Réunis en sommet extraordinaire le dimanche 07 novembre à Accra (Ghana), les Chefs d’Etat des pays membres de la CEDEAO s’opposent à toute idée de prolongation de la durée de la transition. Cela malgré l’annonce par les autorités maliennes de leur incapacité à organiser les élections dans les délais impartis.
La situation du Mali reste toujours préoccupante en raison des incertitudes politiques accrues dans le pays, assure le communiqué final sanctionnant le sommet extraordinaire des Chefs d’Etat des pays membres de la CEDEAO. Informés de la notification officielle par les autorités de transition de leur incapacité à respecter l’échéance électorale de février 2022, les Chefs d’Etat de l’organisation sous-régionale « déplorent vivement l’absence de progrès dans la préparation des élections, y compris l’absence d’un calendrier détaillé des activités pour la conduite des élections aux dates convenues ».
C’est dans ce cadre qu’ils ont réitéré « la nécessité de respecter le calendrier de transition en ce qui concerne les élections prévues le 27 février 2022 et appellent les autorités de transition à agir en conséquence pour assurer un retour rapide à l’ordre constitutionnel ».
En termes clairs, la CEDEAO s’oppose à toute idée de prolongation de la durée de la transition et appelle au respect du calendrier électoral initialement publié par le premier gouvernement dirigé par Moctar Ouane. Pour cela, l’organisation sous-régionale appelle la communauté internationale à prendre « les mesures nécessaires pour s’assurer que les autorités de transition respectent leur engagement en faveur d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel ».
Cette position de la CEDEAO sera sans doute rejetée par les autorités de la transition malienne qui n’ont jamais caché leur volonté à vouloir proroger la durée de la transition. Ce qui va davantage détériorer les relations déjà mal en point entre Bamako et ses voisins. Car cet appel au respect du délai de la transition est considéré comme une injonction par les autorités maliennes.
En tout état de cause, face à l’absence de progrès les Chefs d’Etat de la CEDEAO décident d’imposer des sanctions avec effet immédiat à l’encontre des individus et groupes identifiés, y compris l’ensemble des Autorités de transition et les autres institutions de transition. Cela conformément à la décision prise le 16 septembre dernier. « Ces sanctions seront également imposées aux membres de leur famille et comprennent une interdiction de voyager et un gel de leurs avoirs financiers », renseigne le communiqué.
Tout en appelant l’Union africaine, les Nations Unies et les partenaires bilatéraux et multilatéraux à approuver et à soutenir la mise en œuvre de ces sanctions, les Chef d’Etat des pays membres de la CEDEAO chargent le Président de la Commission d’examiner et de proposer des sanctions supplémentaires lors de sa prochaine session ordinaire le 12 décembre 2021, si la situation persiste.
Enfin, les Chefs d’Etat de la CEDEAO condamnent l’expulsion du Représentant permanent de la CEDEAO au Mali et appellent les autorités de transition à maintenir l’esprit de dialogue et de collaboration avec la Commission de la CEDEAO pour assurer une transition réussie.
Abdrahamane SISSOKO
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