME
Toutes ces années, elle est restée SANKARA, de 34 ans à nos jours ... C'est ce qu'on appelle ÉPOUSE
Mariam SANKARA SEREME, tu incarne la valeur de la femme digne. Ce que tu as vécue, ce que tu vie, et ce que tu vivras, personne ne l'imagine, personne n'en parle, personne ne ressent. C'est ce qu'on appelle FEMME
Tu as aimé et protégé tes enfants, tu n'as jamais permis qu'ils s'expose devant micros et caméra, tu as tout affronté toute seule. C'est ce qu'on appelle MÈRE.
Patriote et attachée à la mère Patrie, elle n'a pas changé de nationalité Burkinabè malgré plus de 30 ans de vie à l'extérieur du pays.
On ne peut pas parler de Mariam SANKARA SEREME, sans parler de Philippe et Auguste ....
Orphelins à 7 ans (Philippe, né le 10 août 1980) et 5 ans (Auguste, né le 21 septembre 1982) ils ont respectivement 41 et 39 ans aujourd'hui avec 35 ans d'exils hors du Burkina Faso.
Mariam SANKARA SEREME, l'être humain n'est jamais 10, mais tu n'es pas loin de 10.
Chapeau à toi Femme, Mère et Épouse. On ne cache pas le soleil avec une main
Que chacun d'entre nous essaie de se mettre à sa place pour comprendre juste un peu ce qu'elle peut vivre.
Mon Faso ou mon Faso
Seydou Steeve Zampaligre
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Publié le :
1 août 2022Par:
Fatou Diagne