La semaine dernière, nous écrivions, dans ces mêmes colonnes, que des Ivoiriens étaient passés maîtres dans l’art de se défausser sur les autres. Ils n’ont jamais rien fait. C’est toujours la faute à autrui. Eux, ils sont blancs comme neige. Dans la fable la ‘’Besace’’ de Jean de la Fontaine, c’est d’eux qu’il s’agit lorsque le fabuliste écrit: ‘’(…) Mais parmi les plus fous Notre espèce excella ; car tout ce que nous sommes, Lynx envers nos pareils, et Taupes envers nous, Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes : On se voit d’un autre œil qu’on ne voit son prochain’’. C’est ainsi que des Ivoiriens, même ceux qui ont eu à gérer le pouvoir et qui n’en n’ont rien fait, accusent le gouvernement d’être à la base de la montée des eaux de jeudi qui a occasionné des pertes en vie humaine et de nombreux dégâts matériels. C’est vrai que nous avons des reproches à faire nos autorités. Ils ne sont pas allés loin, selon nous, dans le processus de déguerpissement et de démolition. Certains maires n’ont pas pris le relais comme l’a fait Ibrahim Cissé Bacongo à Koumassi, jadis zone de prédilection des inondations. De Koumassi ‘’potopoto’’, on pourrait dire qu’on est passé à Koumassi ‘’la neuve’’. Chères autorités, il faut détruire tous les obstacles qui empêchent la circulation de l’eau et aussi curer les caniveaux et toute autre canalisation pour redonner à l’eau son passage naturel. Passé la saison des pluies, il faut engager de grands travaux dans la commune de Cocody qui est devenue aujourd’hui la zone des grandes inondations et être fermes face à tous ceux qui bâtiront sur le passage de l’eau. Ça, c’est ce qui est de la responsabilité de nos autorités qui, il faut le reconnaître, ne s’y sont pas dérobées. Elles assument leur part et feront tout pour remédier à cette situation. Maintenant, nous, nous devons prendre conscience que la montée des eaux que nous connaissons est la conséquence de nos inconséquences. Lorsque nous transformons un caniveau en dépotoir, à quoi devons-nous nous attendre ? En regardant des vidéos sur la Toile, nous avons vu un nombre impressionnant de sachets plastiques, de bouteilles et d’autres immondices transportés par les eaux de ruissellement. C’était ahurissant de voir comment nous avons bouché toutes nos canalisations. L’eau, ne l’oublions pas, cherche et trouve toujours un chemin pour se déverser dans son lit. Nous devons revoir nos habitudes avec nos déchets solides. Voir comment s’en débarrasser sans qu’ils se retournent contre nous. Nous devons avoir de meilleures attitudes. Être de vrais citoyens. Lorsque nous bravons l’État en construisant sur le passage de l’eau parce que nous voulons agrandir notre maison, avoir une grande salle à manger ou un immense salon, se construire un dressing digne des films hollywoodiens, avoir une chambre d’ami pour montrer qu’on a changé de catégorie, qu’on a grimpé d’une marche les escaliers de la vie, comme cela se fait à la Riviera Allabra ou dans d’autres communes d’Abidjan, à quoi nous attendons-nous ? Lorsque nous vendons des espaces non constructibles, à quoi nous attendons-nous ? Si ce n’est aux inondations, avec leur corollaire de drames. Ceux qui moquent le gouvernement actuel parce qu’ils pensent qu’il a échoué doivent comprendre que cela aurait pu être pire si certains travaux n’avaient pas été faits. Rappelons-nous, il ne fallait pas une forte pluie pour que le carrefour de l’Indénié soit impraticable. Les opposants d’aujourd’hui ont été au pouvoir hier, et comme dirait un aîné : ‘’On a vu la longueur du crapaud’’, pour dire qu’ils