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Culture

Benjamin Epps : En 2021 le meilleur du Rap français est Gabonais

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À 25 ans, le fils du politicien Borobo Epembia est devenu la plus grosse star gabonaise évoluant en France. Pratiquant un Rap pourtant à contre-sens des tendances actuelles, il défraie la chronique depuis la sortie de son dernier EP, «Fantôme avec Chauffeur». L’enfant de Bellevue II à Libreville est qualifié de rookie de l’année 2021 par les magazines spécialisés. Who’s that boy ?!

«Bonne nouvelle, le meilleur rappeur de France est noir. Mauvaise nouvelle, le meilleur rappeur de France, c’est moi». Egocentrique comme Mohamed Ali, Benjamin Epps a les punchlines et la frime pertinentes. Des aptitudes nécessaires dans l’univers Rap où les artistes aiment se la jouer caïd. Magazine musical de référence, ‘’Les Inrocks’’ estime que ce jeune homme est «est ce qu’il pouvait arriver de mieux au rap francophone en 2021». Gabonais, né en 1996 à Dragon, un quartier de Libreville, il serait le dernier de la fratrie Épembia, patronyme dont il tire sans doute le pseudonyme Epps. Il est le fils de Noël Borobo Epembia, sociétaire du Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM), et le petit frère de Cam, connu comme l’un des pionniers du rap gabonais ayant débuté avec Wannickx avant de rejoindre le Collectif Systématique en 1999, puis d’entreprendre une carrière solo et d’arrêter.

Un style old school années 90


Influencé par son grand frère, Benjamain Epps s’est naturellement mis au Rap. Il s’est tour à tour appelé MC Crook, Jazzy et Kesstat, nom sous lequel il est certainement plus connu du milieu Rap gabonais pour avoir publié, en 2013, un effort intitulé « O.E.T.L.B (On Est Tous Les Best)». Arrivé en France au milieu de l’adolescence – la légende prétend à 13 ans, ce qui est peu probable au regard de son itinéraire artistique au Gabon –, il sort en 2016, enfin sous nom actuel, une mixtape de neuf titres intitulée «Noir». Depuis lors, il a changé plusieurs fois de style de rap avant de se résoudre à conserver son genre actuel, qu’il avait déjà expérimenté : le boom-bap. Avec sa voix aiguë, haut perchée et nasillarde, posée sur des orchestrations très simples, il prend le pari de ce style tout de même vieux jeu, old school comme on dit dans le milieu. Cette musique simpliste, dépouillée, remplie de samples de musiques Soul et Jazz, dans la plus pure tradition du rap des années 90, lui permet de se démarquer, d’être en marge de la mêlée.

«Cet amour du Hip-Hop n’est pas que de l’esthétisme creux pour Benjamin Epps. Inspiré par la démarche self made et indépendant d’artistes comme J. Cole, le jeune homme a appris à produire, enregistrer et mixer sa musique seul. Cela fait 5 ans que ça dure ! Aujourd’hui pour travailler son buzz, il aborde aussi une démarche «authentique». Cela l’autorise à «faire ses classes» c’est à dire tester des flows, dérouler de l’égotrip et ainsi montrer qu’il sait rapper. C’est aussi un moyen de s’enlever la pression actuelle (et infecte) de l’unique dictature des chiffres. On retrouve cet esprit derrière le titre «Samba Les Couilles» ou encore «Kennedy En 2005» (une référence au statut de ce rappeur) où Benjamin Epps dévoile tout son talent», écrit sur le jeune gabonais le site français spécialisé musiqueurbaine.fr

Quartiers Bellevue et Kinguélé à Libreville, Aubameyang, etc.

Avec une plume inventive et de qualité, il saupoudre abusivement ses œuvres d’égo trip et de références insolites pour les Français. N’oubliant pas d’où il vient, il rappelle en effet dans ses textes qu’il a grandi à Libreville, à Bellevue II, rend hommage au quartier Kinguélé, cite Aubameyang, etc.

En décembre 2020, Benjamin Epps sort un EP (Extended play) de 6 titres baptisé «Futur». Trois clips accompagnent cette production : «Samba les Couilles» , «Kennedy en 2005» et «Plié en 5». Tous tournés en noir et blanc, ils sont à l’image de sa musique : sobres, soignés et très efficaces. La presse spécialisée lui reconnait une finesse et un talent indéniable qui en font «clairement l’un des artistes à suivre dans les mois, et les années à venir». A 25 ans, le jeune gabonais s’en prend aux plus forts, lançant des punchlines, à Booba notamment : «Booba a sorti le dernier album, ça y’est maintenant j’peux prendre le trône», scande-t-il dans une ‘’attaque’’ devant être perçue comme un hommage et une marque de respect.

Boosté par Le Chroniqueur Sale : la consécration


Surnommé «le rookie du rap français de l’année 2021», le jeune Gabonais, soutenu par Le Chroniqueur Sale, un beatmaker de talent et vidéaste dont la chaîne YouTube compte près de 80 000 abonnés, a sorti, le 23 avril dernier, un nouvel EP : «Fantôme avec Chauffeur». L’album compte une chanson, «Dieu bénisse les enfants» qui, très vite, squatte les playlists des radios. Le morceau entre dans le Top 10 des rap du mois. Epps défraie la chronique, donne la réplique à Georgio et Youssoupha, le 8 mai dernier, dans Bâtiment B, l’émission présentée l’inénarrable Oxmo Puccino. La consécration.

«Nul n’est prophète en son pays», renseigne le proverbe biblique. Sevré à l’Afro trap et à l’Afrobeat, le public gabonais ne semble pas prêt à s’approprier le succès de ce gosse ayant grandi entre Bellevue et Kinguélé. 

Tokyo Yabangoye 




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