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Kibarou

Afin qu’elle ne devienne pas une autre loi adoptée pour rien

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Disons- le sans fioritures aucune : la nouvelle loi régissant depuis 2018, les conditions de location d’une maison en Côte d’Ivoire, a été bien accueillie par nombre d’Ivoiriens. En ce sens qu’elle marque, la volonté et la détermination des pouvoirs publics, de réussir l’assainissement qui s’impose dans l’ensemble du secteur du logement à travers le pays et plus singulièrement, au niveau de la location. Un niveau marqué à ce jour, par le développement d’un véritable marché spéculatif, qui gruge au quotidien, les gagne petits de la société ivoirienne, les petits et fonctionnaires moyens, ainsi que les petits employés du privé. Un phénomène au demeurant anormal, qui a pris le temps de prospérer allègrement et sauvagement, sur le fertile terreau du libéralisme économique ivoirien. Mais bien plus encore, du fait du laxisme de l’Etat encore une fois. En effet c’est bien pour n’avoir pas été très tôt jalonné de gardes- fou appropriés, que l’on s’est retrouvé au fil des années avec un secteur de la location immobilière, grouillant de propriétaires et promoteurs véreux pour la plupart. Lesquels exigent des demandeurs de logements, des sommes astronomiques, que sont les avances sur le loyer et la caution, avant de céder leur maison à la location. Les cinq, six, huit, voire dix mois de caution et de loyer, préalablement exigés au locataire, en fonction du montant du loyer, sont désormais interdits par la nouvelle loi. Laquelle les limite dorénavant à deux mois de loyer et deux mois de caution, calculés sur la base du montant du loyer fixé. Tout promoteur ou propriétaire de maison à louer, contrevenant à cette disposition réglementaire, se verra sanctionné au versement d’amendes aux montants évolutifs

Mais cela, combien sont-ils les Ivoiriens qui le savent réellement, quatre ans après l’adoption de cette nouvelle disposition réglementaire ? Peu nombreux assurément. De plus, la location de tout logement est désormais sous tendu par un contrat, aux closes déjà bien établies par les soins de l’Administration. Un contrat qui impose des obligations et devoirs aussi bien aux locataires, qu’aux propriétaires. Plus rien ne devra logiquement donc, se faire au hasard, à la tête du client. Malheureusement, cette loi risque fort bien de se retrouver dans la même situation que bien d’autres qui l’ont déjà précédée dans d’autres domaines. Pour tout dire, elle pourrait avoir été adoptée pour rien. L’effet escompté ne pouvant être atteint. Et ce, tant que l’on se contentera de croire que c’est aux populations et précisément aux demandeurs de logements locatifs, qu’il appartient d’alerter les autorités compétente à partir du numéro de téléphone indiqué à cet effet. Pour ainsi dénoncer les promoteurs et propriétaires véreux, qui ne voudront pas se conformer aux deux mois de loyers, deux mois de caution, que recommande la loi. Par ce qu’il y a avant tout que, nombre de personnes ignorent encore cette disposition organisationnelle visant à réprimer toute inobservance de la loi en question. Ensuite, le numéro 1378 à composer pour l’alerte reste largement méconnu du grand public. Il aurait en outre été plus aisé à retenir après une large vulgarisation, si les quatre chiffres qui le forment étaient constitués d’un même nombre : exemple : 1111, 3333, 7777 ou 8888 etc. Par ailleurs, l’habitude de la dénonciation des pratiques illégales, punies par des textes de lois bien établis, n’est toujours pas ivoirienne. Et quand on sait aussi qu’il est toujours difficile de trouver un logement vacant à Abidjan, au regard de la croissance continue de la demande, il devient alors secondaire, voire inutile pour plusieurs personnes dans le besoin, de s’embarrasser d’une quelconque dénonciation. Pour autant, cela ne saurait être une raison pour laisser faire cette inobservance de ladite nouvelle loi.

Au total c’est à une vaste opération de sa vulgarisation à grande échelle, que les autorités compétentes gagneraient à s’adonner, pour efficacement combattre ce marché spéculatif illégal, de la location immobilière en Côte d’Ivoire. Qui, rappelons- le, pèse beaucoup plus sur les économiquement faibles de la société. Lesquels restent les plus nombreux et dépourvus de toute défense. Des mécanismes de vérification et d’exigence des deux parties, à établir un contrat de location peuvent être trouvés à cet effet. Il est tout aussi bienséant pour le ministère de la construction et de l’urbanisme, de s’attaquer résolument à l’existence dans ce secteur, de ces intermédiaires hautement nocifs, que sont ces prétendus démarcheurs. Ce sont bien eux qui s’échinent à persuader les propriétaires de fixer des montants de loyers toujours élevés, en vue bien entendu de toucher en retour, des ristournes non négligeables. Ce sont eux également qui entretiennent cette spéculation, en s’employant à empêcher toute rencontre des propriétaires et des locataires. Tant que ces derniers n’acceptent pas les loyers et autres conditions d’accès à la location qu’ils leurs proposent.

Moussa Ben Touré




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