n’ont rien fait. La montée des eaux est, en grande partie, de notre faute parce que nous n’avons pas les réflexes qu’il faut. Tant que nous jetterons nos déchets solides en désordre, tant que nous nous opposerons à une opération de démolition et de déguerpissement, tant que nous chercherons à tricher en volant des espaces réservés pour agrandir nos maisons…nous connaîtrons cette situation. Soyons de bons citoyens, responsables et disciplinés. Stop à cette propension à rejeter toutes nos fautes sur les autres. Enlevons la poutre dans notre œil au lieu de chercher la paille dans l’œil de celui qui est en face de nous. Nous sommes coupables de toutes ces inondations. Reconnaissons-le et agissons en conséquence
Étienne Aboua in Fraternité Matin du 27 juin 2020
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
Publié le :
30 juin 2020Par:
Forestier de Lahou"BI Michel" je préfère un maire qui travaille à un maire qu'on voit trop. Quant aux maires qu'on ne voit pas et qui ne font rien... comme à Abobo ou dans certaines villes de l'intérieur, ils ne méritent pas d'être élus, et encore moins réélus.Publié le :
29 juin 2020Par:
BI Michelon voit Bacongo à Koumassi et donc on peut voir Yacé à Cocody. Sinon supprimons les MairiesPublié le :
29 juin 2020Par:
Lago TapeOui les ivoiriens doivent faire preuve de beaucoup plus de civisme. On ne jette pas les ordures dans les caniveaux, et on ne s'installe pas dans les zones inondables. Mais l'Etat aussi doit faire sa part. Tout d'abord, on ne lotit pas les zones inondables non constructibles et on n' y réalise pas des opérations immobilières, comme à la Riviera Palmeraie par exemple… On ne s'installe pas anarchiquement dans le creux des vallées entre deux collines. Qui est responsable de quoi ? Il existe une Agence nationale pour l'Environnement, l'ONAD, le Ministère de la Construction et de l'Urbanisme, le Ministère de la Salubrité, le Ministère des Infrastructures, le Ministère de la Ville, le District d'Abidjan, les Mairies des différentes communes. Oui, la responsabilité de l'Etat est grande. C'est l'Etat "seul" qui peut déguerpir des zones inondables et détruire les bâtiments mal construits ou qui empêchent l'écoulement des eaux de pluies… Personne d'autre ne peut le faire à la place de l'Etat et se substituer à l'Etat…Publié le :
28 juin 2020Par:
L'AUTEURTant que nous jetterons nos déchets solides en désordre, tant que nous nous opposerons à une opération de démolition et de déguerpissement, tant que nous chercherons à tricher en volant des espaces réservés pour agrandir nos maisons…nous connaîtrons cette situation.Publié le :
28 juin 2020Par:
L'AUTEURLorsque nous vendons des espaces non constructibles, à quoi nous attendons-nous ? Si ce n’est aux inondations, avec leur corollaire de drames.Publié le :
28 juin 2020Par:
L'AUTEURChères autorités, il faut détruire tous les obstacles qui empêchent la circulation de l’eau et aussi curer les caniveaux et toute autre canalisation pour redonner à l’eau son passage naturel. Passé la saison des pluies, il faut engager de grands travaux dans la commune de Cocody qui est devenue aujourd’hui la zone des grandes inondations et être fermes face à tous ceux qui bâtiront sur le passage de l’eau. Ça, c’est ce qui est de la responsabilité de nos autorités qui, il faut le reconnaître,Publié le :
28 juin 2020Par:
L'AUTEURC’est vrai que nous avons des reproches à faire nos autorités. Ils ne sont pas allés loin, selon nous, dans le processus de déguerpissement et de démolition.Publié le :
28 juin 2020Par:
