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Reportage / Construction du 4e pont d’Abidjan : A Boribana, le combat n’est pas encore fini

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Les travaux de construction le 4ème pont d’Abidjan, dont la fin est prévue pour le 30 septembre 2020 avancent allègrement et ont atteint Boribana, l’un des plus grands bidonvilles du District d’Abidjan. Malgré les déguerpissements successifs, des habitants encore présents dans la zone des travaux, mènent librement leurs activités. Incursion au milieu des derniers « résistants » à la fin de Boribana

Les travaux de construction du 4e pont d’Abidjan qui ont démarré le 30 juillet 2018, ont atteint la profondeur de Boribana. Du haut de la colline, une vue panoramique sur Boribana, quartier précaire dans la commune d’Attécoubé donne l’impression d’un plateau de jeu de dame sectionné en deux. par le tracé du nouveau pont. Les travaux de l’infrastructure, ont démarré le 30 juillet 2018 et le pont, visible à l’horizon, a traversé la lagune Ebrié, et relie déjà Yopougon à Attécoubé. Sa longueur a atteint la rive du côté de Boribana où se poursuivent les travaux.

Sur le vaste chantier qui transperce les entrailles du bidonville, machines et employés sont présents. Des camions transportant sables et graviers sortent ou entrent dans un enclos entouré de tôles. Une partie de l’emprise du pont, déguerpie depuis le 30 novembre 2018, est recouverte de longues barres de fers en forme de cylindre, devant servir de piliers pour la suite de la construction. Le bruit des engins secoue le sol. «Travaux 4e pont d’Abidjan. Travaux de déplacement de réseaux., voie rétrécie», indique une pancarte sur le trottoir»

Plus que deux mois sur 26 prévus pour l’exécution de l’ouvrage. Le bidonville rattrapé par le pont subit les démolitions programmées. Plus de 13 000 habitants, sommés de quitter les lieux depuis l’annonce du projet. Selon l’un des technicien sur place, tout le périmètre qu’occupe Boribana est destiné à un échangeur qui débouche sur le carrefour de l’Indénié. «Techniquement le bidonville est appelé à disparaître. Un échangeur sera réalisé avec deux bretelles (nord et sud). La voie sera connectée à l’Indénié », précise l’expert.


Comme dans un quartier normal

Dans le premier compartiment résiduel de Boribana, longeant le boulevard de la Paix menant à la commune du Plateau, une vingtaine de couloirs exigus, espacés d’environ dix mètres, mènent à une concentration de taudis. Des maisons décoiffées, abandonnées, interconnectées par des tunnels obscurs. D’autres, encore occupées par des habitants apparemment sereins. «Ici il n y a pas de problème. C’est seulement à l’endroit où doit passer le pont qui a été détruit, sinon nous ne sommes pas concernés. Ici, nous n’avons pas de problèmes », précise l’un d’eux. L’une des mosquées du quartier est toujours en activité. Les Imams après la prière matinale sont rentrés.

Selon un autre habitant du même secteur, des propriétaires des taudis démolis ont été indemnisés et les administrateurs du projet ont invité les résidents omis à se faire connaître. « Actuellement, il y a la saison des pluies et la situation de covid-19 qui nous fatiguent. Si les autorités peuvent nous aider comme elles l’ont fait pour tous ceux qui sont partis d’ici…» supplie un troisième habitant.

Certains, parmi ceux qui persistent sur les lieux, attendent d’être indemnisés et mènent encore leur vie au quotidien. Des boutiques reçoivent sans souci leurs clients comme dans un quartier normal. Un livreur de pain enfile l’un des couloirs et finit par disparaître au fond des corridors qui s’entremêlent. Des parieurs de jeux du hasard sont groupés par endroits. Le secteur informel bat son plein. De petites et moyennes entreprises continuent de bien tourner. « De nombreux agents de la mairie sont des propriétaires ou locataires dans notre secteur.», révèle un jeune vendeur de café.

Il était une fois Boribana

Dans le second bloc du bidonville, établissements secondaires et primaires fermés, ont été décoiffés. Des véhicules en provenance de la forêt du Banco roulent à vive allure, en cette matinée du 2 juillet 2020. Des enfants en tenue d’école primaire s’apprêtent à traverser le boulevard avec l’aide des adultes. En route pour les cours en présentiel, ces écoliers ont quitté les domiciles familiaux dans des bas-fonds du second bloc de Boribana, leur quartier natal. Un premier groupe cheminant le long du trottoir est dans un uniforme à l’effigie de l’EPC Ali Gnahie, une école coranique située vers la mairie d’Attécoubé. Un deuxième groupe, chantant en chemin, annonce qu’il fréquente L’Epp Santé 1, une école formelle située près de la Mairie d’Adjamé. Des fillettes, âgées d’environ 8 à 11 ans, précisent en chœur qu’elles vont à l’Epp Santé 2, une autre école formelle dans le même endroit. Tout comme leurs progénitures, de nombreux adultes remontent la petite côte pour traverser aussi le boulevard de la Paix, en vue d’aller vaquer à leur quotidien.

Situé dans une zone très à risque où un glissement de terrain s’était produit en 2014, Boribana est appelé à disparaître pour céder la place au 4e Pont d’Abidjan. Le couperet est déjà tombé, le gouvernement en conseil des ministres extraordinaire du mardi 30 juin 2020, a insisté sur la destruction des zones à risque sur le territoire national. «Le conseil invite, à nouveau, les populations vivant dans des zones à risque à les quitter sans délai », a dit Sidi Touré porte-parole du gouvernement ivoirien. Dans quelques années, cette génération d’enfants en route pour l’école pourra raconter : Autrefois, à la place de ce pont, il était une fois Boribana.

Antoine Oyhou




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