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Societe

Côte d'Ivoire. La rentrée des durs à cuire (Reportage 4/4)

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Je suis bien rentré de M’Bahiakro. 72 h passées dans la ville de mon adolescence et surtout à observer les enfants en conflit avec la loi. A les écouter, à échanger avec eux, comprendre les raisons de leurs agissements.

Lire aussi :Côte d'Ivoire. Resocialisation des enfants difficiles : "Vous allez changer…" (Reportage 3/4)

M’Bahiakro abrite le camp de réinsertion et de resocialisation des enfants difficiles. C’est un pari pour la Côte d’Ivoire de demain. Ces 250 enfants qui ont semé la terreur dans les différents quartiers d’Abidjan, chefs de gangs, addicts à la drogue, les visages marqués par là douleurs et les blessures sont arrivés le samedi 19 mars 2022 à Ouokoukro, à 11 km de la ville. Toute la nuit, les gendarmes et les travailleurs sociaux sont d’une vigilance à toute épreuve. Ils ne les lâchent pas d’un pouce. Chaque fois que l’un d’entre-eux exprime le besoin de se soulager, le marquage est à la « Adjoukoua Gaston ».

Le lendemain, je comprends tout. Au départ de ses enfants, à Abidjan, tactiquement, pour ne pas les braquer et les faire fuir, les fouilles ne sont pas systématiques. C’est une fois au centre d’accueil, que les exigences montent. « Ils sont habitués à la drogue. Ils essaient très vite de prendre leurs repères et planquer le produit. »

La fouille corps à corps donne des résultats probants : par exemple, ce pistolet factice en illustration.

"Je veux changer"

Dans la tête de ces jeunes, défilent les images de leurs faits et méfaits. « Chao [Chef, grand frère], on veut changer. On a fait de mauvais choses. ». Celui-ci se définit comme un dur à cuir à Attecoubé. Mais il opérait surtout à Yopougon. La plupart de ses compagnons sont morts. Cet autre est tombé dans les mauvaises habitudes après l’échec au BAC D en 2017. Dans la période de solitude, la boisson, la cigarette, la drogue, les mauvaises fréquentations.

« Chao, moi je joue très bien au football. Mon père n’appréciait pas que je joue. Aide-moi. ». Je lui demande, si l’occasion lui est était offerte de reprendre les cours : « Je veux changer. Je veux reprendre les cours du soir. Les cours du jour, ça me fait honte…. »

En fait, chacun des jeunes en conflit avec la loi est une histoire à part entière et à une histoire à raconter. Une histoire avec la société, avec la famille, avec l’environnement.

Il faut surtout saluer le travail des acteurs sociaux, qui, patiemment, intelligemment et professionnellement, transforment ces durs à cuir… 

Fernand Dédeh




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