Beugré JulienC'est pare que je n'ai rien fait que tu es aujourd'hui au pouvoir après avoir rendu le pays ingouvernable.Publié le :
28 juin 2020Par:
fredyc'est le propre de l'homme noir, on ne reflechi pas, on accusePublié le :
28 juin 2020Par:
Forestier de LahouBien sûr Monsieur Étienne Aboua in Fraternité Matin, c'est la faute à tout le monde, c'est la faute à "pas-de-chance", mais ce n'est surtout pas la faute aux autorités qui se sont succédées à la tête de ce pays et de ses collectivités locales. Comme toujours, les paroles remplacent les actes et quand on écrit en gros "AD" sur une construction, c'est comme si elle avait déjà disparu. Mais quand on vend un terrain, normalement, cela se passe devant notaire(s), et des taxes sont perçues sur la transaction. Comment est-ce possible que cela se fasse en zone inondable sans aucun contrôle ?publicitéPLUS D'ARTICLES
-
USA - Mondial 2026. Visas et billets pour les matchs : deux casse-tête pour la communauté ivoirienne
-
Côte d'Ivoire. Paludisme, dengue, choléra : des outils pour anticiper les épidémies
-
Côte d’Ivoire. La Fondation « Children Of Africa » renforce le plateau technique du centre de santé d’Assounvouè (Centre)
-
Santé publique. Nouvelle souche d’Ebola : les recommandations du ministère ivoirien de la Santé
-
Salon des Ressources animales et halieutiques : les États-Unis, invité d'honneur
-
Le diplomate belge accusé du meurtre de Patrice Lumumba est mort avant le début de son procès
-
Côte d’Ivoire. Tabaski 2026 : ce n’est pas encore l’affluence au marché du bétail d’Anyama
-
Côte d'Ivoire. Quand l'aéroport d'Abidjan perd le courant
-
Côte d’Ivoire. 86 178 chances de réussir : la jeunesse ivoirienne face au défi de l’emploi
-
Apologie du Terrorisme : Les médias «mainstream» dont l'AFP en première ligne
-
Dominique Ouattara : les paroles fortes d'une Première Dame engagée (2022-2025)
-
Côte d'Ivoire. Des orpailleurs armés de fusils, déférés pour infraction économique grave
-
Côte d’Ivoire : Le gouvernement met des boissons énergisantes hors de portée des enfants
-
Santé publique : l’hantavirus virus frappe en mer, Abidjan sonne la vigilance
-
Kibarou . France-Afrique : vers la fin de l’aide publique au développement ?
-
Les Forces armées maliennes et leurs partenaires russes déploient tous leurs efforts pour lutter contre les terroristes
-
Côte d'Ivoire. Des habitants de Bôdô (Tiassalé) demandent pardon, après les violences contre les autorités
-
Côte d'Ivoire. Fake : quand l’IA prend la voix du ministre Adjoumani pour “manger piment”
-
Coopération. La Côte d’Ivoire et le Belize : établissent des relations diplomatiques
-
Côte d'Ivoire. 2 700 km de nouvelles routes à construire
-
Côte d'Ivoire. 150 bidons d’huile frelatée saisie en pleine nuit à Bouaké
-
Diplomatie : La Côte d’Ivoire renforce sa coopération avec le Royaume-Uni et la Corée du Sud
-
Côte d'Ivoire. Ils se faisaient embaucher pour voler les motos
-
L’enquête du jeudi. Emplacements anarchiques des gares routières : ce n’est pas demain la fin du désordre à Abidjan
-
Côte d’Ivoire. Timbre fiscal obligatoire sur les paquets de cigarettes
-
Sommet France-Afrique. Bruno Koné plaide pour la souveraineté alimentaire
-
Humanitaire. Partage d’expériences entre Dominique Ouattara et Brigitte Macron
-
Côte d’Ivoire. Protection mystique des biens privés : les fétiches sont-ils efficaces ?
-
Afrique. Au sommet de Nairobi, Ouattara défend la souveraineté financière du continent
-
Emmanuel Macron critique l’approche américaine des sanctions contre Kigali et prône le dialogue multilatéral
-






Publié le :
1 juillet 2020Par:
Gerard Ncho