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Economie

Côte d'Ivoire. Élevage. De l'argent dans le "caca de poulet" (1/3)

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Au commencement était l’élevage de volailles. Progressivement cette activité a fait place à la commercialisation de la fiente, encore appelée litière ou excrément de poulet, ou plus couramment “caca de poulet”. Aujourd’hui, cette filière est devenue un filon juteux pour ses acteurs. « C’est grâce à la commercialisation de l’excrément de poulet que je vis. C’est avec ça que je paie les frais de scolarité de mes trois enfants et j'arrive à subvenir à tous mes besoins. A l’heure où je vous parle, ils sont nombreux ceux qui nous envient. Quand on a commencé cette activité de collecte et de commercialisation de fiente de poulet, beaucoup de personnes se moquaient de nous », reconnaît Traoré Dramane.

Pour dire vrai, la collecte et la commercialisation de la litière nourrit son homme. « Au début, ça n’a pas été facile. Mais grâce à Dieu, j’arrive à me prendre en charge et à faire face aux charges familiales » affirme Ouattara Adjara qui dit avoir embrassé ce métier il y a un peu plus de sept ans.

Amani Inza, est l’un des tout premiers collecteurs de fiente de volaille à Agnibilékro. Pendant une dizaine d’années, il vend cette substance qui, selon lui, est rentable. « On arrive à s’occuper de nos familles et à satisfaire aux besoins de certains de nos proches. Donc, on ne peut pas dire qu’on ne gagne pas dans cette commercialisation de caca de poulet » souligne t-il, l’air malicieux.


Des collecteurs organisés en coopérative


Diarra Aboubakar, un autre pionnier de la commercialisation de matières fécales de poulet, dit lui aussi, ne rien regretter en s’adonnant à cette activité. Il précise que cette activité qui se pratiquait de manière informelle, leur causait de lourds préjudices, en ce sens que les prix de vente varient d’un acteur à un autre. Forts de ce constat, les collecteurs de fiente de volaille décident de s’organiser en une structure dénommée Coopérative des collecteurs de fiente d’Agnibilékro (CCFA). Créée il y a trois ans, cette organisation est présidée par Amani Inza et compte une vingtaine de membres actifs. Désormais reconnus par les autorités, les membres de la cette coopérative vont retrousser davantage les manches et repartir de plus belle à la conquête des régions du Haut Sassandra et du Bas Sassandra, qui demeurent de potentiels marchés…


100 camions par mois


Dans le mois, ce sont environ 100 camions chargés de fiente de poulet qui sont acheminés dans le Haut Sassandra et le Bas Sassandra à partir d’Agnibilékro. Le sac de 100 kg de fiente est vendu à 8 000 francs.

Une zone d'ombre, cependant au tableau. La coopérative des collecteurs de fiente d'Agnibilékro rencontre d’énormes difficultés à évacuer leurs marchandises dans les zones d’achat du fait d’une insuffisance criante de camions de transport. « Nous manquons cruellement de camions. Souvent, nous mettons plusieurs jours avant d’avoir des camions. A la vérité, il n’y a pas assez de camionneurs à Agnibilékro. Nous sommes obligés de nous rendre dans les villes voisines de Tanda, Abengourou ou même au-delà pour espérer avoir des camions. Et, au même moment, nos clients continuent de nous attendre impatiemment. C’est un sérieux problème, ce manque de camion. La situation de cause de lourds préjudices », s’inquiète dame Koné Aminata.

Toutefois, cette difficulté n’émousse guère l’ardeur au travail des collecteurs et commerçants de fiente, qui entendent, autant que faire se peut, rentabiliser leur filière.


Traoré Moussa

Correspondant régional


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