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Procès de la crise post-électorale de 2010-2011:Le récit de la «terreur» et de la «cruauté»

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Le Jeudi 08 Avril 2021, s’est tenue la 6e audience du procès de l’ex chef de guerre Amadé Ouremi, présumé coupable des massacres du quartier Carrefour Duékoué, occasionnant la mort de 817 personnes lors de la crise post-électorale de 2010-2011.

Le procès a débuté à 15h18 mn par la présentation des témoins qui étaient au nombre de 53 hommes, 2 femmes dont une mineure).

La série de témoignages a débuté par Dame Jeanne Tehouli, ménagère domiciliée à Duékoué. Elle a précisé connaître l’accusé depuis 2005 dans le village de Gbagohouo où ce dernier vivait avec son beau-frère et travaillait pour le compte de son oncle. Cependant, le refus de ce dernier d’accéder à la demande d’Amadé consistant à lui vendre une part de forêt, l’a exposé à des représailles nonobstant sa proposition de procéder à un travail partagé. Par idée de vengeance, celui-ci est revenu sur les lieux des discussions le même soir aux environs de 23 heures et à l’aide de sa troupe, les deux enfants de son beau-frère mais aussi toutes les personnes présentes au village ont été tuées. Elle a pu s’échapper en regagnant la brousse puis le quartier carrefour de Duekoué. Elle ajoute avoir aperçu Amadé en 2011 dans ledit quartier pendant les attaques en compagnie de ses hommes. Ils se seraient mis à tirer partout. Lors de sa fuite avec son mari, ils ont été pris pour cible. Amadé a accusé ce dernier d’être un militaire à la solde de M. Laurent Gbagbo, ce que son mari a réfuté avant d’être abattu à bout portant d’une balle en pleine poitrine. L’arme utilisée était une kalachnikov. Ils ont ensuite tiré sur elle même sa main, la détachant presque de son poignet à la suite de quoi M. Amadé aurait tenu ces propos : « Duékoué ici, on va semer maïs ».

A la suite du témoignage de Dame Jeanne Tehouli , intervint celui d’une mineure assistée qui s’exprimait par le biais de son père sous réserve de l’application de l’article 323 alinéa 7 du Code de procédure pénale. Il en ressort la mère de la minuere a été abattue près d’elle et qu’elle même a reçu des balles lors de cet assaut. Faisant face à l’assemblée, le témoin a ôté son bonnet et présenté, à l’invitation du Parquet, la trace d’une blessure à l’arrière du crâne qui résulterait de la décharge qu’elles auraient reçu, sa mère et elle. Sa mère n’ayant pas pu supporter cette décharge succomba sur le coup. Le père précise que trois plombs ont été extraits de la tête de la fillette et un dans le bras. Cette dernière n’avait que 5 ans au moment des faits.

Cette série de témoignages s’est conclue par M.Blé. Ce dernier a soutenu avoir reçu des coups de machette dans le dos suivis de deux balles qui se sont logées dans sa colonne vertébrale, l’empêchant ainsi de marcher correctement. Il ne peut se déplacer qu’à l’aide de sa béquille. Selon ses propos, il s’était rendu à Duékoué sous l’injonction de sa mère pensant y trouver refuge. Cette dernière a été tuée par balle lors de l’attaque du quartier carrefour de Duékoué. Le témoin a produit à la suite de sa déposition des photos le présentant alité et recevant des soins.

Le procureur prenant la parole après chaque témoignage, a montré deux photos aux témoins afin d’identifier Amadé et si possible quelques-uns de ses éléments. Les témoins l’ont reconnu sur les photographies présentées ainsi que son “bras droit”, surnommé ˝Rougeő. Interpellé sur les mêmes faits, l’accusé déclare y figurer de même que Rougeo qui serait un élément de Ouattara Karamoko dit « Coul ».

Tous les témoins se sont constitués partie civile et ont réclamé des sommes allant de 40 à 100 millions de francs CFA à titre de dommage et intérêts.

L’avocate de M. Amadé à sollicité auprès du juge-Président d'audience, le juge Bini lors de son intervention , la présence de toutes les personnes citées par son client afin qu’elles puissent comparaître pour la manifestation de la vérité, également situer les responsabilités afin que l’accusé ne se sente pas acculé et accablé du fait de sa nationalité Burkinabé et de son faible niveau d'éducation.

L’audience a été renvoyée au mercredi 14 Avril 2021 pour plaidoirie et réquisition.

L’OIDH félicite le tribunal pour la précision et la fermeté avec laquelle le juge Bini et son équipe mènent cette affaire qui pourrait s’inscrire dans le cadre d’une longue série de procès afin de rendre justice à toutes les victimes de la crise post-électorale, sans exception aucune.

Cependant, l’OIDH a constaté le manque de médiatisation de ce procès qui pourtant présente un intérêt national et dont la conclusion pourrait définitivement s’inscrire dans le cadre de la lutte contre l'impunité et la manifestation de la vérité, pas importants d’une réconciliation vraie entre les peuples de Côte d’Ivoire.

L’OIDH pousse plus loin la réflexion en posant la question de la compétence du Tribunal de Grande Instance d’Abidjan plateau en ce qui concerne les différents crimes imputés à l’accusé, notamment pour le crime de génocide.

L’OIDH exhorte le gouvernement ainsi que le ministère de la justice à prendre toutes les dispositions nécessaires pour que la vérité soit dite et connue de tous mais aussi afin que justice soit faite.

Sercom OIDH




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