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Péage de Grand-Bassam : Confusion, équivoque et précision

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Une polémique est née à l’annonce de l’ouverture du péage de Grand-Bassam. Le coût du passage fi xé à 1000 FCfa est jugé excessif par des internautes qui le comparent au péage du pont Hkb (500).

Pour apprécier le coût de ce péage, il faut lever une équivoque. L’autoroute sur laquelle il est posé n’est pas, comme on l’appelle abusivement, l’autoroute de Bassam. Mais plutôt l’autoroute internationale Abidjan-Lagos. Sa construction n’a pas plus de lien avec Bassam que n’en a l’autoroute du nord (internationale) avec Attingué et Singrobo. Ou Tomassé sur la route (internationale) de l’est.

Simplement que l’usage veut qu’un péage porte un nom, généralement celui du village le plus proche. C’est ainsi que le péage de l’autoroute, qui d’ailleurs dévie Bassam, porte le nom de la vieille capitale ivoirienne.

Le prix du passage au péage de Bassam doit être apprécié par rapport aux coûts en vigueur sur l’autoroute du Nord. Et non Hkb qui est un pont qui relie deux communes.

Les 1000 FCFA de Bassam doivent être donc comparés aux 1250 de Singrobo ou Attingué.

Remarquons que le pont de Jacqueville n’a pas de péage, simplement parce qu’il n’est pas posé sur une voie internationale. Si l’autoroute ne partait qu’à Bassam, il n’y aurait jamais eu de péage. Comme à Jacqueville.

Il faut aussi relever le fait que le prix du passage n’est pas fonction de l’existence de l’ancienne route de Bassam. Un péage crée toujours des désagréments aux riverains. Qui pour aller au travail, rendre une visite familiale, etc. sont obligés de payer. C’est une chance que Bassam a de disposer de son ancienne voie.

Pour qu’il y ait voiture, il faut des routes. Pour faire des routes, il faut de l’argent. Qui doit payer ?


Soit le contribuable, c’est-à-dire nous tous via nos impôts, soit on demande à ceux qui ont des voitures de payer. C’est le principe de l’utilisateur-payeur qui est adopté par tous les pays qui ont admis le péage. Et à mon sens, c’est ce qui est juste.

Personnellement, je suis d’autant plus favorable aux péages que chaque fois que je dépasse un piéton sous le soleil ou sous la pluie, je suis un peu gêné à l’idée que c’est avec son argent qu’on a construit les routes sur lesquelles je roule. Celui que je dépasse à vive allure ou éclabousse d’eau usée, celle que je laisse dans une terrible file d’attente dans les gares où que je croise revenant des champs avec de gros bagages sur la tête, sont ceux, sans qui, je n’aurais pas de voiture, parce que sans route, sans roue.

Sur une voie à péage par contre, j’ai la conscience tranquille. Je trouve même méchant que ceux que Dieu a bénis pour avoir une voiture se plaignent de ce qu’on ne fasse pas cotiser ceux qui n’ont pas de voiture pour leur permettre de rouler.


Qu’on se le dise. Si on ne renonce pas aux routes, il n’y a que deux façons de payer. Soit on demande à l’État de nous faire cotiser tous en augmentant les impôts, soit que les propriétaires de véhicules aient un peu pitié des pauvres (les vrais) et acceptent de payer. Cette solution est non seulement juste, mais elle permet de faire plus de routes et surtout de garantir leur entretien. Parce qu’avec nos 500 F ou 1000 F, on est assuré de l’entretien. Sans cela, à chaque trou, on est obligé d’arrêter les passants pour leur demander de cotiser pour remettre la voie en l’état. Soyons humains.


Bledson Mathieu


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