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Politique

Mes vérités du 10 octobre 2020 :Allons aux urnes !

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Des leaders de l’opposition se retrouveront, aujourd’hui, au stade Félix Houphouët-Boigny pour, disent-ils, dénoncer la dictature des tenants actuel du pouvoir, dire non à un autre mandat du Président Ouattara qui, selon eux, ne cadre pas avec la Constitution qui proscrit un troisième mandat. Ils disent aussi qu’ils veulent qu’on reporte la présidentielle dont la date est pourtant fixée par la Constitution. Selon la Loi fondamentale de notre pays, elle a lieu le dernier samedi du mois d’octobre de la cinquième année du mandat du Président sortant. Passons ensemble en revue les revendications de ces leaders qui ont développé un impressionnant talent dans la pratique de la mauvaise foi qui est la chose la mieux partagée dans le conglomérat qu’ils ont créé.

C’est quand même formidable la dictature sous laquelle l’on vit en Côte d’Ivoire. On peut se permettre de traiter sur la place publique les autorités ‘’d’idiots’’ sans qu’il y ait des représailles. On peut appeler à la désobéissance civile. On peut barrer les routes avec des troncs d’arbre. On peut incendier un commissariat, des bus. On peut pourchasser et blesser un commissaire de police. On peut, quand on le veut, appeler ouvertement à une insurrection, en disant qu’à partir du 10 octobre, on aura un tsunami qui va balayer le pouvoir en place. Tout cela, on peut le faire ‘’et puis y a rien, ça va pas quelque part’’, pour parler trivialement. Et là, nous vivons sous une dictature ! Belle dictature où le pouvoir autorise les manifestations des leaders de l’opposition qui viennent tout peinards insulter et appeler une nouvelle fois à l’insurrection. Comme il est bon de vivre sous une telle dictature ! Que tous ceux qui suivre béatement ces leaders de l’opposition se renseignent bien sur ce qu’on appelle vivre sous une dictature. Ils comprendront vite que nous sommes en plein dans la démocratie, avec une liberté d’expression et de circulation garanties. Un chauffeur de taxi nous disait il n’y a pas longtemps que certains Ivoiriens ignorent ‘’bêtement’’ le bonheur dans lequel ils nagent. ‘’Vous avez un pays où on peut tout faire. Il n’y pas de restrictions de liberté. Des fois, j’ai l’impression que vos autorités laissent trop faire’’. Et il a raison, ce ressortissant d’un pays de la Cedeao qui est tombé sous le charme de la Côte d’Ivoire redevenue une terre fertile, comme du temps de Félix Houphouët-Boigny.

Sur le mandat que sollicite le Président sortant, il est bon d’arrêter cette politique de mauvaise foi. Tous savaient qu’en changeant la Constitution de 2000, tous les compteurs étaient remis à zéro. Ils sont nombreux les leaders de l’opposition qui l’ont affirmé. Le Conseil constitutionnel s’est prononcé. En bon démocrates qu’ils prétendre être, ils doivent respecter cette décision et se préparer plutôt à aller aux élections. Ils savent tous qu’il y a des règles et que le seul juge, c’est le Conseil constitutionnel. Ce n’est pas la première fois que cet organe statue sur les candidatures à la présidentielle. En 1995, sur six candidats, le Conseil dirigé par Noël Nemin en a retenu 2 : Henri Konan Bédié et Francis Vangah Wodié. Soumah Yadi du parti Libéral de Côte d’Ivoire, Amadou Koné de l’Union nationale pour la démocratie, Agui Zadi Dieudonné, indépendant et Kouassi Philibert ont été recalés. Qui pour n’avoir pas la liste des 5000 signatures d’électeurs exigées, qui pour n’avoir pas apporté la preuve de sa démission de l’Union des sociaux-démocrates et qui pour n’avoir fourni aucun document au Conseil constitutionnel. En 2000, plusieurs candidatures ont été rejetées. Comme on le voit, des candidats peuvent être recalés pour non-conformité aux règles en vigueur. En 1995, Soumah Yadi n’avait pas fourni sa liste de parrainage, il a été écarté.

Concernant le report, nous avons retrouvé un très beau texte de Pascal Affi N’Guessan, alors Premier ministre de Laurent Gbagbo. En réponse à une demande de partis de l’opposition, en novembre 2000, qui voulaient le report des législatives, Affi N’Guessan a dit ceci : ‘’ Nous n'allons pas reporter cette élection d'une semaine, d'un jour, d'une heure, encore moins d'une seule seconde. Il faut respecter la Constitution et la décision du Conseil constitutionnel. C’est l'organe suprême de la justice dans notre pays. Et la décision n'est susceptible d'aucun recours.". Dont acte ! Allons aux donc urnes parce que la présidentielle aura lieu le 31 octobre. Merci à tous pour votre compréhension.

Etienne Aboua 




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