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Politique

Point de vue: Le sacrifice d’Amadou Gon Coulibaly

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Toute la Côte d’Ivoire continue de pleurer le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Toutes ses différentes composantes sociales n’arrêtent pas de vanter ses mérites d’humanisme, de générosité, de loyauté, de sincérité, d’abnégation au travail et surtout d’agent modèle au service du développement de la Côte d’Ivoire. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest en passant par le Centre, les populations issues de toutes ces aires géographiques ont, dans un même élan de compassion et de conviction, spontanément investi la ville de Korhogo, aussi bien individuellement, que par l’entremise de leurs têtes couronnées, leaders communautaires, députés, maires, présidents des Conseils régionaux, responsables ou chefs de partis politiques. Et cela, dans la noble optique de témoigner à la famille du défunt, tout l’attachement et toute la considération qu’on lui vouait. L’on aura rarement vu, un pareil déferlement humain dans la capitale de la région du Poro, pour une telle raison.

Outre les qualités humaines du défunt susmentionnées, il y a aussi les conditions dans lesquelles il a rendu l’âme qui ont choqué plus d’un Ivoirien. C’est qu’après deux mois consacrés à un séjour médical en France, le premier ministre est rentré dans son pays, l’air requinqué pour se remettre au travail. Et c’est justement au cours de cette reprise effective du service que, de façon spectaculaire, la grande faucheuse, contre toute attente est entrée en action. Toute chose que plus d’un, avait pourtant redouté lorsqu’il gardait encore le lit dans l’hexagone. Cruauté du destin s’est- on écrié. Tragique fin pour un homme à l’avenir politique pourtant prometteur s’est on dit ici et là. Espoir à jamais déçu, par la brutale disparition d’une personnalité de valeur, pour le compte de son peuple, n’a –t-on pas manqué de mentionner également.

On le voit bien, la manière dont Amadou Gon Coulibaly a expiré son dernier souffle n’a nullement laissé les Ivoiriens indifférents. Fussent-ils d’une chapelle politique contraire à la sienne, farouchement opposés ou non à sa candidature à la présidentielle, libres penseurs, riches, pauvres et j’en passe. Tous ont réussi à mettre de côté leurs considérations personnelles, jugements de valeurs et autres quelconques intérêts politiques et politiciens, pour privilégier leur sens de l’humanité. Une valeur fondamentale de la vie en société, qu’il est heureux de savoir, qu’elle caractérise encore l’Ivoirien. En fait, il faut avouer qu’à seulement quatre mois du renouvellement du mandat présidentiel, évènement déterminant pour lequel, l’ex Premier ministre faisait plutôt figure de favori, cette communion nationale ayant marqué l’expression de la compassion à sa famille biologique, politique et autres, reste exceptionnelle, tant il est vrai qu’elle n’était pas évidente.

Aussi, voudrait –on conférer à ces émouvantes conditions dans lesquelles l’ex Premier ministre s’en est allé, tout le sens d’un sacrifice qu’il aura ainsi fait à la Côte d’Ivoire pour son unité, sa cohésion. Des valeurs à cultiver, à entretenir continuellement pour s’élever au- dessus des passions négatives, plutôt déchirantes et parvenir ainsi à tuer dans l’œuf, tout germe de désordre, de conflit, que la présidentielle d’octobre prochain, pourrait laisser croitre. L’année 2020, peut déjà être considérée de par le monde comme une année difficile. Qui aura fait beaucoup de mal à l’humanité tout entière. Qu’elle aura éprouvée, malmenée à travers la crise sanitaire qui continue de faire rage.

Et la Côte d’Ivoire n’y échappe guère. Elle qui, sortie d’une grave crise politico-militaire, après y avoir laissé tant de plume, avait si bien commencé à se refaire. Se reconstruire à un rythme des plus impressionnants et surtout accéléré, rarement vu à travers le monde. Ainsi que se plaisent à le mentionner de vive voix, nombre de grands dirigeants de la planète, lorsqu’ils ont l’occasion de rencontrer le Président de la République Alassane Ouattara. Précisément au cours des sommets et autres grandes rencontres internationales, auxquelles l’honneur échoit désormais à la Côte d’Ivoire d’être invitée. Un privilège dont elle était restée dépourvue pendant plus d’une décennie.

Quelque puissent être les réalités de l’échiquier politique national dans les jours à venir, qui promet d’être fort animé relativement au renouvellement du mandat présidentiel, il serait bienséant que chacun s’emploie à demeurer dans ce climat d’unité et de cohésion sociale, dans lequel nous a si impromptue projetés, la disparition de l’ex Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. L’expression démocratique, au nom de laquelle, des propos, des actions et autres initiatives seront tenus et prises, ne devra point être le terreau fertile à la haine, à la diffamation et au tribalisme. De vilains sentiments et de mauvaises pratiques, qui n’ont véridiquement rien de politique et encore moins de démocratique. Et dont nous avons déjà affreusement vécu les conséquences, il y a peu. Souvenons- nous tout simplement, de cette tragique période appelée crise post- électorale, qui aura été émaillée de bestialité et de crimes de sang, marquant dorénavant l’histoire politique de la Côte d’Ivoire moderne.

Moussa Ben Touré







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