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Côte d’Ivoire. L’ « Abidjanisation » de la ville de Bouaké

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Mercredi 9 juin 2021. Il est pratiquement 8h 45 et nous sommes au quartier Belle ville à la recherche du domicile d’un ami. La veille, l’homme nous avait dit qu’il habitait à Cocody. Ne vous trompez surtout pas. Nous ne sommes pas à Abidjan mais bien entendu à Bouaké. En effet, Cocody est aujourd’hui un sous quartier de ce village quartier appelé Belle ville. Tout comme Cocody, ce quartier huppé de la capitale économique ivoirienne Abidjan, la deuxième ville de Côte d’Ivoire s’est adonnée ces dernières années à une véritable « Abidjanisation » de la ville de Bouaké au vue et au su des autorités municipales et préfectorales. Disons le tout net, à la barbe de tous. Ainsi donc, on trouve aujourd’hui des quartiers appelés Maroc, Marcory, petit Paris, deux plateaux etc. à Bouaké.

Anarchie et désordre organisés

Ces noms sont donnés par des comités locaux de gestion des habitants desdits quartiers sans l’avis de la commune. Pis, ces habitants, aux mépris de toutes règles légales, font confectionner des panneaux et pancartes pour les fixer dans tous les carrefours essentiels desdits quartiers. Au quartier Marcory, situé sur la voie qui mène à Katiola, en pleine extension, nous avons pu rencontrer quelques habitants pour en savoir davantage. Selon Soro Amidou, qui a aménagé dans ce nouveau quartier, ce sont les habitants, constitués en comité de gestion qui ont pris cette décision sans même prendre la peine de consulter qui que ce soit. « Au départ, il y avait trois noms qui avaient été proposés et il fallait en choisir un. Après des discussions, le nom Marcory a été retenu et les pancartes ont été confectionnées chez un calligraphe » a indiqué M. Soro qui soutient que cette anarchie est bien organisé. « Si nous ne le faisons pas, c’est d’autres personnes qui le feront à notre place et le nom qu’ils vont donner, s’imposera à nous. Voilà pourquoi nous avons préféré prendre les devants » a-t-il expliqué.

Que dit la mairie ?

Approché, un responsable communal qui n’a pas voulu être cité dans la presse, a soutenu que cet état de fait est dû en partie à la guerre qu’à connu le pays. Selon lui, durant 10 ans, du faite de la guerre, la ville s’est agrandie de façon exponentielle sans respect des normes légales. Les gens ont cru bon de donner eux-mêmes des noms à leur quartier. Après la guerre, cette habitude est devenu aujourd’hui une règle. « Mais chaque chose en son temps. Nous allons y mettre de l’ordre, vous verrez » a pesté notre interlocuteur. Pour Benjamin Koffi, opérateur économique, il n’est pas normal que l’on donne des noms de quartiers d’Abidjan aux quartiers de Bouaké. « C’est désormais l’Abidjanisation de notre ville qui est une chose choquante. Bouaké a connu des fils dignes, de hauts cadres qui ont servi à tous les niveaux tant au plan national qu’international. Ne peut-on pas donner leur nom à des quartiers pour les immortaliser ? », s’est interrogé l’opérateur économique. Dame Awa Coulibaly, commerçante au marché d’Air France, est du même avis que lui. Selon elle, les nouveaux quartiers de la deuxième ville du pays peuvent bien porter des noms comme Djibo Sounkalo, Adama Koné, Ouattara Mamadou dit Decoster, Kouamé Konan N’Zikan, Lamine Ba Fadiga, etc. Malheureusement, dénoncent bon nombre d’habitants, ces noms donnés par les habitants, risquent de ne plus disparaître.

Koffi Koffi


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