Une ambiance électrique a prévalu le vendredi 19 novembre 2021 aux environs de 17 heures 30 minutes à la maternité du Centre hospitalier régional (Chr) d’Abobo, le troisième jour de la grève du personnel de la santé. Accompagné d’un garçon et deux filles, un jeune homme s’est emporté contre les agents de ce service. Il leur reprochait le fait d’avoir mis du temps à s’occuper d’une des camarades admises dans le service. « J’ai accompagné une amie enceinte dont le bébé est décédé dans le ventre pour des soins. Ils ont tardé à la recevoir. Quand je me suis plaint, l’une d’entre elles s’est permise de me faire des reproches », dit en substances le plaignant à des femmes qui étaient sur place. Pour toute réaction, elles lui ont demandé de se calmer. Quelques minutes plus tard, une ordonnance lui a été remise. Preuve que celle qu’il a accompagnée a subi des soins.
Une scène d’une intensité plus modérée s’est produite quelques instants après le premier incident. Cette fois, c’est au tour d’un jeune homme en compagnie d’une femme d’environ soixante ans, de se plaindre pour le même motif. A savoir la lenteur du service. Une dizaine de minutes plus tard, l’agent de santé auprès duquel il a protesté, lui explique qu’ils sont en attente des résultats d’examens qui ont été faits à la personne qu’ils ont accompagnée.
On imagine aisément que cette situation est l’une des conséquences de la grève des travailleurs du secteur de la santé, lancée par la Coordi-santé, l’un des syndicats de la corporation, depuis le mercredi 17 novembre.
La grève, pour le moins que l’on puisse dire, a été suivie ce troisième jour dans quelques établissements sanitaires que nous avons visités.
A la Formation sanitaire urbaine à base communautaire (Fsucom) d’Abobo BC, où nous sommes arrivés vers 16 heures 40 minutes, c’était à la limite un silence de cimetière qui prévalait. Quelques visiteurs suivaient dans le calme une émission sur un téléviseur placé dans le hall. L’infirmer du service des soins s’ennuyait, au point qu’ il sortait de temps en temps pour voir s’il n’y avait pas de patients qui attendaient. Approché, il nous confirme que le centre est en grève. Et que c’est le service minimum qui est assuré, avec un accent particulier sur la maternité. « Nous recevons toutes les femmes enceintes », laisse entendre l’agent. Par contre, le service des consultations prénatales a été simplement et purement fermé.
La situation est pratiquement la même du côté du Fsucom d’Abobo-Akeikoi, où nous nous étions rendus bien avant celui d’Abobo BC. Ici, c’est tout aussi le calme. Occupées à regarder un film sur un téléphone mobile, deux agents ont indiqué que la formation suit la grève à l’instar des autres établissements de santé du public. Les consignes ne sont en rien différentes de celles qui sont en vigueur ailleurs, à savoir assurer le service minimum. Deux agents de vaccination contre la Covid-19, qui avaient fini leur service arrangeaient leurs affaires quand nous sommes arrivés.
Junior Jeremy
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Publié le :
20 novembre 2021Par:
Lago Tape