Lorsqu’on crève de faim, l’orthographe peut aller voir ailleurs. « LE PEUPLE BURKINBE VOUS DIT MERCI ». Tel est le message qu’on pouvait lire sur une affiche fixée au milieu d’un amas de sacs de riz, de sorgho et de maïs le 17 juin 2022. Faut-il en rire ou en pleurer ?… Mais au-delà de tout, il faudra penser, encore et toujours, à l’autosuffisance alimentaire.
Plus que cette coquille, c’est l’activité en soi, la remise d’un prêt de plus de 6.000 tonnes de vivres au Burkina Faso par la CEDEAO et remboursable jusqu’en mars 2023, qui a indigné certains « Burkinbè ».
Beaucoup trouvent, en effet, honteux qu’au pays de Thomas Sankara, pays à majorité agricole, l’on soit encore obligé de tendre la main pour se nourrir, qui plus est, pour un prêt de vivres. Le patriotisme est de bon aloi, certes, mais il faut dire que le Burkina est « coincé ». Pour reprendre l’expression du porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, c’est un « Etat failli ».
La situation sécuritaire difficile a entraîné une crise alimentaire sans précédent. On estime aujourd’hui à environ trois millions, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire. Or, les surfaces cultivables se sont réduites comme peau de chagrin, avec l’occupation d’une bonne partie du territoire par les forces du Mal et le déplacement massif des agriculteurs.
Une occasion encore manquée de la « CEDEAO des peuples »
Sankara peut donc se retourner dans sa tombe, ou de ce qu’il en reste avec l’exhumation des corps, mais les Burkinabè doivent bien ravaler leur fierté, à ce niveau, car la famine menace, sérieusement… Le jour de l’accouchement, il n’y a pas de honte, comme l’enseigne une sagesse populaire. Ceux qui peinent à avoir un repas par jour n’ont sûrement pas ces états d’âme de ceux qui, assis dans leur confort douillet, crache dans la soupe, pour ne pas dire dans les sacs de la CEDEAO.
Il ne reste plus qu’à espérer que ce prêt soit utilisé à bon escient et qu’il n’y ait pas de gros rats qui vont ronger les sacs au détriment des ménages les plus vulnérables. Les nombreuses affaires de vivres destinés aux déplacés internes, « détournés », enseignent que les « mange-mil » ne sont jamais bien loin. Puisque ce prêt est remboursable, il faut travailler donc à honorer ses engagements.
Et si cela peut aider à mieux supporter la « honte », en plus du Burkina, qui a déjà fait appel à ce mécanisme en 2018, le Nigeria, éternel géant au pied d’argile, le Mali, le Niger et même le Ghana, ont eux aussi eu recours aux stocks alimentaires de sécurité de l’instance sous régionale pour pallier une période de stress alimentaire.
Toutefois, ces types de situations peuvent être des occasions, surtout pour la CEDEAO, de « donner » au lieu de « prêter », pour taire, un tant soit peu, ceux qui appellent à « une CEDEAO des peuples » !
La Rédaction
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