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Politique

CPI. Gbagbo et Blé Goudé sauvés par les failles du procès

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Ils sont désormais pleinement libres. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont, en effet, été définitivement acquittés par la Cour pénale internationale (CPI) à l’issue d’une audience qui s’est tenue le mercredi 31 mars 2021 devant la Chambre d’appel. Dans l’arrêt qu’il a prononcé, le président de cette Chambre, le juge nigérian Chile Obeo-Osuji, a insisté sur les insuffisances criantes de l’argumentaire de la procureure de la CPI, Fatou Bensouda. Il a également pointé la faiblesse des preuves qu’elle a exposées durant toute la procédure judiciaire.

La procédure aura été, en effet, mal cousue, mal ficelée. Et c’est peu dire. De fait, le procès a péché en bien des aspects. D’abord, par l’axe choisi par la procureure pour démontrer la responsabilité des deux accusés dans les tueries perpétrées lors de la crise postélectorale de 2010-2011. Fatou Bensouda semble avoir loupé son angle d’attaque. Elle a tantôt parlé de co-auteur, tantôt de « plan commun », qu’elle a eu de la peine à démontrer.

Pour soutenir son argumentaire, la procureure a misé sur des faits, qui sont apparus, au fil du procès, peu pertinents pour soutenir la thèse de l’implication des deux accusés dans la commission des crimes à eux reprochés. Résultat : elle a eu beaucoup de mal à agencer des éléments de preuve de façon à démontrer la responsabilité de Gbagbo et Blé Goudé dans les tueries survenues lors des événements qu’elles a mis en avant. Il s’agit, entre autres, des tueries des femmes à Abobo, des affrontements dans les alentours de l’Hôtel du Golf, au tout début de la crise postélectorale. L’incapacité de la procureure à montrer la pertinence de ces faits a fait dire que la procédure a été conduite de façon précipitée voire chaotique.


Les carences du Bureau du procureur

L’autre faiblesse manifeste, c’est la pertinence des témoins sélectionnés par l’accusation. A l’évidence, les témoins présentés à la barre par la procureure ont été mal choisis. On pourrait même parler de mauvais casting. Durant le procès, l’on a, en effet, vu certains témoins ramer à contre-courant de la logique d’accusation dans laquelle devrait s’inscrire leur audition. C’est notamment le cas des officiers supérieurs de l’armée, dont les témoignages, loin d’appuyer la thèse défendue par le substitut du procureur Eric Mc Donald, l’ont contrariée au point de la brouiller. Ce qui a du reste amené celui-ci à parler de « témoin hostile ».

Une autre faille de ce procès et non des moindres, aura été le manque de consistance de certains éléments de preuve présentés par Fatou Bensouda pour soutenir sa thèse. Des vidéos, des documents tels que le cahier où sont consignées les entrées et sorties à la résidence privée de Gbagbo à Cocody, ont montré leurs limites. Leur inconsistance a été mise à nu par la défense. Par ailleurs, certains experts appelés à procéder à des analyses scientifiques, censées, sinon soutenir du moins étayer la thèse de la procureure, ont au contraire donné des avis qui ont mis à mal la cohérence de l’argumentaire de l’accusation. Autant d’insuffisances qui ont conduit la Chambre de première instance à conclure à « une extrême faiblesse des preuves » et partant à prononcer l’acquittement des accusés le 15 janvier 2019.

A toutes ces insuffisances, il faut ajouter l’incapacité déroutante de Fatou Bensouda à construire une démarche argumentaire qui puisse convaincre les juges de la Chambre d’appel. A en croire l’arrêt rendu par le président de cette Chambre, elle n’a pas été en mesure de faire tomber les certitudes des juges de ladite Chambre, faute d’arguments pertinents voire percutants. « Les arguments présentés par la procureure n’ont pas été convaincants », « La Chambre d’appel estime que ces allégations sont d’ordre purement spéculatif »., a martelé le juge Chile Obeo-Osuji. Des propos qui tendent à mettre à nu les carences de la procureure, notamment son inaptitude à bâtir une méthodologie cohérente en vue de convaincre son vis-à-vis.

Karine Koré






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