Au tribunal pénal international sur le Rwanda, qui siège à Arusha en Tanzanie ? Par la justice rwandaise ? En France ? La réponse sera donnée le 30 septembre par la Cour de cassation de Paris. Ce jour-là, la haute juridiction dira en effet si elle entérine la décision de remettre l’accusé au TPIR qui avait été prise en juin dernier par la justice française. C’est donc une partie décisive qui s’est jouée hier mercredi sur les bords de la Seine et au cours de laquelle chaque partie a développé ses arguments.
Des joutes qui ont eu pour principal fil conducteur l’état de santé du génocidaire présumé, âgé aujourd’hui de 88 ans et qui souffrirait, selon son avocat, d’hypertension, de diabète et de leucoaraiose, une maladie qui affecterait ses fonctions motrices et cognitives. Son conseil prêche donc pour une expertise médicale approfondie. Une thèse qui, à l’évidence, n’a pas convaincu l’avocat pour qui la Cour d’appel s’est appuyée sur un certificat médical délivré par la bien-nommée prison … de la santé et en vertu duquel l’état de Kabuga ne serait pas incompatible avec sa détention.
Va-t-on donc recourir à un check-up complet du vieil homme avant de le mettre dans le box des accusés ? A la forme, olympique ou pas, du grabataire de la santé, s’ajoutent d’autres considérations juridiques comme la résolution onusienne qui avait créé le mécanisme d’Arusha et qui lierait la France de sorte que tout refus de transfert sera considéré comme un refus de coopérer. Chacune donc des parties sera fixée dans quatre semaines. Donc de deux choses l’une : ou les grands juges approuvent le transfert, auquel cas l’Hexagone aura un mois pour expédier le précieux colis à la justice internationale, ou elle l’infirme, et le dossier retourne dans ce cas à la Cour d’appel.
Mais quelle que soit l’issue de cette procédure judiciaire, Félicien Kabuga pourra toujours, dans son malheur, s’estimer heureux, puisque lui au moins aura droit à un procès équitable, une chance que n’auront pas eu les quelque 800 000 morts du génocide rwandais de 1994, hachés sans autre forme de procès par les génocidaires tutsis dont Kabuga était réputé être le grand financier. Présenté comme l’homme le plus riche du pays des Mille collines au moment de la tragédie, il présidait le fameux FDN (Fonds de défense nationale) mis en place pour rassembler l’argent qui devait financer la logistique, les armes, les miliciens interahamwé ainsi que la radiotélévision Mille collines qui appelait ouvertement à l’assassinat des Tutsis.
La mission une fois accomplie, commença pour l’incriminé une longue cavale de 25 ans jusqu’à ce 16 mai où il fut arrêté après une longue et minutieuse traque. Fin de partie donc depuis cette date pour l’affreux Kabuga, qui médite désormais entre quatre murs sur ses faits et surtout ses méfaits, à moins qu’il ne veuille ajouter l’amnésie à la liste déjà longue de ses multiples pathologies. Mais pour un Kabuga alpagué, combien sont-ils encore à être dans la nature, bénéficiant parfois de solides couvertures individuelles, voire étatiques, comme le bras financier du génocide semble en avoir profité pendant un quart de siècle ?
Issa K. Barry
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
Immigration : L’Espagne régularise près de 500 000 clandestins
-
Guerre au Moyen-Orient : La Côte d'Ivoire installe trois équipes de veille
-
Simandou 2040 : La Guinée prépare une révolution économique à 330 milliards de dollars
-
Côte d’Ivoire. Mondial 2026 : une mission exploratoire facilitée par l’Ambassade aux Etats-Unis
-
Côte d’Ivoire. Ramadan 2026 : Dominique Ouattara offre des vivres aux mosquées d'Abidjan
-
L’Enquête du jeudi. Télé, tablette, téléphone : nocifs ou utiles pour les enfants ? (2/2)- La face utile des écrans
-
Côte d’Ivoire. Le jeune cambrioleur aux cent clés
-
L’Enquête du jeudi. Télé, tablette, téléphone : nocifs ou utiles pour les enfants ? (1/2)- Les écrans déconnectent de la réalité
-
Le Royaume-Uni annonce ne plus délivrer de visas d’étude à 4 nationalités et suspend les visas de travail aux Afghan
-
Protection des mineurs : Dominique Ouattara invitée par Melania Trump à un sommet international
-
À Madrid, la Ministre Euphrasie Kouassi Yao appelle à remplacer « la carte du manque par celle des compétences »
-
Affaire SNEDAI : L'ex DAF en exil, condamné à 7 ans de prison, veut rentrer pour se défendre
-
Le ministre de la Justice ordonne la traque des auteurs d'infractions numériques sur les réseaux sociaux en RDC
-
Assister au Mondial-2026, un rêve suspendu au visa pour de nombreux supporters
-
Côte d’Ivoire. Blocage des stocks de cacao : Tiéné Birahima Ouattara appelé à la rescousse
-
Blocage des VPN au Gabon : une facture en milliards CFA pour un résultat incertain
-
Abidjan. Vendeurs ambulants dans la circulation : (2/2)- Une activité illégale mais rentable (reportage)
-
Côte d’Ivoire. 18 blocs de cannabis sur le capot d’une 4x4
-
Abidjan. Vendeurs ambulants dans la circulation : (1/2)- En danger entre les voitures (reportage)
-
Côte d’Ivoire. Le cyberactiviste Zigui Ibrahim présente ses excuses au Conseil constitutionnel
-
Guerre Israël-Iran. La CEDEAO s'alarme : l'Afrique de l'Ouest paiera la facture
-
Kibarou . Mourir pour une guerre qui n’est pas la nôtre
-
Moyen-Orient : Abidjan condamne les attaques et rassure ses ressortissants en Israël
-
Proche Orient. Risque d’embrasement après la mort de Khamenei
-
Le Maestro Boncana Maïga, un géant de la musique africaine, s'est couché
-
Côte d’Ivoire. Pollution des lagunes Tendo-Ehy et Aby : le gouvernement va apporter des réponses concrètes
-
Côte d’Ivoire. Maltraitance- Une fillette logée par sa grand-mère dans un poulailler
-
Au moins 24 écolières tuées en Iran et une victime civile à Abou Dhabi
-
Côte d’Ivoire.L’UNJCI à la croisée des chemins : tous coupables !
-
Côte d’Ivoire. Ingénierie du genre : une nouvelle promotion fait sa rentrée
-






