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Côte d’Ivoire : A la découverte de Niagara

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À l’origine, Niakara fut un petit village fondé vers le 18 ème siècle par Silué Gnêkêrê, chef guerrier venu de Kong après la décadence de cet empire. Cette localité (Niakara) portait jadis la dénomination ” Gnêkêrêkaha “, en langue locale ” village de Gnêkêrê “, le nom du fondateur.

Par la suite, cette appellation subit une transformation linguistique et devint Niakaramandougou, ” dougou” signifiant village, du fait de l’influence Malinké et de l’islam.

Ce hameau se transforma au fur et à mesure en village, en bourg puis en petite ville. Les colons français, notamment les missionnaires catholiques, ne purent hélas résister longtemps à l’attrait de cette petite ville. Des lors, Niakara connut une expansion remarquable à telle enseigne qu’elle fut, au lendemain de l’indépendance de la Côte d’ivoire, érigée en Sous-préfecture le 31 janvier 1961, puis en commune de plein exercice en 1985.

Aperçu physique et géographique

Le département de Niakara est limité à l’Est par le division territoriale de Dabakala, à l’Ouest par les départements de Korhogo et Dikodougou (région du Poro), au Sud-ouest par celui de Mankono (région de Béré), au Sud par le département de Katiola et au Nord par les départements de Sinématiali (région de Poro) et de Ferkessédougou (région du Tchologo)..

Le relief du département de Niakara est assez monotone, presque horizontal avec des formes très peu marquées : alternance de croupes convexes-concaves et de zones basses dépressionnaires. Les collines de quelque importance sont quasiment absentes sauf le Mont Niangbo, remarquable butte témoin qui culmine à 700 mètres, dominant de plus de 350 mètres la pénéplaine environnante.

Quant à la végétation, elle présente un sol couvert de savane arbustive, hormis les galeries forestières le long des cours d’eau surtout à Niangbo, à Kiohan en passant par Loho sans oublier les quelques forêts sacrées. Quelques îlots de forêts subsistent particulièrement dans la région Ouest de l’autre côté du fleuve Bandama. Cependant, la décennie de crise militaro-politique a induit des changements dus à l’exploitation abusive des produits ligneux, à la déforestation, à la transhumance des animaux d’élevage, à l’occupation anarchique des parcelles villageoises et aux feux de brousse, etc.

Ces maux ont considérablement dégradé le paysage végétal d’autrefois.

Le département de Niakara baigne dans un climat tropical à une saison sèche et une saison pluvieuse , la moyenne des températures oscillant entre 30 et 35⁰.

La division territoriale de Niakara n’est pas vraiment arrosée et ce, en dépit de l’existence de deux fleuves à savoir le N’zi à l’extrême Est, frontière naturelle avec Dabakala, et complètement à l’Ouest avec le Bandama. C’est du côté du village de Kafiné (Sud-ouest de la ville de Niakara) où coule la rivière Nabyon, grâce à laquelle une retenue d’eau (barrage) a été construite par les services de l’État pour, en son temps, arroser les plantations industrielles de cannes à sucre créées au Nord, et qui est aujourd’hui utilisée pour la pêche (Bozo) et la riziculture.

Les populations de ce village qui l’exploitent, produisent d’ailleurs du bon riz très prisé dans la région.

Les caracteristiques humaines 

Niakara a été, au plan ethnographique, le véritable centre Tagbana et aurait compté près de quatre mille (4000) âmes avant l’arrivée de Samory Touré, Katiola n’étant alors qu’un petit village devant son développement au chemin de fer d’une part et à l’implantation de la mission catholique en 1909 d’autre part.

Mais depuis la crise de 2002- 2011, il faut noter l’arrivée massive des Peuhls sans oublier certains sous-groupes Senoufos en quête de terres cultivables et venus essentiellement de Korhogo.

Au plan démographique, le département de Niakara a une population de 134 301 habitants (RGPH 2014) répartis sur une superficie de 6 685 Km² avec une densité moyenne de 27 hbts/ Km².

Niakara, qui comprend 60 villages, est essentiellement peuplé d’autochtones Tagbana et de Sénoufos venus de Korhogo à la recherche de terres cultivables. À ceux-ci s’ajoute une forte communauté étrangère des pays de la sous-région; Peuhls Maliens et Burkinabés, Guinéens, Togolais et Béninois.

Organisation sociale

Chacun des villages du département de Niakara est dirigé par un chef de village désigné par la population suivant le système de succession patrilinéaire. Les chefs de village ainsi désignés ont été nommés par arrêtés préfectoraux.

Le mariage chez les Tagbana occupe une place de choix car, un homme marié, même coutumièrement, est plus considéré qu’un célibataire endurci. Par ailleurs, l’occupation de tel ou tel poste de responsabilité est subordonnée à la situation matrimoniale de l’individu dans sa famille, voire dans son village.

Les us et coutumes, malgré le développement rapide de la localité, corollaire de la situation géographique, opposent une forte résistance au changement à l’image de nombreux interdits et pratiques.

Le système d’éducation est , quant à lui, pratiquement le même dans le Nord, à savoir qu’il est l’affaire du couple. Cependant, quelques nuances y existent et sont basées sur le genre. L’éducation de la fillette appartient à la mère, alors que celle du garçonnet incombe au père.

