Le 11 septembre aux environs de 11h, le maire de Libreville a été reçu au B2 puis placé en garde à vue. Si les proches de Léandre Nzue assurent qu’il a juste été entendu pendant plusieurs heures, il est cependant resté au B2 au-delà de minuit, et d’aucuns craignent pour l’image que renvoie une telle interpellation à travers le continent, d’autant plus que le maire de la commune de Libreville est le président de l’Association des cités et gouvernement locaux unis d’Afrique.
Depuis un peu plus d’une semaine, la situation est explosive à la mairie de Libreville. Après certains de ses collaborateurs, le maire de Libreville a été convoqué à la Direction générale de la contre-ingérence et de la sécurité militaire (DGCISM), communément appelé B2. Si des personnes de son entourage assurent qu’il a été, ce 11 septembre, seulement entendu pendant plusieurs heures, de nombreuses sources indiquent cependant qu’après son interrogatoire, il a été gardé à vue pour nécessité d’enquête. Ce que confirment de nombreux membres de son cabinet, l’un d’eux ayant quitté, à minuit, le piquet d’attente devant le B2, sans que le maire n’en soit sorti.
En principe, l’administration ne travaille que jusqu’à 15h, aussi ce long interrogatoire, couplé à la tradition du vendredi de bouclage dans les forces de l’ordre, fait penser que tout a été fait pour que le premier magistrat de la capitale gabonaise y passe au moins le week-end.
Léandre Nzue serait accusé de détournements de la mairie de Libreville dont il est l’édile depuis mars 2019. Certaines indiscrétions évoquent la découverte des faux mandats correspondants à des décaissements de 33 millions de francs CFA effectués par mois qui gonflaient la masse salariale de la mairie au profit du maire. Vrai ou faux ? Le débat se situe à ce niveau depuis plusieurs semaines et l’enquête, désormais ouverte au B2, devrait permettre à l’opinion d’être mieux édifié.
A la rescousse de Léandre Nzue, le 10 septembre, les groupes politiques siégeant au Conseil municipal de Libreville dénonçaient une «avalanche de coups publics sur les responsables d’institutions municipales», revendiquant la souveraineté du Conseil municipal notamment en matière d’examen des comptes administratifs et de gestion. Revenait-il donc au Conseil municipal de constater les dérives financières du maire et agir en conséquence ? C’est du moins ce qu’ils ont, à demi-mots, laissé entendre en clamant leur souveraineté.
Si nombreux assurent que «Léandre Nzue est dans de sales draps», d’autres notent aussi que cette interpellation et surtout cette garde-à-vue, terni l’image du Gabon, d’autant plus que le maire de la commune de Libreville est le président de l’Association des cités et gouvernement locaux unis d’Afrique depuis 2019 et ce, jusqu’en 2021. Gardé à vue en fin de semaine, Léandre Nzue pourrait donc au moins passer son week-end en cellule. Selon le site 7Jours info, lundi il pourrait être entendu par le procureur puis déféré à la prison centrale de Libreville. Des méthodes absurdes au regard de son statut d’élu local et d’officier d’Etat-civil.
«On aurait, en effet, pu procéder autrement, avoir un peu d’élégance dans la méthode, si tant est qu’il y a des choses à lui reprocher», estime un membre de son cabinet. En effet, selon l’article 23 du Code de procédure pénale, le maire et ses adjoints sont des officiers de police judiciaire. Aussi, pour le mettre aux arrêts, il faut que celui-ci soit pris en flagrant délit ou que son habilitation soit préalablement levée par le Procureur. Ce n’est visiblement pas le cas, en l’occurrence.
Alix-Ida Mussavu
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