Publié en 1968 aux Editions du Seuil, Le devoir de violence du Malien Yambo oueléguem dame le pion aux autres livres parus la même année. La critique littéraire dans son ensemble salue la mastria de l'auteur,son originalité,son courage pour les différents thèmes abordés dans le roman. L'euphorie du chef-d'oeuvre dure jusqu'en Novembre, et le jeune écrivain se voit récompensé du Prix Renaudot. Premier Africain a avoir remporté ce prestigieux prix.La côte de Oueleguem ne fit que grimper .
Pourtant ses frères Africains vivant à Paris ne voyaient pas du même oeil l'aura qu'avait suscité le livre. Certains le prenaient comme un traître pour avoir osé dénoncer le rôle des Chefs locaux dans la Traite Négrière et Arabo-berbère. Senghor dira qu'il a (renoncé à ses racines ). Le disait-il par jalousie ?
Entre temps , Le devoir de violence défie le temps et s'impose comme le point de départ d'une littérature longtemps méprisée, sous-évaluée, car la majorité des écrivains Africains ne parlaient que de Negritude . Ce que Alain Mabanckou appelait un " caquètement unanime". Ils se faisaient publier dans la seule maison d'édition appartenant à un Noir : Présence africaine du Sénégalais Alioune Diop , maintenant présidée par sa veuve Yande Christiane Diop, petite soeur du poète David Diop ( Coups de pilon).
Oueleguem toucha 500000 FF lors des premiers tirages . Le public en redemande. Les éditions du Seuil se frotte aussi les mains. L'oeuvre conquiert de nouveaux territoires. L'auteur est réclamé aux Etats Unis où il signa deux contrats , puis à Londres . On lui déroule partout le tapis rouge .
1971, Coup de théâtre ! Oueleguem est accusé de plagiat. Un universitaire Américain décela des passages que le Malien aurait "empruntés " du livre de Graham Greene, mais aussi de " Le dernier des justes " de Schwarz-Barth, de Maupassant, du Coran, de la Bible . En fait,ce ne sont pas des passages entiers, mais des bouts de phrases. Mais c'était assez suffisant pour crier au scandale. Barth dira que c'est un honneur pour lui d'être repris par un jeune auteur Africain, que si Oueleguem le lui avait demandé, ce serait un grand plaisir pour lui. Mais Oueleguem se défend. Il dira que dans les passages incriminés,il y avait des guillemets que la Maison d'édition a enlevés.
C'était trop tard: la machine infernale est déjà mise en branle. L'auteur est acculé, la Maison d'édition chahutée. C'était la guerre entre Gallimard de Barth et Le Seuil de Oueleguem.
Les journalistes et les friands de scoops traquent le jeune Malien. La maison d'édition intente un procès contre le "plagiaire".
Ce fut la descente aux enfers de Oueleguem. Il se retira du feu des projecteurs et resta introuvable. On le chercha partout dans Paris et dans la Métropole. Les éditions du Seuil demanda une restitution des sommes qu'elle lui avait données. Mais on ne vit nulle trace du jeune auteur. Il changea de nom et d'adresse, se réfugia un temps dans l'ambassade du Mali à Paris avant de rentrer définitivement au pays, dans son village natal. Il ne remettra plus jamais les pieds en France. On dira qu'il était devenu fou, qu'il était devenu un ascète soufi partagé entre la prière et la méditation. Chahuté, honni,traqué comme une proie,insulté, rabaissé,traîné dans la boue ,l'auteur rumina longtemps sa colère à Sevaré,son village natal où il mourut en 2017 .
Cheikh Seck
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
Côte d’Ivoire. Médias. Week-end des Ebony 2025 : des récompenses pour tous les nominés
-
Côte d’Ivoire. Devant les diplomates, Ouattara vend la stabilité pour attirer les investissements
-
France.Les députés votent à l’unanimité la fin du « devoir conjugal »
-
Côte d’Ivoire. Ouattara et le Président de la BOAD font le point de leur coopération
-
Côte d’Ivoire. Le Président Ouattara adresse ses “félicitations appuyées” à la CEI et au Conseil constitutionnel
-
Mort d’Alex Pretti: Stephen Miller, proche conseiller de Trump, reconnaît de possibles manquements au “protocole”
-
Nécrologie. Brusque fin de série pour Halima Gadji de « Maîtresse d’un homme marié »
-
Côte d'Ivoire. Élus et cadres de la Bagoué unis autour de Bruno Koné
-
Afrique et diaspora : Abidjan célèbre la richesse des cultures africaines
-
Côte d’Ivoire. Adjoumani et d'autres anciens ministres nommés conseillers à la Présidence de la République
-
Kibarou . Au nom de la continuité pour faire encore plus et mieux
-
Côte d’Ivoire. Le bilan positif de Bruno Koné à la tête du MCLU
-
Côte d’Ivoire. Conférence des Évêques catholiques : réconciliation nationale et éducation au cœur des travaux
-
Côte d’Ivoire. Avec l’échangeur, on ne peut plus parler d’embouteillages à Koumassi (usagers)
-
Côte d’Ivoire. Gouvernement Mambé 2 : des regrets pour Adjoumani et Mariatou Koné (Micro trottoir)
-
Côte d’Ivoire. Bruno Nabagné Koné, en mission sur les chantiers de l’agriculture
-
Côte d’Ivoire. Gouvernement Mambé 2 : entre scepticisme et espoir
-
Manifestant abattu à Minneapolis Vers une résolution ou une escalade ?
-
Côte d’Ivoire. Ouattara exprime sa « pleine confiance » au nouveau gouvernement pour « l’amélioration durable des conditions de vie des populations »
-
Côte d’Ivoire. Gouvernement Mambé 2 : On aurait pu faire une plus grande place aux jeunes (Micro-trottoir 2)
-
Côte d’Ivoire. Nouveau gouvernement : Mariatou Koné, une anthropologue engagée, au défi de l’économie et de la gestion
-
1969, BIAO : le premier grand hold-up en Côte d’Ivoire
-
Côte d’Ivoire. Un nouveau gouvernement de 35 membres dont un Vice-Premier ministre et 2 femmes ministres d’Etat
-
Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara assuré du « soutien et accompagnement » du FMI (Directeur Afrique)
-
Omar Sy ou l’assimilation à la française
-
Côte d’Ivoire. Daloa : un nouveau District de Police pour répondre au défi sécuritaire auquel les populations sont confrontées
-
Côte d’Ivoire. Deux bandits neutralisés grâce à un accident de moto, après le braquage d’une agence de transfert d’argent
-
Madagascar.Fin de mission pour l’ambassadrice américaine Claire Pierangelo
-
L’Enquête du jeudi . Côte d’Ivoire. Les artisans s’organisent face aux faussaires de la révolution numérique (2/2)
-
Accès à l'électricité pour tous : des pays africains s'inspirent du modèle ivoirien
-






