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Côte d’Ivoire. Une violente dispute cause la mort d’une dame dans une cour commune

Publié le :

Poursuivi devant le tribunal criminel d’Abidjan le 20 juillet, pour coup mortel, Oueloguem Seydou s'en est sorti à bon compte. Puisque le juge l'a finalement condamné à 36 mois de prison ferme pour homicide involontaire. Alors que la procureure avait requis contre lui, 20 ans de prison ferme pour coup mortel. L'accusé qui était détenu à la maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca) depuis 2018, recouvre ainsi la liberté.

Tout est parti d'une banale dispute dans une cour commune à Port-Bouet, entre l'accusé Ouéloguem Seydou et dame Amamou 55 ans. Très rapidement, la situation s’envenime et se transforme en une bagarre qui malheureusement, va causer la mort de Amamou. En effet, elle rendra l’âme quelques heures plus tard à l'hôpital général de Port-Bouet, où elle avait été évacuée. L’autopsie effectuée sur son corps, a révélé une hémorragie de l'hémisphère cérébrale gauche. Ces faits se sont passés le 30 novembre 2018. Sa fille a aussitôt porté plainte à la brigade de gendarmerie de la commune contre Oueloguem. L'accusé est arrêté puis entendu par les gendarmes. Il a reconnu avoir eu des altercations avec la victime. Mais a déclaré n’avoir donné aucun coup. Il est conduit par la suite devant le parquet du Plateau pour coup mortel. L'homme est alors placé sous mandat de dépôt. Le 20 juillet, il comparait devant le tribunal criminel pour répondre des faits mis à sa charge.

A la barre, Oueloguem Seydou explique qu’à son réveil aux environs de 5 heure du matin, il a trouvé les toilettes très sales. Et la dame qui était en train de faire la lessive avait rempli des cuvettes d’eau sale. Quand il l’a interpellée sur l’état des toilettes, celle-ci s’est enflammée. « Elle a dit que c’est la cour de son beau-frère. Elle peut faire tout ce qu’elle veut. Et sur le champ, elle a rempli un seau d’eau qu’elle m’a versé au visage », explique le prévenu. Puis un second seau d’eau. C’est alors qu’il a tenté de lui arracher le seau. Et elle s’est malencontreusement cognée la tête contre un bois planté au milieu de la cour. Une adolescente témoin de cette scène a alerté toute la cour. Des gens sont donc intervenus pour calmer les ardeurs. A l’en croire, il n’a pas donné de coups à la dame. Mais plus tard dans l’après-midi alors qu’il vaquait tranquillement à ses occupations, on l’appelle pour l’informer qu’elle est décédée.

La procureure n’est pas d’accord avec cette version des faits. Selon elle, l’accusé a donné des coups à la victime. Des témoins de la scène ont été entendus. Et c’est à la suite de la bagarre que la victime a commencé à se plaindre de douleur au cou et à la tête. Et quelques instants après elle est décédée. Pour la procureure, les faits incriminent l’accusé. Elle a donc demandé au juge de le déclarer coupable et de le condamner à 20 ans de prison ferme, 10 ans de privation des droits et 5 ans d’interdiction de paraitre.

Si l’avocat de Oueloguem reconnait que le jour des faits quelque chose s’est passé entre son client et la victime, il estime toutefois qu’il n’y a pas eu de coups administré par celui-ci. Après délibération, le juge a requalifié les faits de coup mortel initialement mis à sa charge, en ceux d’homicide involontaire et l’a condamné à 36 mois de prison ferme et 500 000 francs d’amende. Et puisqu’il a déjà passé plus de 36 mois en détention préventive, Oueloguem Seydou ne retournera pas en taule. Autrement dit, il est désormais libre.

Diomandé Karamoko


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