C’est avec des larmes aux yeux que Mlle Ahoussi expliquait à la barre, sa mésaventure avec Kouassi Evariste son concubin, devant le tribunal des flagrants délits du Plateau. « Il me doit 500 000 francs. Je lui ai dit de me rembourser mon argent », a expliqué la demoiselle à la juge. Mais son concubin lui a répondu qu’il n’a que 100 000 francs. A la suite de cela, il y a eu des disputes entre les deux. Puis son homme en est venu aux mains. Il l’a d’abord frappée avec un morceau de tuyau, avant de la trainer par les cheveux jusqu’au dehors. Alors qu’elle venait à peine de sortir de la douche. Elle s’en sort avec des blessures sur plusieurs parties du corps. Elle porte plainte à la police. Le concubin est arrêté et déféré au parquet du Plateau pour coups et blessures volontaires.
A la barre, Evariste tente de se défendre avant de demander pardon à la plaignante. Celle-ci toujours, les larmes aux yeux, accède à cette requête. Elle demande tout de même 850 000 francs au prévenu à titre de dommage et intérêt. Mais, c’est la juge qui explique mieux les faits, au regard du dossier dont elle dispose à props. En effet, la plaignante a connu Evariste, alors que ce dernier avait une situation financière très difficile. Elle a accepté de vivre avec lui et surtout de le soutenir en lui prêtant 500 000 francs. Mais quand les affaires d’Evariste se sont mises à bien marcher, il a commencé à voir d’autre filles. Et il n’a pas manqué de dire à sa concubine qu’il aime une autre. Et qu’il compte maintenant vivre avec cette dernière. C’est le choc chez Ahoussi. Elle réclame son argent. L’homme entre dans une colère noire, la frappe avec le morceau de tuyau et la traine comme une ordure. A la barre, il dit regretter son acte. Un regret la procureure n’a certainement pas pris en compte. Elle a requis 3 mois de prison ferme et 300 000 francs d’amende. La juge quant à elle a été plus clémente. Evariste a finalement écopé de 1 mois de prison ferme et 50 000 francs d’amende. La juge a estimé la constitution de la partie civile de la plaignante partiellement fondée et a également condamné le prévenu à lui verser 500 000 francs de dommage et intérêt.
Diomandé Karamoko
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COMMENTAIRES
Publié le :
26 janvier 2022Par:
Fanta DialloEn Côte d’Ivoire, le viol conjugal est mal légiféré dans le Code pénal. Avant la réforme de 2019, il n’y avait même pas de définition légale du viol mais avec la réforme, le viol est mieux définit. Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, une femme mariée est toujours perçue (par la loi) comme consentante au plan sexuel, si c'est son mari qui veut la baiser. (Pour la loi ivoirienne, le mariage vaut consentement et un mari peut baiser sa femme comme il veut et quand il veut sans qu'elle n'ait le droit de dire Non)...Cette présomption de consentement sexuel de la femme mariée doit être changée dans le Code pénal. Et comme la CEDAW (Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes) le demande, il faut qu’il y ait un régime juridique spéciale pour les violences faites aux femmes et aux filles.Publié le :
26 janvier 2022Par:
Fatou Diagne[Femmes battues ivoiriennes: "protégées" par la loi. mais ignorées par la société et les familles ivoiriennes]: Alors que la Loi l'interdit, la violence à l'égard des femmes continue de sévir. Les m0eurs culturelles maintiennent la chape de plomb. Beaucoup de femmes ivoiriennes, pour soi-disant "sauver" leur foyer, doivent non seulement passer sous silence les coups et blessures, mais demander pardon au mari qui les bastonne et retourner dormir dans le lit conjugal (en entretenant des rapports sexuels plus ou moins consentis avec celui qui les humilie et les frappe pour un rien...Dans la plupart des cas, les femmes battues sont également expulsées ou doivent fuir le domicile conjugal et, aussi privées de la pension alimentaire. Une sérieuse opération de sensibilisation nationale doit être lancée au lieu que le gouvernement organise des marches "symboliques". La violence contre les femmes et les petites filles existe partout au monde, mais, en Côte d'Ivoire, elle est acceptée socialement et, cela n'est pas (du tout) acceptable !Publié le :
26 janvier 2022Par:
awoulaba CoolLe double langage des imams et de la famille (musulmane) fait (souvent) partie du problème de la violence conjugale en Côte d'Ivoire: «Que faire si mon mari (ou concubin musulman n'ayant célébré que le mariage musulman) me bat ? Dois-je contacter la police ? Ai-je le droit de refuser de faire l'amour avec mon mari (si je n'en ai pas envie ce jour-là...) ? Que faire si mon mari a plusieurs maitresses ?» Ces questions, quand on les pose aux imams et aux familles. Le constat tient en deux mots : double langage. En public, le discours est policé, conforme aux valeurs prônées. Oui, il faut porter plainte en cas de violences conjugales ! Non, un mari ne peut avoir plusieurs femmes et pleins de maitresses ! Mais, lorsque qu'on est en privé, le discours change. Dans les mosquées, les religieux consultés ne conseillent pas de contacter la Police. La plupart estiment que le problème de la violence conjugale doit être réglé au sein de la famille. Dans beaucoup de nos mosquées, les imams estiment qu'un homme peut se marier avec plusieurs femmes (jusqu'à quatre (4) femmes) et peut aussi tabasser sa femme n'importe comment, comme il veut. C'est lui l'homme et la femme doit se soumettre aux volontés de l'homme si elle ne veut pas qu'il l'a frappe! Autre décalage : les parents (musulmans) qui obligent leurs filles à rester avec les conjoints qui les frappent et plus grave encore, à leur demander pardon agenouillées après avoir été (sauvagement) battues. C'est le comble! Ici chez nous (surtout dans les familles dioulas et/ou musulmanes) , la victime doit non seulement s'excuser quand son mari la frappe, mais aussi vite retourner dans le lit conjugal.(pour se faire pardonner et ne pas laisser la place à une autre!)Publié le :
26 janvier 2022Par:
XiC'est une bonne chose mais la plupart des familles interdisent aux victimes de porter plainte contre les maris ou concubins abusifs et violents...publicitéPLUS D'ARTICLES
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Publié le :
27 janvier 2022Par:
Lago Tape