Les droits sur la terre trouvent leur fondement dans l’occupation du terroir au moment de la guerre de Samory Touré, où chaque grande famille, dans sa fuite avec ses membres, y trouvaient refuge. Une fois le campement créé et la famille installée, le chef du groupe devenait, sans coup férir, propriétaire terrien du nouveau site habité. La succession se faisait par conséquent de père en fils et c’est ce mode d’accès à la terre qui prévaut actuellement, au point où dans le département, étant donné que plusieurs familles s’y étaient retrouvées à cette époque, on y trouve présentement autant de chefs de terre que de grandes familles. Ils font d’ailleurs partie des autorités traditionnelles incontournables dans les différents villages.

Les activités économiques

L’agriculture reste l’activité de la majorité de la population. Les cultures pratiquées sont les suivantes : les cultures vivrières et les cultures de rente.

Les cultures vivrières sont d’introduction ancienne. Ci-après énumérées, ces cultures restent et demeurent les principales denrées cultivées et consommées dans la région : le riz, l’igname, le maïs, le manioc, l’arachide, le mil, le sorgho, le karité (le beurre). Ces cultures, produites en grande quantité, servent pour la plupart à la consommation locale, mais une partie sur les marchés locaux.

En ce qui concerne les cultures de rentes, l’ensemble du département de Niakara, et il faut bien le souligner, est foncièrement caractérisé par la pauvreté. Elle est même devenue aigüe depuis la survenue de la crise. Le coton, la mangue et l’anarcadier constituent les seules cultures de rentes à l’heure actuelle.

L’élevage de façon générale (bovine, ovine et caprine) se trouve entre les mains des Peuhls. Quelques nationaux s’y adonnent, mais cette activité relayée au second plan surtout au niveau des volailles. L’on note heureusement et avec satisfaction, mais de manière isolée et dissimulée, l’élevage porcin et l’aviculture qui prennent de l’importance. Il sont pratiqués par les nationaux et une fine poignée d’étrangers, constat qui, relativement à l’élevage de porcs, trouve son explication au plan spirituel.

Pour ce qui est de l’apiculture, certains jeunes des villages et des communes de Tafiré et Tortiya, ayant reçu une formation idoine, s’y adonnent à telle enseigne qu’il existe en permanence du miel sur les marchés de Niakara.

Quand à la pisciculture, elle n’existe pratiquement pas, nonobstant l’existence de quelques cours d’eau: le Bandama, le N’z et le Nabyon ….pour ne citer que ceux-là.

L’industrie est pratiquement absente dans le département de Niakara, à l’exception de l’unité de production du sucre, SUCAF-CI 2, dans la Sous-préfecture de Badikaha. Il y a tout de même quelques unités de transformation du riz, de maïs, mil, de noix de cajou privées qui y sont implantées.

Le tourisme et l’artisanat, même s’ils ont existé à une époque très récente, sont remis au goût du jour par le Carnaval Kaha par ailleurs le Mont Niangbo et la roche Yeliman (Sepikaha) demeurent des sites touristiques à découvrir..

Grâce à quelques structures techniques d’encadrement, l’on y trouve encore des Organisations professionnelles agricoles (OPA) dans tous le département surtout là où l’on cultive du riz, du coton et l’anacarde.

Quant à leur commercialisation, elle s’effectue depuis 2012 de façon organisée et apaisée.

Situation sociale et politique

La scolarisation a contribué au nivellement social d’autant plus que comme partout ailleurs en Côte d’Ivoire, ce qui explique l’existence de nombreux cadres dans tous les domaines d’activités. L’on note l’existence des écoles primaires dans tous les villages du département à l’exception de quelques hameaux.

Dans le département de Niakara, il existe pour l’instant dix établissements scolaires du secondaire, dont quatre collèges publics ( Badikaha, Pangalakaha, Niédiékaha et Tortiya) et deux lycées publics (Niakara et Tafiré) ainsi que quatre établissements secondaires privés dont deux à Tafiré et autant à Niakara.

Au plan de la santé, il convient de souligner l’existence d’un hôpital Général et médico-scolaire à Niakara-ville , trois Centres de santé urbains (CSU) , un médico social à la SUCAF-CI 2 et des centres de santé ruraux (CSR) et autres dispensaires dans plusieurs villages fonctionnels et relativement fréquentés . Mais de nouvelles structures sanitaires sont en cours de construction. .

Le paysage politique dans le département de Niakara, à l’image des régions de la Côte d’ivoire, s’est trouvé modifié , avec la présence de nombreux partis et mouvements politiques , le RHDP demeurant la formation locale structurée la plus en vue..

Niakara, localité érigée en Sous-préfecture en 1961, en département en 2009, est une circonscription cosmopolite, le groupe ethnique dominant, un sous-groupe Sénoufo, étant le Tagbana, langue du même nom, la plus parlée. En raison de sa position géographique sur l’axe routier bitumé Abidjan-Burkina Faso-Mali, le département reste et demeure un passage obligé sur l’ensemble du trafic dans le sens Sud-Nord, un gros avantage pour le développement économique de la circonscription.

AbdoulAziz Désiré Minapan Toure



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