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Caster Semenya: qu'est-ce que le DSD et pourquoi son cas est-il important ?

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Caster Semenya a perdu son appel devant le Tribunal fédéral suisse contre la restriction des niveaux de testostérone chez les coureuses.Semenya n'est pas autorisée à participer à des épreuves d'athlétisme comprises entre 400 m et 1 mile sans prendre de médicaments réduisant le taux de testostérone, suite à un changement, en 2019, du règlement l'organisme directeur de l'athlétisme mondial World Athletics. "Je suis très déçue. Je refuse de laisser World Athletics me droguer ou m'empêcher d'être qui je suis", a déclaré l'Africaine du Sud, âgée de 29 ans.L'instance dirigeante de l'athlétisme a introduit une règle selon laquelle les athlètes présentant des différences de développement sexuel (DSD) doivent soit prendre des médicaments pour pouvoir participer aux épreuves d'athlétisme de 400m au mile, soit changer de catégorie.Les athlètes présentant un DSD ont des niveaux de testostérone naturelle plus élevés, ce qui, selon World Athletics, leur donne un avantage sur les autres."Exclure les athlètes féminines ou mettre en danger notre santé uniquement en raison de nos capacités naturelles place World Athletics du mauvais côté de l'histoire", a ajouté Semenya."Je continuerai à me battre pour les droits humains des athlètes féminines, tant sur les pistes d'athlétisme qu'en dehors, jusqu'à ce que nous puissions toutes courir librement comme nous sommes nées. Je sais ce qui est juste et je ferai tout ce que je peux pour protéger les droits humains fondamentaux, pour les jeunes filles du monde entier", a-t-elle aussi dit.Le Tribunal arbitral du sport a rejeté l'année dernière un recours de Semenya contre cette règle.La Cour suprême suisse a ensuite suspendu temporairement la décision, avant de revenir plus tard sur sa décision.Cela signifie que Semenya, qui a remporté la médaille d'or aux Jeux olympiques dans la catégorie 800 m en 2012 et 2016, n'a pas pu défendre son titre mondial sur 800 m à Doha l'année suivante, car elle n'a pas pu empêcher le changement de règlement décidé par l'organe directeur.


Semenya dit qu'elle "étudie actuellement toutes les options qui s'offrent à elle, tant au niveau international que national".Dans une déclaration, World Athletics a déclaré : "au cours des cinq dernières années, World Athletics s'est battu et a défendu l'égalité des droits et des chances pour toutes les femmes et les filles dans notre sport, aujourd'hui et à l'avenir. Nous nous félicitons donc de la décision prise aujourd'hui par le Tribunal fédéral suisse de maintenir nos règlements DSD comme un moyen légitime et proportionné de protéger le droit de toutes les athlètes féminines à pratiquer notre sport dans des conditions équitables".Le Tribunal fédéral suisse a ajouté : "l'équité dans le sport est une préoccupation légitime et constitue un principe central de la compétition sportive. C'est l'un des piliers sur lesquels repose la compétition".Cette décision signifie que Semenya ne pourra pas défendre son titre sur 800 mètres aux Jeux olympiques de Tokyo, reportés à l'été prochain.En mars, elle a déclaré vouloir courir sur 200m à Tokyo, une distance pour laquelle elle n'aurait pas besoin de prendre de médicaments.Pour pouvoir y participer, elle devrait réaliser un temps de qualification de 22,80 secondes, bien que son meilleur temps actuel soit de 24,26 secondes.



Qui est Caster Semenya ?

Pour faire court, c'est l'une des stars dominantes de l'athlétisme moderne.Double médaillée d'or olympique et triple championne du monde sur 800 m, cette Sud-Africaine de 29 ans a remporté ses dernières courses sur cette distance.Cependant, depuis qu'elle est passée d'adolescente inconnue à championne du monde en 2009, son sexe et les éventuels avantages que lui confèrent ses niveaux d'hormone ont fait l'objet d'un examen minutieux.Les résultats des tests d'identité sexuelle effectués il y a dix ans n'ont pas été rendus publics, bien que les médias aient affirmé qu'ils révélaient des caractéristiques masculines et féminines, notamment un taux de testostérone plus élevé que la normale.


L'Association internationale des fédérations d'athlétisme, qui gère ce sport, a proposé une règle visant à limiter le niveau de testostérone autorisé chez les coureuses dans les épreuves entre 400 m et un mile.Semenya a contesté cette proposition sans succès.

Que sont les troubles/différences de développement sexuel (DSD) ?

Les personnes atteintes d'un trouble du développement sexuel ne se développent pas selon les schémas typiques du genre.Leurs hormones, gènes, organes reproducteurs peuvent être un mélange de caractéristiques masculines et féminines.Le terme "troubles" est controversé, certaines des personnes concernées préférant le terme "intersexué" et faisant référence aux "différences de développement sexuel".

Que se passe-t-il après un diagnostic ?

La plupart des personnes atteintes de DSD conservent le sexe qui leur a été attribué lorsqu'elles étaient bébés. Cependant, d'autres personnes, qui estiment que le sexe qui leur a été attribué ne représente pas ce qu'elles sont, peuvent choisir de changer de sexe.

Les personnes atteintes de DSD peuvent être stériles et ont besoin d'une thérapie hormonale et d'un soutien psychologique pour les aider à accepter leur état.

Qu'en est-il des athlètes de haut niveau comme Semenya ?

Des recherches commandées par l'IAAF ont montré en 2017 que les athlètes féminines ayant un taux de testostérone élevé avaient "un avantage" sur les autres, affirmant qu'un taux de testostérone élevé était responsable de jusqu'à 3 % d'amélioration chez les coureurs.

Cependant, ces conclusions ont été contestées par Semenya et son équipe.Ils affirment qu'il n'y a pas de preuve établie clairement que les athlètes atteints de DSD sont favorisés par leurs niveaux naturellement plus élevés de testostérone.

Au début des années 1990, la coureuse de haies espagnole Maria Jose Martinez-Patino a lutté avec succès contre une interdiction imposée après qu'on ait découvert qu'elle avait des chromosomes XY typiquement masculins.

Elle a démontré que son état la rendait insensible à l'"excès" de testostérone dans son sang.

Pourquoi le cas de Semenya est-il si important ?

Le sport a traditionnellement été divisé en catégories masculines et féminines, mais le cas de Semenya et la science montrent qu'il pourrait s'agir d'une distinction artificiellement binaire.

Il a été suggéré que, si le verdict avait été contraire à l'IAAF, l'athlétisme aurait pu introduire une catégorie "ouverte" dans laquelle les hommes et les femmes pourraient, en théorie, concourir côte à côte, et une catégorie "protégée" basée sur les niveaux d'hormones, plutôt que sur le sexe.

Et qu'en est-il de l'avenir de Semenya, maintenant qu'elle a perdu le procès ?

Un éminent scientifique du sport a suggéré qu'elle perdrait cinq à sept secondes sur ses chronomètres sur 800m si elle réduisait sa testostérone conformément aux limites proposées.

Elle pourrait se tourner vers une distance plus longue. Elle a couru le 5 000m deux fois cette saison, gagnant à chaque fois.






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