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Côte d’Ivoire .Bouaké. Licenciement massif à la Mairie

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Les agents de la Mairie de Bouaké ont lancé un mouvement de protestation vendredi 16 avril 2021. Au programme, ils avaient un meeting et un sit-in à tenir au sein de l’institution communale. Mais avant qu’ils n'aient accès aux locaux, situés à Trainou, jouxtant la voie principale (A3), la police avait bouclé les lieux. Tous les accès à la Mairie bouclés et l’entrée principale assiégée par les hommes du contrôleur général, Kouyaté Youssouf.

Mécontents, les agents municipaux ont pris possession de la voie principale, la A3, qui traverse la ville, obligeant ainsi les camions, véhicules de transport, motos etc, à faire un long détour pour sortir ou rentrer dans la ville. Sur place, nous avons interrogé leur porte-parole. À l’origine de ce débrayage des agents municipaux, 122 agents retenus pour un "dégraissage" de l’effectif qui a atteint aujourd’hui 964 employés.

Licencier d'abord les responsables du sur-effectif 


Koné Oumar, porte-parole du collectif des syndicats de la Mairie de Bouaké protesté : « Nous avons signifié au Maire que pour qu’il y ait régression ou diminution de l’effectif, cela doit commencer par les responsables administratifs. Notamment le directeur des ressources humaines (DRH), le directeur des affaires financières (DAF) et le secrétaire général (SG). Pour nous, la défaillance de la Mairie vient de ces responsables », a pesté Koné Oumar qui a expliqué que, de 600 agents il y a seulement sept ans, la Mairie de Bouaké se retrouve aujourd’hui à près de 1 000 agents. Et il soutient que des embauches sont faites sans tenir compte des besoins de la Mairie.

Selon lui, il ne sont aucunement contre le premier magistrat de Bouaké mais c’est le système qu’ils combattent. Au niveau des recettes municipales, il soutient que la régie financière de la commune peut facilement faire une recette annuelle de 3 à 4 milliards de francs CFA sans problème s’il n’y a pas de déperdition, contre pratiquement 1,5 milliards actuellement.


Licenciement inévitable 



Après une rencontre de plus deux heures avec le maire, les différents directeurs et le représentant du préfet de région, le premier magistrat Nicolas Djibo a animé une conférence de presse pour expliquer la situation. Selon lui, les travailleurs doivent reprendre le service parce que cette décision n’émane pas de lui. « Ce sont des injonctions reçues de la tutelle… La direction générale du Trésor nous a demandé de réduire notre masse salariale, ce n’est pas une décision qui sort de mon chapeau » s’est défendu le maire de Bouaké. Et de donner les conditions de ce licenciement en masse. qui se fera sur trois critères. Un : tous les agents en situation sanitaire précaire et permanente. Deux : tous les agents absents ou non réguliers au travail. Trois : les agents ayant un rendement en baisse et les agents ne donnant pas suffisamment de satisfaction en termes de rendement et d’efficacité (agents improductifs). Pour conclure, le maire de Bouaké a été on ne peut plus clair, « ils auraient fait grève durant six mois, cette mesure va s’appliquer », conclut Nicolas Djibo.


Koffi Koffi


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