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Ambassade du Mali à N’Djamena : Une épouse volage, un mari cocufié, deux Don Juan

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Intrigues, hypocrisie, faux-témoignage et espionnage constituent la trame de ce fait divers qui ne fait pas honneur à notre diplomatie.

Mais pourquoi diable des époux se querellent, se détestent, voire divorcent ? Affaire somme toute banale pour qui sait qu’une vie de couple est faite de hauts et de bas. Mais l’histoire que nous vous relatons ci-dessous sort un peu de l’ordinaire en raison de la qualité des protagonistes : des Maliens établis à l’étranger, précisément à N’Djamena, capitale de la République tchadienne.

Un conseiller à l’ambassade du Mali à N’Djamena au moment des faits, une femme mariée, agent d’appui à l’ambassade, son époux “cocufié” et un cadre malien exerçant dans une société de téléphonie mobile au Tchad sont les personnages centraux de ce fait divers particulier qui alimente toujours la chronique n’djamenoise et ternit quelque peu l’image de marque de notre diplomatie et, partant, du pays.

L’affaire est certes pendante devant le Tribunal de grande instance de la commune VI du district du Bamako, mais le mari désabusé, très en colère, a tenu à nous donner sa version des faits, consignée dans différents documents dont des copies nous ont été remises.

De quoi s’agit-il au juste ?

En un mot, le procureur de la République est saisi d’une plainte pour des faits d’attentat à la pudeur et complicité, atteinte à l’intimité de la personne et faux témoignage. A. D., le plaignant, accuse un ex-conseiller à l’ambassade du Mali au Tchad, O. O. D. T., et un certain S. S. d’avoir fait venir d’Abidjan, le 14 août 2021, son épouse à son insu et de l’avoir hébergé alors qu’elle était partie de chez lui à N’Djamena le 31 juillet 2021 pour trois semaines auprès de ses parents dans la capitale économique ivoirienne aux fins d’une conciliation car leur couple battait de l’aile.

Le pot aux roses est vite découvert. Cependant, malgré les vives protestations de l’époux contrarié, O. O. D. T. et S. S. n’en démordent pas, le diplomate soutenant “que dès que son épouse a quitté sa maison de N’Djamena, elle est libre d’aller où elle veut, avant d’ajouter que «S. S. a bien fait de lui offrir l’hospitalité».


Les autorités sécuritaires du pays hôte saisies n’ont pu pousser les investigations au regard du statut diplomatique (immunité) dont jouit le personnage central. L’ambassadeur, également sollicité, n’a pas non plus daigné lever le petit doigt. Ce n’est que cinq mois après ces faits que l’épouse fugueuse a introduit en décembre 2021 une plainte en divorce contre son mari comme pour contourner les délits consommés, objet de la plainte d’A. D.

Flash-back. A. D., responsable administratif et financier d’une société basée à N’Djamena, et R. N. sont mariés devant l’officier d’état-civil du centre principal de Sogoniko, le 2 mai 2008. Ils sont cousins. La mariée est encore une élève.

Soucieux de l’avenir de sa nouvelle épouse, A. D. lui offre la possibilité de poursuivre ses études à sa charge. Celles-ci sont couronnées par une licence en sciences économiques et de gestion, section comptabilité, contrôle et audit. Cerise sur le gâteau : le mari lui trouve un job d’agent administratif à l’ambassade du Mali à N’Djamena en mars 2021, en jouant de ses relations avec O. O. D. T, qui devient alors le supérieur hiérarchique de la nouvelle recrue en sa qualité de 2e conseiller.

Coup de force

Et puis patatras ! Peu de temps après, aux dires d’A. D., son épouse lui en fait voir de toutes les couleurs. De commun accord, il l’envoie pour trois semaines chez ses parents à Abidjan qui sont informés des tenants et aboutissants du voyage.

Entre-temps, on intime à R. N. l’ordre de rentrer pour occuper son poste sous peine de se voir licencier. C’est ainsi qu’elle revient à N’Djamena sans informer son mari et trouve gite et couvert chez S. S. Mais, comme le dit le dicton, “le mensonge à beau courir, la vérité finira toujours par le rattraper”.


Informé que son épouse est à N’Djamena sous le toit d’un autre, A. D. interpelle S. S. qui lui assure avoir appris le divorce d’avec sa femme de la bouche d’O. O. D. T. Malgré ses tentatives de faire venir les uns et les autres à la raison, ses multiples correspondances à l’ambassade et au département des Affaires étrangères, il butte à un mur au sujet de la réintégration de son épouse.

Dans sa correspondance au chef de la diplomatie malienne, le plaignant, pour corroborer son accusation de faux témoignage et d’espionnage écrit ceci : “Le 1er septembre 2021, M. O. T. s’est illustré dans une gendarmerie à N’Djamena (sans aucune considération de son statut de diplomate d’alors et sans être appelé), à venir faire des aveux d’actes d’espionnage en enregistrant à mon insu les conversations téléphoniques qu’il a eues avec moi sur une longue période à compter de mars 2021 et à soutenir contre ma personne que mon épouse R. N. – avec l’acte de mariage qui le prouve – soit hébergée par un compatriote S. S. depuis le 28 août 2021 contre mon gré et contre mon consentement ! Malgré l’absence d’un acte de divorce et même d’une demande de divorce, M. O. T. persiste que S. S. doit continuer de garder mon épouse et refuser de la libérer”.

S’il a fait partir son épouse à Abidjan le 31 juillet 2021, deux semaines après, le conseiller et son ami lui ont intimé l’ordre de revenir rapidement au risque de perdre son poste. Et le plaignant de conclure : “O. O. D. T. et S. S. avaient enfin atteint leur objectif en utilisant l’ambassade, par l’illusion de la perte du poste de travail et par l’hébergement d’une femme mariée et mise à leur disposition contre le gré de son mari”.


L’histoire ne laisse pas voir si R. N. est une femme fatale dotée de tous les canons de la beauté ou si l’on est en présence d’un simple incident de parcours ? Une certitude cependant : l’héroïne ne laisse pas indifférent au point d’avoir opposé trois hommes.

En tout état de cause, le dernier mot reviendra au juge de la commune VI saisi pour faire diligence. Affaire à suivre…

El hadj A. B. HAIDARA




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