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Politique

Crise postélectorale de 2011: Les premiers ratés du procès d’Amadé Ouérémi

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Ouvert le mercredi 24 mars 2021, le procès de l’ex-homme fort du mont Peko, Amadé Ouérémi, s’est poursuivi le jour suivant, jeudi 25 mars. Il devrait reprendre cette semaine. D’ici là, les ratés constatés lors des deux premières journées d’audience auront-ils été corrigés ? Rien n’est moins sûr.

Quelques fausses notes ont été, en effet, relevées lors des deux premières journées d’audience. D’abord, le fait de n’avoir pas prévu de traducteur ayant une bonne maîtrise de la langue maternelle d’Amadé Ouérémi, le moré. Une telle disposition aurait peut-être permis à l’accusé d’exprimer, dans toute sa plénitude, ses pensées et partant de mieux toucher ou convaincre ceux qui vont décider de son sort. Or, en l’absence d’un traducteur, il était contraint de faire passer son message dans un petit-nègre. Il avait visiblement des difficultés pour comprendre ce que lui disait le président du tribunal, lequel était obligé de revenir à un niveau familier de langage pour que l’accusé saisisse ses propos. Ce qui pourrait jouer contre celui-ci quant à l’issue du procès.

L’autre raté noté lors des deux premières journées d’audience, c’est le traitement subi par les témoins. Transportés à Abidjan pour ce procès, ils ont témoigné à visage découvert, avec le risque d’être pris à partie demain par des ex-éléments et autres proches d’Amadé Ouérémi. Certains ont dit être originaires du village de Bagohouo où résidait l’accusé. Le fait de témoigner sans un minimum de protection pourrait les exposer à d’éventuelles représailles. Par ailleurs, durant tout le temps qu’a duré chaque journée d’audience, ces témoins n’ont pas eu droit à une collation, pas même à de l’eau. Ce qui a dû les éprouver durant cette première partie du procès.

Une autre inquiétude, qui pourrait passer pour un raté si des clarifications ne sont pas apportées d’ici là, c’est l’absence, au procès, des ex-chefs de guerre pointés du doigt par Amadé Ouérémi. Rien ne semble indiquer qu’ils pourraient être amenés à comparaître, ne serait-ce que pour les mettre en confrontation avec l’accusé. En effet, à aucun moment, le président du tribunal n’a donné l’impression qu’il pourrait être amené à les appeler à la barre. Tout au plus s’est-il contenté de dire que ceux-ci nient, dans l’arrêt de renvoi, les faits que l’accusé leur impute. Or, tout au long de ces deux journées d’audience, Amadé Ouérémi n’a cessé de mettre en cause l’ex-com’zone, Losseni Fofana alias Loss et un certain Coulibaly dit « Coul », qui régnait à l’époque sur Kouibly. Comment savoir s’il dit vrai ou faux, si les mis en cause ne sont pas appelés à la barre pour lui porter la contradiction ?

Karine Koré


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