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Côte d’Ivoire. Funérailles. Chez les Gnan d’Anyama, les morts unissent les vivants (1/4)

Publié le :

Abié Yeffi Frédéric, chef village Anyama Ahouabo

Les Gnan, des Akyé habitants cinq villages d’Anyama pratiquent des méthodes d’assistance originales et exemplaires pour faire face aux dépenses de funérailles, lourdes à supporter et parfois ruineuses pour les familles des défunts.

Dans leurs fiefs d'Anyama-Zossonkoi, Anyama-Ahouabo, Anyama-Adjamé, Ebimpé et Akéikoi-Village, nous avons recueilli des témoignages auprès de certains chefs de village, de notables, ainsi que des ressortissants.

Toute la communauté villageoise impliquée

La première caractéristique du dispositif adopté par les Gnan est la solidarité dont chaque communauté villageoise est tenue de faire montre, dans l’organisation des funérailles. En effet, contrairement à certaines communautés, les dépenses relatives aux funérailles dans chacun des villages susmentionnés, ne concernent pas uniquement la famille éplorée. Elles sont l’affaire de toutes les communautés villageoises. A travers des procédés bien élaborés, les ressortissants de ces villages sont financièrement mis à contribution pour l’organisation des funérailles. A quelques petites différences près, ce sont pratiquement les mêmes procédés utilisés dans chacun des villages. Ils consistent essentiellement, à lever des cotisations pour effectuer toutes les dépenses majeures que nécessitera l’organisation des funérailles.Chaque décès est donc l'occasion de vérifier les liens de solidarité et de refaire l'union entre les vivants.

Mais avant tout, c’est à la famille frappée par un deuil, qu’il revient d’informer les autorités villageoises. En l’occurrence le chef du village et sa notabilité. « Quand un décès survient, deux ou trois membres de la famille éplorée vont informer le chef du malheur qui vient de les frapper », indique Abié Yeffi Fréderic, chef du village de Anyama-Ahouabo. La chefferie du village d’Akéikoi ne badine pas avec cette étape. « La famille éplorée doit informer le chef dans un délai de 24 heures. Passé ce délai, il y a une amende de 10 000 F CFA qui lui est infligée. Car le chef du village doit être le premier à être informé, après la famille, du décès qui s’est produit dans son village », précise Kaman Kouassi premier adjoint au chef de Akéikoi-Village, chargé de la vie coutumière et de la commission foncière.

La première étape de cotisation intervient après l’annonce du décès aux autorités villageoises. Elle est réservée à certains proches de la famille éplorée, qui sont désignés pour enterrer le mort.

Une cotisation de 10 000 F CFA pour enterrer le défunt

A l’issue de réunions, les membres de la famille éplorée désignent des proches (cousins, cousines, neveux, nièces, et autres) aussi bien du côté maternel que du côté paternel du défunt, pour l’enterrer. Il est, à ce titre, demandé à chacune des personnes désignées, de donner la somme de 10 000 F CFA. Le chef du village d’Anyama-Ahouabo, Abié Yeffi Fréderic, fait remarquer que généralement, ceux qui sont désignés du côté maternel sont plus nombreux que ceux du côté paternel. Tout simplement à cause du système matriarcal, toujours très respecté.

Au sujet du nombre total de personnes choisies, Goh Guy-Ruffin, secrétaire général de la chefferie d’Anyama-Zossonkoi note que celui-ci peut atteindre la cinquantaine, voire plus. « On peut dénombrer 30 à 50 personnes et quelques fois plus, qui sont désignées pour enterrer le défunt ». En vue d’obtenir le maximum de personnes qui vont assumer cette tâche, et qui par conséquent vont cotiser 10 000 F CFA chacune, la chefferie du village d’Akeikoi, contrairement aux autres villages, a étendu le choix aux amis, connaissances et aux personnes qui, voudraient volontairement contribuer à l’organisation des funérailles. Cette disposition donne satisfaction. Car, selon Kaman Kouassi, premier adjoint au chef de ce village, la liste peut atteindre la barre de 100 personnes. A raison de 10 000 F CFA par personne, c’est la somme de 1 000 000 F CFA qui est ainsi réunie. « Plus ceux qui sont choisis et les volontaires sont nombreux, mieux c’est », ajoute –t-il.

Cette même façon de faire, est également de mise à Anyama-Adjamé . Ici, « la communauté villageoise laisse le champ libre à toute personne qui veut s’inscrire sur la liste de ceux qui doivent inhumer le disparu de le faire », confie Assokoi Adohi Constant, responsable du comité des funérailles d’Anyama-Adjamé. Le montant de la contribution individuelle est identique à celui des autres villages. A savoir 10 000 F CFA. S’agissant d’ Ebimpé, la méthode dans le fond est la même. Elle ne subit qu’un léger changement dans la forme. Si l’on s’en tient aux propos de Odi Gnandjui, un cadre de la région à la retraite, les différentes personnes désignées pour l’enterrement du disparu se retrouvent et choisissent par le moyen d’un scrutin, la somme qu’ils sont chargés de payer. Ainsi, le montant peut être fixé à 10 000, 20 000 , voire 30 000 F CFA par personne.

Jérémy Junior


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