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L’enquête du jeudi. Médicaments de la rue : moins chers mais dangereux (2/2)

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Une autre vendeuse, pratiquant des coûts abordables fait aussi bien parler d’elle. Elle est localisée à l’opposé de la CIE, précisément à l’angle de la rue. Elle porte un voile qui ne laisse entrevoir que son visage. Elle tient attachée à la hanche son porte-monnaie, dont elle ne sépare jamais.

Sur conseil d’un de ses amis, Koffi Giscard un retraité, est allé acheter des médicaments traitant le rhumatisme chez cette dernière. A la pharmacie, le prix des deux médicaments prescrits est de plus de 3 500 F CFA. Son ami lui a confié qu’il pouvait trouver chez cette dame tout type de médicament, de surcroît à des prix abordables. Les médicaments, qui étaient à plus de 3 500 F CFA à la pharmacie, lui ont coûté juste 2 500 F CFA chez cette dernière.

Lire aussi : L’enquête du jeudi. Des cliniques et pharmacies s'approvisionnent en médicaments de la rue (1/2)


Une clientèle très nombreuse


La dame emploie plus d’une dizaine de personnes et possède un important lot de médicaments, disposés sous trois bâches et quelques hangars. Cette vendeuse est très sollicitée. Son site grouille de monde au point que c’est dans un véritable tintamarre qu’on se retrouve plongé, lorsqu’on y arrive. La communication entre les clients et les employés s’avère quelques fois difficile. Mais on finit par s’entendre au bout du compte.

La patronne promène un regard sur tout ce qui se passe. Pour éviter probablement qu’un seul centime ne lui file entre les doigts. Mais, il y a également la prudence et la vigilance dont elle doit faire preuve. Etant donné qu’elle exerce une activité illégale. Les vendeurs savent que des agents de la Police judiciaire peuvent faire irruption à tout moment. Surtout qu’ils n’opèrent pas en tenue.

Une dizaine de minutes après notre entretien avec la jeune dame chargée des clients qui veulent les produits au prix de gros, il y a un fait inattendu qui s’est produit. Après avoir regardé fixement en direction de sa gauche, la patronne demande précipitamment à tous ses employés de ranger tous les produits, et aux clients de partir pour revenir après.


Branle-bas général


C’est un branle-bas général, qu’il nous est donné de voir. Pendant que les travailleurs rangent tous les produits dans la précipitation, les clients repartent aussitôt. Les employés placent les cartons de produits dans un conteneur situé à l’arrière des tables sur lesquels ceux-ci sont exposés. En l’espace de quelques minutes, tout est rangé comme si rien n’était exposé là il y a quelques minutes. La patronne et certains employés disparaissent aussitôt. Quelques-uns restent sur place. En dehors des vendeurs, aucun des clients n’a su réellement qui a provoqué cette débandade. De passage chez celle qui se trouve à l’angle de la voie située en face de l’agence de la CIE, nous trouvons ses filles en train de replacer les médicaments sur les différentes tables. Preuve que cette dernière avait également fermé son commerce clandestin.

Ses filles n’ont même pas fini de ranger les médicaments, qu’elles sont assaillies de clients. Parmi eux figure un sexagénaire. Jetant un coup d’œil sur un bout de papier qu’il a en main, il demande à l’employé de la vendeuse, de le servir. Celui-ci envoie les médicaments et les place dans une petite bassine. L’homme lit rapidement les noms et les dates de péremption. Présente sur le lieu, une cliente attire son attention. Elle lui demande de vérifier l’état dans lequel se trouvent les différents médicaments avant de les acheter. Il ouvre aussitôt les différents emballages et flacons. A sa grande surprise, il découvre que certaines plaquettes du flacon d’Amoxicilline sont fendillées par endroits. Elles laissent apparaître les gélules. L’homme demande promptement que ces plaquettes soient changées. Ce que fit le vendeur sans broncher.

N’eût-été l’intervention de cette cliente, cet homme serait certainement reparti avec des médicaments en mauvais état apparent. C’est ce à quoi s’exposent ceux qui achètent les médicaments de la rue exposés à beaucoup d’intempéries. Sans compter les problèmes liés à leur consommation, étant donné que leur authenticité, leurs compositions et dosages ne sont pas garantis. Néanmoins, la vente de ces produits reste florissante. Ce commerce continuera de prospérer tant que des cliniques et patients, voire des pharmacies, continueront de fréquenter ces vendeuses.


Junior Jeremy


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