C’est le triste sort qui a été réservé à M’Mah Sylla, du nom de cette Guinéenne âgée de 25 ans, qui a rendu l’âme le 20 novembre dernier. Tout a commencé, en effet, dans une clinique située en banlieue de Conakry, où partie pour des soins, la jeune dame se fera violer. Evacuée à Tunis durant le mois d’octobre, elle a fini par passer de vie à trépas. Sa mort, dans les conditions que l’on sait, a provoqué une vague d’indignation à travers la Guinée ; tant les réactions se multiplient sur les réseaux sociaux pour réclamer que justice soit rendue à la victime dont on dit qu’elle « était pleine de vie avec des rêves et des ambitions ». Du reste, on apprend que trois médecins ont été inculpés et mis aux arrêts, accusés qu’ils sont de « viol, avortement, administration de substances nuisibles, risque causé à autrui et complicité ». Une autre personne en fuite, est « activement recherchée ». Il faudra donc, s’ils sont reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés, que ces médecins qui ont fait le serment d’Hypocrate pour sauver des vies, soient sanctionnés à la hauteur de leur crime. Il faudra leur opposer la rigueur de la loi afin que cela serve d’exemple à d’autres apprentis…violeurs dont on sait qu’ils sont nombreux en Guinée. En effet, rien que pour la seule année 2020, l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM), a recensé 374 cas de viols sur les 33 préfectures que compte la Guinée, soit en moyenne plus d’un cas de viol par jour. C’est dire à quel point le phénomène a pris de l’ampleur en Guinée au point que même le personnel soignant est entré dans la danse.
Il y a lieu d’assainir le secteur
D’où la nécessité de faire en sorte que le cas de dame Sylla serve de détonateur dans un monde inégalitaire où certains hommes considèrent la femme comme « un produit de grande consommation ». C’est peut-être le lieu d’en appeler aussi à la responsabilité des femmes qui, face à la rapacité sexuelle dont font montre certains hommes, doivent nouer davantage le pagne en se donnant non seulement la main mais aussi en évitant parfois de présenter la femme comme un simple objet de plaisir. Autrement dit, il faut arrêter de dévaloriser la femme ; elle mérite beaucoup plus de respect. Car, tous autant que nous sommes, nous sommes nés d’une femme. C’est elle qui, comme qui dirait, a guidé nos premiers pas dans ce monde ici-bas. On ne saurait donc en faire un être de seconde zone. Cela dit, les autorités guinéennes, partant du cas malheureux de dame Sylla, doivent saisir l’occasion pour nettoyer les écuries d’Augias. Car, à ce qu’on dit, les cliniques ont tellement poussé comme des champignons en Guinée que l’on se demande si certaines d’entre elles respectent les cahiers de charges. Il y a donc lieu d’assainir le secteur en durcissant les conditions d’ouverture des établissements sanitaires. C’est à ce prix que l’on pourra espérer limiter certaines dérives dans une société où le vice a pris le pas sur la vertu. Il faut donc secouer le cocotier afin que prenne fin le désordre qui prévaut dans le monde médical en Guinée. Et le plus tôt sera le mieux.
Boundi OUOBA
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
Publié le :
24 novembre 2021Par:
Lago TapeOui; la junte militaire au pouvoir en Guinée doit s'activer à remettre de l'ordre dans tous les secteurs du payspublicitéPLUS D'ARTICLES
-
Blocage des VPN au Gabon : une facture en milliards CFA pour un résultat incertain
-
Abidjan. Vendeurs ambulants dans la circulation : (2/2)- Une activité illégale mais rentable (reportage)
-
Côte d’Ivoire. 18 blocs de cannabis sur le capot d’une 4x4
-
Abidjan. Vendeurs ambulants dans la circulation : (1/2)- En danger entre les voitures (reportage)
-
Côte d’Ivoire. Le cyberactiviste Zigui Ibrahim présente ses excuses au Conseil constitutionnel
-
Guerre Israël-Iran. La CEDEAO s'alarme : l'Afrique de l'Ouest paiera la facture
-
Kibarou . Mourir pour une guerre qui n’est pas la nôtre
-
Moyen-Orient : Abidjan condamne les attaques et rassure ses ressortissants en Israël
-
Proche Orient. Risque d’embrasement après la mort de Khamenei
-
Le Maestro Boncana Maïga, un géant de la musique africaine, s'est couché
-
Côte d’Ivoire. Pollution des lagunes Tendo-Ehy et Aby : le gouvernement va apporter des réponses concrètes
-
Côte d’Ivoire. Maltraitance- Une fillette logée par sa grand-mère dans un poulailler
-
Au moins 24 écolières tuées en Iran et une victime civile à Abou Dhabi
-
Côte d’Ivoire.L’UNJCI à la croisée des chemins : tous coupables !
-
Côte d’Ivoire. Ingénierie du genre : une nouvelle promotion fait sa rentrée
-
Salon international de l’Agriculture : Bruno Koné présente les opportunités d’investissements en Côte d’Ivoire
-
Côte d’Ivoire.Leçons d’un cycle d’élections
-
Julianna Lumumba, candidate de la RDC au Secrétariat général de l’OIF
-
Cacao. Le Brésil met la Côte d'Ivoire sous embargo, pour « risques phytosanitaires »
-
L’Enquête du jeudi. (2/2)- Nouveau métier- : « Dans l’ensemble, c’est rentable » (Décorateur d’événements)
-
Gabon : Ali Bongo bloqué à Paris pour des raisons administratives
-
L’Enquête du jeudi. (1/2)- Nouveau métier - Les jeunes décorateurs mangent bien dans les mariages, baptêmes et anniversaires
-
Côte d’Ivoire. Blocs et boules de cannabis dans des pots de peinture
-
Côte d'Ivoire. Une situation sécuritaire rassurante
-
Côte d'Ivoire. Ouattara expose un vaste programme d'infrastructures et de développement régional
-
Donald Trump : immigration, droits de douane, Iran, "midterms"… ce qu’il faut retenir de son discours de 1h47 sur l’état de l’Union
-
Facture Normalisée Électronique (FNE) : le gouvernement ivoirien renforce la compétitivité des opérateurs économiques
-
Salon de l’agriculture de Paris. Bruno Koné signe des accords pour la production de semences de haute qualité et le transfert de technologies
-
Côte d'Ivoire. Développement local :Coup de pouce du Québec à des productrices de vivriers
-
La RDC et le Burundi rouvrent la frontière commune de Gatumba
-







Publié le :
24 novembre 2021Par:
Xi