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Kibarou

Recrudescence des coups d’Etat en Afrique, à qui la faute ?

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Nous nous sommes moult fois plaints de l’inculture démocratique des militaires africains. Une réalité aux implications hautement préjudiciables à l’évolution politique et économique de nos jeunes Etats. Lesquels semblent encore éprouver beaucoup de mal, à se démarquer véritablement des pratiques politiques rétrogrades, de nature à confisquer les libertés et compromettre toute forme d’épanouissement économique durable. Et à chacune de leur irruption au-devant de la scène politique, les militaires ont prétendu qu’elle était motivée par un mauvais management politique du pays, par ses leaders et dont les populations souffraient atrocement des conséquences. Argument aux relents litanique. Qui rencontre de plus en plus l’assentiment d’importantes fractions des populations du continent. Lesquelles n’hésitent plus à jubiler dans les rues des capitales africaines, théâtres malheureux de ces putschs, pour manifester leurs soutiens à la junte militaire. Qui revendique comme un exploit de guerre, l’évincement du régime civil. Cette adhésion spontanée, voire inconditionnelle aux initiateurs des coups d’Etat militaires, inquiète de plus en plus, les politologues et autres analystes politiques du continent.

Mais, c’est assurément à l’intelligence des acteurs politiques qu’elle est réellement destinée. Afin qu’ils revoient leurs modes de gouvernance politique, économique et sociétale. Autant dire que, les programmes de gouvernement irréalistes, mal conçus, loin d’être à même de répondre aux besoins des populations ; tout comme les systèmes de gestion des biens publics, dénués de toute efficacité, ne profitant plutôt qu’à une poignée d’individus ; ainsi que les vieilles habitudes népotiques, clientélistes etc, ne peuvent s’accommoder avec la démocratie. Pratique politique dont ils ont pourtant vite fait de se réclamer farouchement ici et là. Quand il s’est agi de solliciter les suffrages de ceux dont ils sont censés créer les conditions du bien être tous azimuts, une fois au pouvoir. Au lieu de cela, en dépit des contestations à grande échelle, assorties de nombreux troubles sociaux exprimées par le peuple, par ce que convaincu d’avoir été trahi ou manipulé, les acteurs politiques n’ont généralement recours à aucune stratégie de changement. Ils demeurent paradoxalement animés de la propension à s’accrocher au pouvoir. Et c’est alors la pauvre constitution qui fait les frais de cet entêtement servile, au vu et au su de tous. Compromettant par ce fait même, toute opportunité ou nécessité d’alternance politique. Toute chose à laquelle, le peuple se met pourtant à espérer légitimement, en vue de mettre fin à leur règne. Cependant, ces mauvais tenants du pouvoir d’Etat, ne peuvent plus prétendre ignorer qu’il est à ce jour établi, que plus personne en Afrique ne ferme les yeux, ou n’est impassible ou simplement indifférent, à la mauvaise gouvernance politique. Les langues se sont désormais déliées. Les modèles d’expression libre, individuelle comme collective des opinions politiques, qui circulent au quotidien sur les grandes chaines des télévisions européennes, américaines… ont très vite été copiés ou adoptés par les populations africaines, essentiellement composées de jeunes gens à l’esprit désormais frondeur. Les médias sur le continent sont également dorénavant plus libres. Ne serait-ce que du fait de leur droit d’exister. Autant d’acquis à mettre sur le compte de la démocratie sous les tropiques.

Ce sont donc ces échecs démocratiques, cette mauvaise gouvernance politique, associées aux manifestations publiques les dénonçant, suscités par ceux qui en subissent les affres, qui font toujours le lit des putschs fomentés par la soldatesque. Laquelle affiche alors aux yeux du peuple, l’attitude de sauveurs ultimes. Volant à son secours. Et ce, même si dans bien des cas de figure déjà vus ailleurs sur le continent, cette illusion n’a toujours duré que le temps d’un feu de paille. Ces Zoros sortis des casernes, devenant très vite une autre variante de dictateurs patentés. Ignorant tout de la pratique politique. Friands des exactions de tout genre. Et constamment prompts à détruire toutes espèces d’obstacles qui se dresseraient sur leur passage. Surtout quand ils prennent goût au pouvoir d’Etat.

Moussa Ben Touré




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