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Reportage. Jacqueville : La renaissance d’une cité balnéaire

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Il est 9 heures, quand nous franchissions ce vendredi 12février, l’entrée de Jacqueville, agglomération urbaine distante de 60 km d’Abidjan, dans la région des Grands Ponts. Le vent frais de la brise de mer nous accueille comme pour nous souhaiter la bienvenue. Les populations vaquent paisiblement à leurs occupations. Dans les rues, le vrombissement des moteurs des taxis-motos anime quelque peu la ville. Remorqué à l’arrière de l’un de ces engins, nous nous rendons à la gare routière, au quartier commerce. Là, contrairement à l’entrée de la ville, il règne plutôt une chaude ambiance, pareille à celle de toutes les gares du pays. Six ans après la construction et la mise en service du Pont Philippe Grégoire Yacé, ex figure politique nationale de premier plan, originaire du département, Jacqueville a comme pleinement renoué avec le progrès. Lequel est partout perceptible, conférant par ce fait même, une véritable renaissance que reconnaissent et saluent ses populations.

Le tourisme premier trait caractéristique de la localité qui s’impose à tous ceux qui arrivent pour la première fois, est en plein essor, ainsi que l’atteste, la croissance qu’a amorcée le secteur. D’une centaine de visiteurs par week-end, les touristes se comptent aujourd’hui par milliers. Conséquence : la ville a enregistré la construction de nouveaux réceptifs hôteliers, dont des hôtels 3 étoiles notamment le grand Roi, Prunnel, Djack Hôtel. Des établissements qui font aujourd’hui la fierté de Jacqueville et qui n’ont rien à envier à ceux de Grand-Bassam. « Le nombre de touristes que nous recevions a triplé. Surtout que plusieurs d’entre-eux ont peur d’aller à Grand-Bassam, à cause de l’attentat terroriste que cette autre cité balnéaire a connu en 2016 », révèle Miss Angbandji Nicole, gérante de la plage Océan Beach. En plus de ces nouveaux complexes hôteliers, de très beaux espaces de divertissements ont été aménagés tout au long de la voie menant à Jacqueville et traversant les villages de Sassoko Begnigni, Vagou, Abrebi, Akrou, Andoumangban. D’une vingtaine avant l’inauguration du pont, ils sont aujourd’hui une centaine s’étendant sur environ 15 kilomètres. Avec des noms aussi accrocheurs comme la Baie des Romances, le By Stingo et Songon Park, situé à 1 Km du Pont après le Carrefour Jacqueville.

L’immobilier aussi

Jacqueville vit aussi un boom immobilier sans précédent. La cité balnéaire est en chantier. Des habitations arborant de belles architectures sortent de terre chaque jour. Et la mairie est tout aussi quotidiennement à pied d’œuvre pour lotir des terrains et viabiliser de nouvelles zones d’habitation. « Avec le Pont, nombre d’opérateurs économiques ont investi dans l’immobilier. La ville s’étend progressivement. Des particuliers et des sociétés privées sont en train de construire à la Cité Sicor, Sodepalme, au quartier millionnaire », explique Kouakou Koffi Camille, responsable de chantier rencontré sur un site de construction, à la Cité Iles vertes.

Outre la relance du tourisme, le développement de l’hôtellerie et de l’immobilier, bien d’autres retombées émanent de la construction de ce pont. En effet, jadis d’accès difficile et quelquefois risqué, imputable aux fastidieuses attentes du bac, la ville est à ce jour aisément accessible à tous. « C’est vraiment un ouf de soulagement. Avant, Il fallait se lever tôt pour se rendre à Jacqueville. Car, à partir d’une certaine heure, le bac arrêtait de circuler. Son attente était parfois longue à cause des pannes récurrentes. Les soirs, nous étions obligés de vite rentrer. Mais, aujourd’hui, avec le Pont, nous arrivons facilement à rentrer et sortir même tard dans la nuit », se réjoui Angoua Patrice, un abidjanais qui travaille dans cette ville depuis 2004. Une facilité qui a conduit plusieurs fonctionnaires en service dans la capitale économique, à élire domicile à Jacqueville. Bony Isidore, président des jeunes du village d’Avagou, estime que les changements apportés par le Pont sont multiples et variés. « Notre ville n’est plus enclavée comme par le passé. Le trafic y est plus fréquent. Et nous arrivons à transporter facilement nos produits agricoles, avec en prime la noix de coco et l’huile de palme. En plus, la population a augmenté du fait du grand nombre de personnes qui viennent y travailler », explique- t-il. Les activités commerciales, ainsi que certains métiers ne sont pas en reste. « Aujourd’hui, beaucoup de quincailleries, de ferronneries et de magasins de ciments s’installent à travers la ville», fait remarquer Moussa Kambiré, un burkinabé qui y réside depuis 1988.

Une nouvelle station d’essence offre désormais ses services aux automobilistes. Notamment les transporteurs, qui s’en réjouissent pleinement du reste. « Avant le pont, il y avait une seule station-service pour toute la ville. L’attente était longue. Et quand la station manquait de carburant, il fallait patienter 1 à 2 jours, pour pouvoir s’approvisionner à nouveau. Cela ralentissait nos activités et causait beaucoup de difficultés aux populations. Mais aujourd’hui, avec cette nouvelle station, le temps mis pour être servi s’est réduit », confie tout heureux Sermé Yaya, chauffeur de taxi.

On le voit, après être restée pendant de longues décennies à l’état projet, la construction effective du Pont de Jacqueville, suscite une véritable métamorphose de cette cité balnéaire. Un vieux projet dont des générations avaient vivement souhaité voir la réalisation et qui aujourd’hui marque la redynamisation de son développement.

Boubakar Barry




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