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Au Burkina , les putschistes ont failli.

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Blaise Compaoré l’ancien président du Burkina Faso avait, comme tout président, ou tout simplement comme tout homme, beaucoup de défauts. Les deux principaux dont il ne pourra jamais se débarrasser sont, un, d’être tenu pour responsable de la mort de Thomas Sankara, celui qu’une bonne partie de l’intelligentsia africaine considère comme un héros, et deux, de n’avoir pas su se retirer à temps du pouvoir. A cause du premier défaut, rien ne lui a été pardonné durant tout son règne, et pour bon nombre de ses compatriotes, aucun succès de leur pays ne saurait lui être imputé. Et il a aggravé son cas en restant trop longtemps au pouvoir. Parmi ses qualités, puisqu’il en a quelques-unes quand même, il y a, entre autres, celle d’avoir fait entrer son pays dans la modernité en y impulsant un développement certain, et de l’avoir préservé des ravages des terroristes. Certains disent qu’il avait des accointances avec eux, ce qui expliquerait cela, mais comme disait le dirigeant chinois Deng Xiaoping, « peu importe qu’un chat soit blanc ou noir. S’il attrape les souris, c’est qu’il est un bon chat. » Mais nous sommes en Afrique, et lorsque des opposants veulent à tout prix le pouvoir, ils sont prêts à tout. Blaise Compaoré leur a prêté le flanc en voulant s’incruster au pouvoir après y être resté plus de 27 ans. Ses opposants ont donc organisé des manifestations de rues, au cours desquelles l’Assemblée nationale et un grand hôtel qui la jouxtait ont été incendiés, et Blaise Compaoré a dû fuir son pays. Celui que les Burkinabé élurent après lui fut pendant longtemps son numéro deux. Mais un bon numéro deux ne fait pas plus tard forcément un bon numéro un. On l’a vu dans un pays au sud du Burkina Faso. Il n’a pas su comment appréhender la question des terroristes et elle l’a totalement débordé. Les Burkinabé finirent par comprendre qu’il était inapte pour l’exercice de la fonction de président d’un pays. Surtout d’un pays en proie à une crise sécuritaire aigüe. Il fut renversé et tout le bon peuple applaudit des mains et des pieds. Le peuple se dit qu’avec les militaires au pouvoir, cela ne saurait être pire. Il semble qu’encore une fois il ait été grugé, et que l’urgence des militaires fut dans un premier temps d’augmenter leurs salaires. Pour ce qui est de la question sécuritaire, la situation ne fait qu’empirer de jour en jour. Il ne se passe plus un seul jour sans que la population ne soit massacrée en masse, et sans que les soldats y puissent quelque chose. On n’a pas besoin de faire un long développement pour faire comprendre que nos amis putschistes burkinabé ont failli. On ne s’improvise pas dirigeant d’un pays parce qu’on a des galons, et le fait de tenir un fusil en main ne confère pas nécessairement l’intelligence qu’il faut pour diriger un pays.

C’est le même constat au Mali voisin, où les putschistes ont beau montrer les muscles, faire beaucoup de propagande, terroriser l’opposition et chercher partout des bouc-émissaires, ils n’arrivent pas endiguer la vague terroriste. Et il semble malheureusement qu’à la terreur djihadiste il faille ajouter maintenant celle créée par les mercenaires russes de la compagnie Wagner. Lorsque nous sortirons de nos enfantillages qui consistent à prendre pour un héros panafricain et grand leader quiconque se dresses face à la France, nous comprendrons que là-bas aussi les militaires ont également failli et sont en train d’installer une nouvelle dictature pas du tout éclairée pour masquer leur échec. Lorsque ceux des Maliens qui continuent de les soutenir aveuglément ouvriront les yeux, ils auront tout le loisir de les utiliser pour pleurer toutes les larmes de leur corps. Quant aux Russes, ils ne sont pas prêts de quitter un pays qui leur offre aussi gentiment ses mines d’or, au moment où ils ont justement besoin de moyens pour mener leur guerre en Ukraine.

Et la Guinée ? Ils ont la chance d’échapper encore aux carnages des djihadistes. Espérons que ce sera pour très longtemps. Mais là-bas aussi, il est difficile de ne pas voir l’accaparement d’un pouvoir par un groupe d’hommes dont pour le moment, la seule compétence a consisté à bouter hors du pouvoir un vieux potentat dépassé par les évènements et qui voulait s’accrocher à son fauteuil vermoulu. Là-bas aussi, on finira par comprendra que l’intelligence du pouvoir ne se trouve pas dans les muscles.

En un mot comme en cent, ces nouveaux pouvoirs militaires ont failli à leur tour et les peuples de ces pays gagneraient à chercher les moyens de s’en débarrasser pendant qu’il est encore temps.

Venance Konan




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