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Les Béninois doivent faire la fête sans bruits

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« Dans votre cour, vous pouvez mettre une bâche pour une cérémonie. Mais vous ne pouvez pas émettre un bruit qui gêne les voisins ». Cette injonction du ministre béninois en charge du cadre de vie, José Didier Tonato sur les ondes d'un média local, expliquant les implications d’un nouveau décret sur les activités bruyantes le 16 juin dernier ne semble pas faire écho au sein des populations.

De fait, de nouvelles dispositions ont été prises par les autorités béninoises, le 25 mai, pour la réglementation du bruit et la lutte contre la pollution sonore. Elles interdisent les activités ou manifestations bruyantes excédant la norme prévue. Des médias locaux et étrangers ont informé l’opinion publique de plusieurs descentes il y a quelques jours, des agents de la brigade de lutte contre la pollution, pour réprimer les cas de violation de la mesure. Des plaintes ont déjà conduit des contrevenants devant les autorités judiciaires. Même les cris d’animaux ont été inscrits par le décret au titre des infractions sonores.


« Peut on faire la fête sans le show ? »


Sur le terrain des manifestations festives, le constat fait état d'un boycott général de la mesure en ces moments de réjouissances, au sortir des restrictions liées au Covid-19. Depuis le premier weekend après la prise du décret réglementant le bruit, rien n'a changé dans la manière bruyante de faire la fête au Bénin. Malgré les sensibilisations par voie médiatique, le premier weekend après la décision a été très mouvementé à Cotonou et dans la ville voisine d’Abomey-Calavi.

En effet, le dimanche 29 mai dernier, plusieurs maisons à Abomey-Calavi ont abrité des réjouissances dans une euphorie sans aucun égard aux nouvelles dispositions sur les activités bruyantes et la pollution sonore, que certains disent méconnaître. « Moi je n'ai pas été informée d'une telle décision », a annoncé Sonia, lors d'une réjouissance en l'honneur de sa fille.

Un peu plus loin dans une ruelle, le même constat sous une bâche. Des pas de danses s'y synchronisaient sur le fond dune musique bien audible à l'autre bout du monde. Ici aussi, le "disc jockey" a déclaré ne rien savoir ds nouvelles dispositions sur le bruit, avant de s'interroger et d'aviser. « Peut on faire la fête sans le show? Le gouvernement doit revoir cette décision. Puisque c'est ça qui nous donne à manger ».

Les fêtes organisées au cours des weekends de ce mois de juin n'ont pas non plus obéi à l'injonction du gouvernement, même si l'information a finalement atteint les populations, qui multiplient les justifications à l'inutilité d'une telle décision.

« Si on doit respecter cette décision à la lettre, il faut aussi diminuer les bruits des avions qui nous perturbent, même dans nos sommeils », a ironisé André lors d'une réjouissance post-inhumation le 12 juin à Cadjèhoun, le quartier abritant l'aéroport international Cardinal Bernardin Gantin.


Rattraper les occasions manquées pendant le Covid-19


La sortie progressive des contraintes imposées par les gestes barrières et qui a ouvert la voie au retour des occasions perlées de fête connues jadis au Sud du Bénin, ne sont pas favorables, selon certains, à l’application de cette décision sur la réglementation du bruit. « Notre Mémé est décédée il y a un an. La circonstance de Covid-19 n'a pas permis de faire une grande manifestation. On a voulu profiter de cet anniversaire pour rattraper ce qui n'avait pas été fait. Voilà qu'on nous interdit encore le bruit », a déploré Isidore lors de la cérémonie d'inhumation de sa grand-mère à Cotonou.

Contrairement à lui, certains Béninois apprécient cette décision et en appellent à son application rigoureuse. « Moi je souhaite que cette décision soit appliquée avec sévérité parce que tous reconnaissent les méfaits du bruit sur la santé surtout des personnes âgées. Mais personne ne pense initier des mesures à cet effet. On peut faire la fête sans déranger le voisinage », a conseillé Odette, infirmière à la retraite, habituée à subir le bruit dans son entourage. Même si beaucoup pensent que ce décret du gouvernement doit subir des modifications, pour d'autres, il s'agit d'une solution adaptée à la pollution sonore qui sévit au Bénin.

Joseph Tomondji


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