La gouvernance de cette période transitoire sera confrontée au dilemme de rassembler les acteurs politiques et devoir aussi travailler à sanctionner les mauvais gouvernants.
L’un des passages obligés de la refondation de l’Etat malien sera la fin de l’impunité. Mais, pour parvenir à cet objectif, bien de grincements de dents seront au goût du jour.
En effet, le gouvernant de transition se voudra donner des signaux forts sur sa détermination à poser les jalons d’une « gouvernance vertueuse ». Celle-ci passe nécessairement par la culture de la sanction (et aussi de la promotion du mérite). Cette culture de la sanction ne peut prospérer si ceux qui ont récemment gouverné le pays ne sont pas obligés de rendre compte de leurs actes. Comment les ministres d’IBK peuvent-ils ne pas passer par le peigne de la redevabilité quand on veut poser les bases d’une gouvernance vertueuse au Mali ? Comment les nombreuses affaires ayant défrayé la chronique sous IBK peuvent-elles échapper à la loupe de la bonne gouvernance ? Qui sont les ministres les plus indélicats des 7 ans de l’ère IBK ? Qui sont les ministres et cadres mouillés dans les affaires de l’avion présidentiel, des équipements militaires, des engrais frelatés, des 1000 tracteurs, etc ?
Pour un nouveau départ, devant conduire au Malikura, les Maliens s’attendront nécessairement à des poursuites judiciaires lancées par rapport à ces dossiers. Et il est probable que de gros bonnets du régime IBK soient coincés par rapport à ces scandales. Comment de telles poursuites judiciaires pourront-elles éviter d’entraîner la culpabilité de cadres politiques du RPM, de l’ADEMA et d’autres obédiences politiques de l’ex-alliance de la majorité présidentielle ?
Or, toute inculpation de tels responsables politiques s’identifiera à une politique de la « chasse aux sorcières ». Surtout dans le contexte préélectoral, toute procédure judiciaire qui conduirait à un potentiel candidat aux prochaines élections en prison suscitera un tollé au sein de l’opinion. Le raccourci sera vite crié à cor et à cri que le Premier ministre Choguel Kokala Maïga s’acharne sur de compétitifs aspirants au pouvoir.
En outre, cette volonté de mettre fin à l’impunité peut avoir des ramifications susceptibles de se retourner contre certains dirigeants actuels. A titre d’exemple, le Premier ministre Choguel Kokala Maïga n’avait-t-il servi comme Directeur Général de l’AMRTP puis ministre de l’economie numérique sous IBK. Est-il blanc comme neige ? Comment vouloir assainir la gouvernance en sanctionnant les mauvais gouvernants sans que la machine judiciaire fouille sa propre gestion ? Ceci dans la mesure où des rumeurs font état de gestion pas trop orthodoxe de l’AMRTP dans un passé récent.
Toutes ces préoccupations et questionnements poussent à croire que la détermination du nouveau pouvoir à assainir la gouvernance du pays fera face à de nombreuses pesanteurs. Et, parmi celles-ci figurent la nécessité de rassembler les acteurs sociopolitiques autour d’une gouvernance d’ouverture. Un pari qui n’est pas gagné d’avance.
Boubou SIDIBE
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
« CÔTE D’IVOIRE 1966 » : 60 ans de silence , enfin brisés
-
Kibarou . Le moment choisi était il approprié ?
-
Mondial FIFA 2026 : Les Éléphants font une entrée victorieuse
-
Côte d’Ivoire. Dans les hôtels : Bonjour la taxe de nuitée
-
Côte d’Ivoire. Reportage : Sur les ruines de Koumassi Campement détruit, flotte un drapeau ivoirien
-
Côte d’Ivoire. Psychose à Andé : Un présumé coupeur de têtes arrêté après deux meurtres
-
Côte d’Ivoire. Le Ghana rapatrie 327 ressortissants après la destruction du quartier Zimbabwé à Abidjan
-
Côte d’Ivoire. Cybercriminalité : Coffré pour la vente en ligne de meubles virtuels
-
Côte d’Ivoire. Onu : attirer plus d’Ivoiriennes dans les opérations de maintien de la paix
-
Fourniture de services d'accès à Internet fixe par satellite : la société Starlink se déploie en Côte d’Ivoire dès juillet 2026
-
Côte d’Ivoire. La route a encore tué : 8 morts entre Niakara et Katiola
-
L'enquête du jeudi : Côte d’Ivoire- Véhicules électriques : (2/2)- Particuliers et transporteurs publics freinent
-
Côte d’Ivoire. « Désormais avoir beaucoup d’argent sans pouvoir justifier l’origine expose à des poursuites » ( Procureur de la République)
-
Les supporters des Éléphants au Mondial de football 2026 : « Nous ferons entendre notre voix » (Jennifer Bo)
-
L'enquête du jeudi: Côte d’Ivoire- Véhicules électriques : (1/2)- Ça démarre très lentement
-
Côte d’Ivoire. Démolition du Campement de Koumassi : Un ex-adjoint au maire recherché par la justice
-
CEDEAO . Politique agricole régionale :la Côte d"Ivoire prépare un atelier de validation.
-
Côte d'Ivoire. Agriculture : Bruno Koné renforce la coopération avec les États Unis
-
Développement. « La Côte d'Ivoire a fait un chemin extrêmement important » (Ousmane Diagana, Banque mondiale)
-
Au Burkina Faso, les concours de beauté ont été interdits
-
Mondial de football: L’Ambassade de Côte d’Ivoire aux Usa met en garde contre les ventes parallèles de tickets
-
Côte d’Ivoire. Criminalité financière : un atelier national pour traquer l’argent sale
-
Côte d’Ivoire. Commerçants déguerpis du carrefour Siporex : Nous pas bouger !
-
Côte d'Ivoire. Agriculture : enquête pour la mise à jour des statistiques
-
Lomé : la MONUSCO réaffirme son engagement pour la paix et la protection des civils dans l’Est de la RDC
-
Kibarou. Cette noire passion du pouvoir
-
Côte d'Ivoire. 12e congrès de l’Unjci : Marie Laure N'Goran, nouvelle présidente
-
Lutte contre le travail des enfants : La Côte d’Ivoire maintient la vigilance
-
68e session du Conseil international du sucre au Kenya: la Côte d’Ivoire confirme son rôle moteur dans la durabilité de l’économie sucrière mondiale
-
Côte d’Ivoire. La disponibilité de l'eau au cœur de la célébration de la « Journée de l’Afrique »
-





