publicité

Societe

Mes vérités du 27 juin 2020 : A qui la faute ?

Publié le :

La semaine dernière, nous écrivions, dans ces mêmes colonnes, que des Ivoiriens étaient passés maîtres dans l’art de se défausser sur les autres. Ils n’ont jamais rien fait. C’est toujours la faute à autrui. Eux, ils sont blancs comme neige. Dans la fable la ‘’Besace’’ de Jean de la Fontaine, c’est d’eux qu’il s’agit lorsque le fabuliste écrit: ‘’(…) Mais parmi les plus fous Notre espèce excella ; car tout ce que nous sommes, Lynx envers nos pareils, et Taupes envers nous, Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes : On se voit d’un autre œil qu’on ne voit son prochain’’. C’est ainsi que des Ivoiriens, même ceux qui ont eu à gérer le pouvoir et qui n’en n’ont rien fait, accusent le gouvernement d’être à la base de la montée des eaux de jeudi qui a occasionné des pertes en vie humaine et de nombreux dégâts matériels. C’est vrai que nous avons des reproches à faire nos autorités. Ils ne sont pas allés loin, selon nous, dans le processus de déguerpissement et de démolition. Certains maires n’ont pas pris le relais comme l’a fait Ibrahim Cissé Bacongo à Koumassi, jadis zone de prédilection des inondations. De Koumassi ‘’potopoto’’, on pourrait dire qu’on est passé à Koumassi ‘’la neuve’’. Chères autorités, il faut détruire tous les obstacles qui empêchent la circulation de l’eau et aussi curer les caniveaux et toute autre canalisation pour redonner à l’eau son passage naturel. Passé la saison des pluies, il faut engager de grands travaux dans la commune de Cocody qui est devenue aujourd’hui la zone des grandes inondations et être fermes face à tous ceux qui bâtiront sur le passage de l’eau. Ça, c’est ce qui est de la responsabilité de nos autorités qui, il faut le reconnaître, ne s’y sont pas dérobées. Elles assument leur part et feront tout pour remédier à cette situation. Maintenant, nous, nous devons prendre conscience que la montée des eaux que nous connaissons est la conséquence de nos inconséquences. Lorsque nous transformons un caniveau en dépotoir, à quoi devons-nous nous attendre ? En regardant des vidéos sur la Toile, nous avons vu un nombre impressionnant de sachets plastiques, de bouteilles et d’autres immondices transportés par les eaux de ruissellement. C’était ahurissant de voir comment nous avons bouché toutes nos canalisations. L’eau, ne l’oublions pas, cherche et trouve toujours un chemin pour se déverser dans son lit. Nous devons revoir nos habitudes avec nos déchets solides. Voir comment s’en débarrasser sans qu’ils se retournent contre nous. Nous devons avoir de meilleures attitudes. Être de vrais citoyens. Lorsque nous bravons l’État en construisant sur le passage de l’eau parce que nous voulons agrandir notre maison, avoir une grande salle à manger ou un immense salon, se construire un dressing digne des films hollywoodiens, avoir une chambre d’ami pour montrer qu’on a changé de catégorie, qu’on a grimpé d’une marche les escaliers de la vie, comme cela se fait à la Riviera Allabra ou dans d’autres communes d’Abidjan, à quoi nous attendons-nous ? Lorsque nous vendons des espaces non constructibles, à quoi nous attendons-nous ? Si ce n’est aux inondations, avec leur corollaire de drames. Ceux qui moquent le gouvernement actuel parce qu’ils pensent qu’il a échoué doivent comprendre que cela aurait pu être pire si certains travaux n’avaient pas été faits. Rappelons-nous, il ne fallait pas une forte pluie pour que le carrefour de l’Indénié soit impraticable. Les opposants d’aujourd’hui ont été au pouvoir hier, et comme dirait un aîné : ‘’On a vu la longueur du crapaud’’, pour dire qu’ils n’ont rien fait. La montée des eaux est, en grande partie, de notre faute parce que nous n’avons pas les réflexes qu’il faut. Tant que nous jetterons nos déchets solides en désordre, tant que nous nous opposerons à une opération de démolition et de déguerpissement, tant que nous chercherons à tricher en volant des espaces réservés pour agrandir nos maisons…nous connaîtrons cette situation. Soyons de bons citoyens, responsables et disciplinés. Stop à cette propension à rejeter toutes nos fautes sur les autres. Enlevons la poutre dans notre œil au lieu de chercher la paille dans l’œil de celui qui est en face de nous. Nous sommes coupables de toutes ces inondations. Reconnaissons-le et agissons en conséquence


Étienne Aboua in Fraternité Matin du 27 juin 2020






publicité