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Internationale

Dalein Diallo et ses camarades pourront-ils faire mordre la poussière à Condé ?

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La campagne électorale pour la présidentielle du 18 octobre a pris son envol le 19 septembre dernier en Guinée. Douze candidats sont dans les starting-blocks, au nombre desquels le président sortant, Alpha Condé dont la candidature continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive et à qui les onze autres candidats ont promis de faire mordre la poussière. Et pour ce faire, l’opposant emblématique, Cellou Dalein Diallo, et ses camarades ont mis en place un collectif dénommé, le collectif des candidats pour l’alternance (CCA). A priori, ce regroupement d’opposants est à saluer car, comme le dit l’adage, « l’union fait la force ». Alpha Condé n’a pas tripatouillé la Constitution guinéenne pour faire de la figuration à cette présidentielle. C’est dire si les opposants ont vu juste en mutualisant leurs moyens et leurs stratégies. Pour autant, Cela sera-t-il suffisant pour chasser le fils de Boké du palais « Sékoutoureya » ? Rien n’est moins sûr. Car, en plus de bénéficier de la prime au sortant, Condé dispose de tous les moyens de l’Etat. A cela s’ajoute le vote ethnique qui, quoi que l’on dise, est une réalité en Guinée, sans oublier l’achat des consciences, cet autre jeu favori des dictateurs africains, qui leur permet de remporter les élections sans coup férir. C’est dire s’il en faudra plus à l’opposition pour faire mordre la poussière à Condé. La tâche est d’autant plus complexe pour le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, et ses dix mousquetaires que Condé s’est fait tailler un fichier électoral à sa mesure. Or, on le sait, sous nos tropiques, celui qui maîtrise le fichier électoral, est maître des élections. Autant dire que l’opposition risque de n’avoir que ses yeux pour pleurer. En tout cas, sauf cataclysme, Condé prendra son *naam haut la main. Faut-il donc faire le requiem de l’alternance en Guinée ? L’histoire nous enseigne que non.

Il faut interpeller la classe politique guinéenne à plus de responsabilité

C’est vrai que comparaison n’est pas raison, mais si un Yahya Jammeh a pu perdre des élections qu’il avait pourtant organisées à sa convenance, c’est que le miracle est aussi possible en Guinée. Cela dit, en attendant de connaître le verdict des urnes au soir du 18 octobre, force est de constater que cette présidentielle cristallise toutes les tensions au pays de Lansana Conté. C’est d’autant plus vrai qu’en plus de l’opposition, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) est aussi vent debout contre le troisième mandat de Alpha Condé. Ce mouvement de contestation populaire qui entend reprendre du service le 29 septembre prochain, pourrait contribuer à déjouer les plans de Condé. En tout cas, une synergie d’actions entre le FNDC et le CCA pourrait donner des insomnies au locataire du palais Sékoutoureya. Et l’on peut craindre qu’il pleuve sur Conakry. Ce n’est un secret pour personne que la Guinée est coutumière des violences et tout porte à croire qu’on ramassera immanquablement encore des macchabées au cours de cette campagne qui vient de prendre son envol. On est d’autant plus pessimiste que depuis l’ère Condé, aucune campagne électorale ne s’est achevée sans mort d’homme. Et ce n’est certainement pas à l’occasion de cette élection vivement contestée par une bonne partie des Guinéens, que l’on pourra vaincre le signe indien. En tout état de cause, il faut interpeller la classe politique guinéenne à plus de responsabilité. Car, le sang a trop coulé et il est temps d’y mettre fin. Condé qui tient, contre vents et marées, à briguer un troisième mandat, a tout intérêt à calmer les ardeurs de ses partisans et à inviter la soldatesque qui a la gâchette facile, à rester républicaine. Toujours est-il que le gouvernement guinéen gagnerait à organiser une campagne électorale civilisée. Il y va de sa crédibilité. Malheureusement, on a le sentiment qu’il cherche plutôt à ruser. La récente prorogation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’à la veille des votes, qui interdit tout rassemblement de plus de 100 personnes, est illustratif à cet égard. Condé devrait travailler à préserver la paix et non plutôt chercher à brûler le pays sur l’autel de ses intérêts personnels.

Dabadi ZOUMBARA

*Naam : expression en langue mooré pour désigner le pouvoir


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