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Economie

Côte d'Ivoire. Gban (Biankouma) : Avec deux "barons", dans "l'empire du gingembre" (3/4)

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Cultivé aux flancs des montagnes dans la plupart des cas, sans apport de produit chimique, notamment, pas d’engrais, le gingembre produit à Biankouma est très apprécié des consommateurs. À cause de sa saveur particulière et son goût très piquant, mais, surtout à cause de sa longue période de conservation une fois récolté (3 à 4 mois). Pour ces différentes raisons, les acquéreurs sont nombreux et sont d’origines diverses. Ils viennent de : San Pedro, Korhogo (Sud et Nord de la Côte d’Ivoire) , de la Guinée, du Mali et du Burkina-faso, différents pays limitrophes de la Côte d’ivoire. De sa qualité de simple denrée vivrière, le gingembre produit à Biankouma est devenu une véritable denrée agricole d’exportation.


Daouda Coulibaly


 Vêtu d’un grand boubou à la couleur grise, aux poches visiblement profondes et assis sous un abri de fortune à un carrefour des ruelles du village, Daouda Coulibaly est un acheteur ambulant de gingembre. Il vient de Korhogo. La destination Gan (Biankouma) lui a été conseillée par d'autres acquéreurs. Chaque année, de février à août, une fois par semaine, Daouda se rend à Gan, en vue d'acheter du gingembre. « Acheter du gingembre pour le revendre ensuite sur les marchés locaux de Korhogo est mon activité principale. Je me rends régulièrement aussi dans des localités du Bafing : Borotou et Koro, où j’achète également du gingembre. Le constat est net. Le gingembre en provenance de Biankouma est de loin de très bonne qualité. Il se conserve pendant longtemps, trois ou quatre mois durant. Il ne pourrit pas. Au contraire, il germe. Le gingembre produit à Gan contient très peu d'eau, et il est très épicé. Une saveur très appréciée des amateurs. Ce sont plus de deux tonnes de gingembre que j’achète chaque semaine à Gan » fait observer Daouda Coulibaly.


Koné Vrah


Un avis que partage Koné Vrah, alias « Kobei », natif de Gan lui, est producteur et revendeur de gingembre. Koné Vrah n’est pas le pionnier des producteurs de gingembre à Biankouma, mais, aujourd’hui, il est principal producteur et même exportateur de cette denrée agricole. À Biankouma, on dit volontiers qu’il est le « baron » du gingembre.

Koné Vrah réalise annuellement 5 ha de gingembre et il peut mensuellement récolter 30 à 40 sacs de 100 kg. Il est aussi le principal acheteur de gingembre dans la région. Il parcourt régulièrement villages et campements agricoles, en vue de constituer son stock. Un stock qu'il ne vend plus seulement sur les marchés locaux , mais à l’extérieur de la Côte d’ivoire. Notamment, en Guinée et au Mali où la demande est forte. 60, 70 ou 80 sacs de 100 kg de gingembre constituent les quantités des commandes régulières en provenance de chacun de ces pays. Différentes commandes qu'il satisfait sans coup férir.

C’est sur le marché de Bamako en 2015 que Koné Vrah découvre lui, que le gingembre produit à Biankouma, est prisé des consommateurs . « Ce 25 mai 2015, nous étions sur le marché principal de Bamako, au Mali à bord d’un camion chargé de 40 tonnes de gingembre en provenance de Biankouma. Quelques minutes seulement après notre arrivée sur les lieux , des acquéreurs venus à notre rencontre (des Sénégalais) ont demandé si le chargement que nous charrions venait de la Côte d’Ivoire et particulièrement de Biankouma. Le chauffeur a répondu par l’affirmative. Après des échanges, un marché a été conclu et la marchandise que nous transportions a été transvasée et nous sommes repartis. C’est à partir de cet instant que j'ai réalisé que le gingembre produit à Biankouma est prisé à l’extérieur de notre pays » a dit Koné Vrah.

Kone Vrah n'est pas seulement producteur et acheteur. Cet ancien couturier, devenu cultivateur depuis octobre 1999, est, par la force des choses, devenu aussi un moniteur agricole occasionnel qui parcourt les villages de la sous-préfecture de Biankouma pour parler du gingembre. Parce que la commercialisation du gingembre est une activité rentable, mais également parce que sa culture est une activité pourvoyeuse d’emplois Koné Vrah sillonne villages et campements agricoles, situés à la périphérie de Gan, et demande à la population de s'en approprier la culture. Ces différentes campagnes d'information et de sensibilisation portent déjà des fruits. Progressivement, sur des parcelles à la superficie encore réduite (autour de 0,5 ha) sont réalisées, ici et là, à Kabakouma, Blapleu, Digoualé, Kpata, Zouangouin et Foundepleu. Dans ces localités, ce sont en moyenne deux à quatre sacs de 100 kg de gingembre qui sont régulièrement récoltés par les paysans.


Un essor négligé


« C’est seulement cette année que mon épouse et moi, nous nous sommes investis dans la culture du gingembre. En avril dernier, nous avions récolté trois sacs de gingembre et avons engrangé plus de cent mille francs CFA après la vente. Pour nous, c’est un début encourageant et prometteur ! », fait observer Bamba Félix, un des nombreux paysans débutants investis dans la culture du gingembre rencontrés à Foundepleu, une localité située à 5 km du chef-lieu de la commune de Biankouma.

Quelle est alors la quantité de gingembre produite et vendue chaque année à Biankouma ? Difficile d’apporter une réponse exacte, faute de statistiques disponibles ni à la direction départementale de l’agriculture, ni à la direction départementale de l’Anader (Agence nationale d'Appui au Développement rural) de Biankouma. Différentes structures qui ignorent presque tout de l'existence du gingembre à Biankouma.


Honoré Droh

Correspondant régional à Man




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