Un décret interdisant les nuisances sonores a été adopté il y a quatre ans par le gouvernement. Il s’agit du décret N°2016-791 du 12 octobre 2016, portant réglementation des émissions de bruits de voisinage. Malheureusement, force est de constater que cette loi n’est pas respectée par les populations. A Yopougon, dans un quartier populaire réputé pour son ambiance, cette situation trouble le sommeil et la quiétude de nombreux habitants, en longueur de journée et parfois même les nuits.
« C’est insupportable. Nous n’arrivons pas à dormir à cause de la musique jouée par un maquis situé juste en face de notre habitation à quelques mètres de la rue princesse. Les soirs, les enfants n’arrivent pas à étudier. Notre sommeil est perturbé et nous nous réveillons tous fatigués avec des courbatures, comme si l’on nous avait roué de coups à la veille. Actuellement, nous cherchons une maison pour quitter le quartier », nous dit Zogbé Patricia, une habitante de Yopougon Selmer.
Au quartier Ananeraie, M. Cissé Ahmed vit aussi une situation tout aussi difficile. « Il y a un espace de vente de viande de brousse situé juste derrière ma maison. En plus des bruits de leurs clients, des chansons des groupes de musique qui y passent et de leur fumée qui se propage dans ma maison, la cendre de ce maquis plein air, sali mon balcon et mes fenêtres. Pour réduire les effets de cette saleté dans ma chambre, je suis obligé de la fermer toute la journée. J’ai porté plainte à la police à deux reprises et j’ai même appelé plusieurs fois le numéro vert des services du ministère de la salubrité en charge des pollutions sonores. Mais toutes ces démarches sont restées sans suite », explique-t-il.
Hormis Yopougon et les autres communes populaires du district autonome d’Abidjan, de nombreux habitants de certains quartiers de la commune huppée de Cocody, sont aussi touchés par ces nuisances sonores. A Cocody Angré 7e tranche, la famille Barry a vécu un véritable enfer en la matière récemment.
« C’était vraiment infernal. Il y a quelques mois de cela, nous n’arrivions pas à nous reposer à cause des bruits des machines produits par une entreprise de communication spécialisée dans la confection de panneaux publicitaires, pratiquement contiguë à ma maison. J’étais obligée de faire ma sieste les après-midis dans les couloirs de ma maison, pour ne pas recevoir les bruits assourdissants de leurs machines. Mon mari avait du mal à se reposer lorsqu’il revenait du boulot et les enfants n’arrivaient pas à se concentrer pour étudier les soirs. Car cette entreprise travaillait quelques fois jusqu’à 19 heures voir 20 heures. Après maintes plaintes à la Police, à la brigade de lutte contre les nuisances sonores et à la gendarmerie, l’entreprise en question a été tenue d’arrêter ces nuisances. Et elle respecte honnêtement cette injonction des autorités bien qu’elle soit toujours là. Nous avions entretemps, intenté un procès contre elle. Au cours du procès qui a été ouvert récemment, le juge en charge de l’affaire a demandé aux deux avocats, mon avocat et celui de l’entreprise, de trouver un consensus pour un dénouement heureux de ce conflit. La décision du juge devrait normalement tomber lundi dernier mais jusqu’à ce jour, nous n’avons aucune information. Donc, on attend toujours », révèle Mme Barry.
Boubacar Barry
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
Côte d’Ivoire - Vacances. Un tournoi de football pour occuper sainement jeunes filles et jeunes garçons
-
Orpaillage en Côte d’Ivoire : légal ou clandestin, 9 questions pour tout comprendre
-
Côte d’Ivoire - Incendie. 55 autobus de la SOTRA endommagés, dont 40 entièrement calcinés
-
Côte d’Ivoire.Et si les Wê racontaient enfin leurs propres héros ?
-
22 morts, bilan provisoire après un incendie lors d’un mariage à Kinshasa (bourgmestre)
-
Côte d’Ivoire. Dispute conjugale, colère et coup de couteau mortel
-
Gabon.Le gouvernement et le Ndjobi : la maison de toutes les consciences
-
États-Unis : un Sénégalais soutire 1 milliard F CFA à 11 investisseurs pour une vie luxueuse et des cadeaux à deux anciens ministres de Macky Sall
-
Côte d’Ivoire. Prix d’achat du café et du cacao : Bruno Koné répond aux acteurs mécontents
-
Côte d'Ivoire - Social . Des anciens de Bingerville solidaires de l’hôpital psychiatrique
-
Côte d’Ivoire. Quatre éléphants jouent à cache-cache avec les habitants de Gbangoualé (Biankouma)
-
Côte d’Ivoire - Football : Seul candidat à la présidence de la Fédération, Yacine Idriss Diallo promet d d’augmenter les subvention des clubs
-
Au nord de la Côte d’Ivoire (4/4). Fête de l’initiation à Ponvogo
-
L’enquête du jeudi. Côte d’Ivoire - Rentrée scolaire 2026-2027 : les parents d’élèves traînent encore les pas(2-2)
-
L’enquête du jeudi. Côte d’Ivoire - Rentrée scolaire 2026-2027 : (1-2) le casse-tête des manuels scolaires qui changent chaque année
-
Côte d’Ivoire - Campagne 2026-2027 : le prix du kg du café fixé à 1300 F CFA et celui du cacao maintenu à 1200 F CFA
-
Côte d’Ivoire. 60 ans du lycée Ernest Boka : l’avenir des élèves au cœur de la célébration
-
Pollution, dégradation des sols… Abou Bamba tire la sonnette d’alarme sur l’orpaillage illégal
-
Au nord de la Côte d’Ivoire (2/4). Le Parc national de la Comoé
-
Côte d’Ivoire. Cacaoculture : Dominique Ouattara en campagne contre le travail des enfants
-
Côte d’Ivoire. Insalubrité : Quand les habitants jettent les ordures dans les caniveaux et les canaux d’évacuation des eaux
-
Côte d’Ivoire. Bruno Koné alerte sur l’orpaillage illégal qui menace les terres agricoles
-
Côte d’Ivoire - Accident : Cinq morts après la sortie de route d’un car
-
Au nord de la Côte d’Ivoire (1/4), sur la route de Kong
-
Côte d’Ivoire - Ligne 2 du Métro d’Abidjan : l’attribution du marché annulée
-
Côte d’Ivoire - Hommages à Philippe Cowppli-Bony : le PDCI organise les obsèques de son ancien président honoraire
-
Tentative de déstabilisation à Niamey : l’AES condamne la mutinerie à Niamey et réaffirme son soutien aux autorités nigériennes
-
Côte d’Ivoire - Mali. Détente : les deux pays adoptent le tracé définitif de leur frontière
-
Côte d’Ivoire .Les efforts du gouvernement ont permis de doubler la production vivrière
-
On récolte ce qu’on sème
-





