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L'Enquête du Jeudi. Les transporteurs dénoncent le racket persistant des policiers et gendarmes(1/2)

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Le racket, cette mauvaise pratique dont tout le monde se plaint, a pour lieu de prédilection les postes de contrôle de la circulation routière. Pour nous faire une idée de l’ampleur du phénomène, nous nous sommes rendus sur certaines grandes artères et axes routiers du Grand Abidjan, à la rencontre des transporteurs notamment, principales victimes du phénomène.

Chauffeur de car, Kouassi Abékan, avec qui nous avons échangé, au Km 22, sur l’autoroute du Nord, affirme : « La brigade motorisée de la Gendarmerie est sans pitié. Ils nous rackettent sans état d’âme. Vraiment, ça devient insupportable ». C’est aussi la plainte de Achille Zoungrana, conducteur de poids lourds, rencontré au corridor : « Chaque jour, les gendarmes nous obligent à payer 2000 francs cfa avant de pouvoir passer. Ils ne contrôlent même pas les pièces des véhicules. Les soirs, à partir de 20 heures, c'est encore plus grave. Ils immobilisent tous les véhicules et soutirent de l'argent aux conducteurs ».


Ils inventent des fautes


Au niveau des grands axes routiers, ce sont les policiers qui sont plutôt incriminés par les transporteurs. « Nous sommes fatigués. Tu as tes pièces à jour ou pas, tu vas payer. Si tu refuses, tu es coincé. Et, c'est ton temps que tu perds en refusant de payer le pourboire qu’ils t’exigent. Donc, tu es obligé de leur donner ce qu'ils demandent », révèle Konaté Djakaridja, au volant d’un mini-car gbaka à la gare d'Abobo. Bakayoko Ali, rencontré à la gare Gbêgban d’Adjamé Renault confirme : « Ils disent qu'ils n’ont rien à foutre de nos pièces. Et qu'ils ne veulent que leur argent. Souvent même, ils t'accusent d'avoir commis une faute, alors qu’il n’en est rien. Ils le font, dans le seul but de te soutirer de l'argent ».

« Nous souffrons beaucoup. Ils bloquent tes pièces pour t'obliger à leur donner de l'argent. On peut nous racketer trois à quatre fois par jour. Et c’est entre 8000 francs et 10 000 francs CFA qui sont retirés de la recette et quelques fois même, de notre ration », explique avec amertume Kouakou N'Guessan, conducteur de taxi communal woro-woro à Yopougon.


Des comités installés contre la corruption et le racket


Pour lutter contre cette pratique qui porte préjudice à l'économie du pays, avec une perte en moyenne de 350 milliards de francs CFA par an, le gouvernement a créé l'Unité de lutte contre le racket (ULCR). Des comités locaux ont été installés dans les différentes communes du District d'Abidjan, sous la tutelle des mairies. Un numéro vert pour permettant aux usagers de la route de dénoncer tout acte délictueux des forces de l’ordre est aussi disponible. Mais, pour l'instant, cela ne donne pas grand-chose, malgré les nombreuses interpellations et emprisonnements de certains policiers et gendarmes.

Les comités communaux de lutte contre le racket, en qui le gouvernement fonde beaucoup d’espoir, ont pour objet, selon Jean Siméon Klarrou, le conseiller juridique du directeur général de la Direction générale de la Décentralisation et du développement local (DGDDL) de Songon, de mettre en place un cadre d’échanges et de concertation à travers lequel sont organisées des activités pour sensibiliser et éduquer les populations au contrôle de la corruption et la lutte contre le racket. En d’autres termes, ils vont permettre de renforcer la prévention et la lutte contre la corruption. Des actions qui s’inscrivent dans l'objectif d'atteindre la bonne gouvernance. Selon une information publiée par l’AIP, le DGDDL de Songon a tenu ces propos le mardi 10 août 2021 à la Mairie au cours de la cérémonie d’installation du comité communal de lutte contre le racket. Jean Siméon Klarrou a déclaré à cette occasion : « L’implication et la participation des populations locales dans la lutte contre le racket et la promotion de la bonne gouvernance est un défi à relever et à gagner pour une réalisation de l’Ivoirien nouveau ».

A la date de l’installation de ce comité, 26 sur les 201 que compte la Côte d’Ivoire sont officiellement entrés en activités. Au nombre de ceux-ci, celui d’Abobo conduit par le maire Ban Georges, d’après une information donnée par le responsable de la communication. Il y a également celui de Treichville, dirigé selon une source proche de la mairie, par le maire Arthur Moloko. De même, il y a celui de Grand-Bassam, que préside le maire Jean-Louis Moulot.

Hormis ceux qui précèdent, le comité communal de lutte contre le racket de la commune du Plateau selon les informations qui nous ont été données par un collaborateur du directeur de cabinet, puis une dame du Secrétariat général, n’est pas encore installé. La mairie d’Adjamé semble avoir pris une longueur d’avance sur celle du Plateau. « Nous avons été saisis par la Médiature pour la mise en place de cette structure, qui répond à l’environnement que connaît la Côte d’Ivoire. Il y a un bureau local qui doit être installé au niveau de la commune. Le maire a fait des propositions d’occupation des postes en fonction des vieux, des femmes, des religieux, des associations, et autres. Nous attendons le retour pour l’investiture de cette structure et recevoir les recommandations et le fonctionnement », a confié Ouattara Basile au cours d’un entretien qu’il nous accordé le 16 août.

Les comités communaux de lutte contre le racket parviendront-ils à enrayer le racket ? La question reste posée. On espère qu’ils seront à la hauteur des missions qui leurs sont confiées.

Boubakar Barry

Junior Jeremy



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