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Face au COVID 19,le confinement est-il inévitable en Côte d'Ivoire ?

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Le Corona Virus ou COVID 19 en Côte d’Ivoire fait de 179 contaminées, 7 guéris et 1 mort avec 90 % des contaminations à Abidjan et 11 cas à l’intérieur du pays (?). En face de cela des solutions d’hygiène, de mesures comportementales, l’état d’urgence, le couvre feu et l’isolement du grand Abidjan ont été recommandés par le Conseil de national de sécurité et le président de la république.
Malheureusement tous les jours de nouveau cas sont recensés en Côte d’Ivoire. Certaines personnes estiment que la solution ultime doit être le confinement des populations ivoiriennes. C’est pourquoi, il est important de se poser la question de son efficacité et voir si d’autres solutions alternatives ne sont pas à rechercher ?
I/L’EFFICACITÉ DU CONFINEMENT
Le confinement a été utilisé en Chine et dans certains pays européens comme la France, la Belgique, l’Espagne et l’Italie. Malheureusement force est de constater que ces pays ont des résultats mitigés jusque là. Seule la Chine a pu vaincre pour l’instant la maladie après plus de 3 mois. Mais pas avec le confinement mais avec l’isolation stricte de la région source Wuhan et la mise sous quarantaine drastique et brutale en ignorant les droits de l’homme.
La Côte d’Ivoire peut elle avoir un pouvoir aussi dictatorial comme en Chine ?
Vu qu’elle n’a pu empêcher l’entrée de quelques passagers infectés venant de France, qui sont rétrospectivement, la source de la contamination du pays. Pour cela, ils n’ont eu qu’à crier au Loup sur les réseaux sociaux pour exiger leur libération (?). Ce qui a fait capituler les autorités politiques, pour des calculs électoralistes. Aujourd’hui on en voit les conséquences.
De plus, la molle isolation du Grand Abidjan que nous voyons actuellement montre que malheureusement les contaminations vont arrivés à l’intérieur du pays (11 cas à l’intérieur du pays ont été recensés ce 31 mars 2020, après l’isolement d’Abidjan).
Enfin, la configuration de nos marchés, les cours communes, les gares, les rues... où les contacts inter-personnes sont quasi impossibles à éviter, ne permettent pas d’être confiant quand à l’efficacité du confinement.
II/ LES SOLUTIONS ALTERNATIVES
Pour se faire nous allons « Benchmarker » les stratégies des autres pays qui ont réussi à vaincre le COVID 19. Ces pays sont pour la plus part asiatiques et démocratiques : Taïwan, Corée du Sud, Hong Kong...Leurs stratégies proviennent des solutions qu’ils ont utilisées pour faire face aux crises similaires contre les épidémies du SRAS (2002) et du H1N1 (2008), en 4 points :
1) L’isolement strict des zones ou foyers de contamination.
La dissémination des passagers de l’INJS venant de France ou de certains libanais de retour du pays, notamment dans les quartiers de Cocody et Marcory explique la forte contamination de ces 2 communes. Il aurait été plus facile de prendre des mesures l‘auto-confinement par les masques aux populations de ces 2 communes dès le départ de la contamination, au lieu de l’imposer à toute la ville d’Abidjan.
Mais pour que cet isolement soit efficace, il doit être strict. Ce qui veut dire qu’aucune personne ne doit sortir ou rentrer dans la zone d’isolement. C’est pourquoi, il faut annuler toutes les dérogations qui sont permises actuellement notamment celle accorder aux transporteurs venant de l’intérieur du pays.
Pour assurer l’approvisionnement des foyers isolés, les transporteurs venant de l’intérieur doivent déposer leur cargaison à l’entrée de la zone pour que d’autres chauffeurs qui sont dans la zone puissent les récupérer tout en évitant de rentrer en contacts avec leurs autres collègues.
Enfin, il faut appliquer rapidement cette même stratégie d’isolement aux zones où on a découvert des cas suspects à l’intérieur du pays, pour éviter la dissémination du COVID 19.
2) Distribution et port obligatoire de masques pour les populations vivant dans les zones isolées.
L’État ivoirin à l’instar de la France et des pays européens, qui ont compris un peu tard, doit acheter des millions des masques (entre 30 et 50) pour les distribuer aux populations des zones contaminées afin d’arrêter la chaîne de contamination.
Par contre, la distribution ne doit pas concerner que les personnels soignants mais toute la population de la zone .Car ce sont les habitants de la zone qui se contaminent entre elles lors des contacts interpersonnels et qui viennent remplir les hôpitaux. Il faut donc traiter le problème à la source.
Il faudra faire une interdiction formelle à toute personne ne portant pas de masques de circuler dans la rue ou d’être en contact avec un public.
Toute personne en contacts avec le public (commerçants, taxi, caissières, pompistes, standardistes, les forces de l’ordre, le personnel de santé...) porter un masque et il doit exiger au public qu’il sert de se munir de masque. En effet, il est prouver que lorsqu’une seule personne porte le masque il a des risques de se contaminé, si les personnes en face ne portent pas de masques
Le port général du masque reste aujourd’hui, en dehors du vaccin, le seul moyen qui permet de casser la propagation du virus.
De plus, sont contrôle par les forces de l’ordre, est très facile(les masques sont visibles sur le visage) et donc à le faire respecter par les populations.
La distribution, le port obligatoire de masque et son contrôle dans ce zones ne doivent être levés que si le nombre de contaminés soit égal à zéro.
3) Testing généralisé de toute la population de la zone isolée par des tests rapides et test sérologiques anti COVID 19
Ces tests généralisés à toute la population ont pour objectifs de retrouver les personnes porteuses saines du virus, qui sont asymptomatiques, pour les traiter préventivement et les empêcher de continuer à contaminer leur entourage et les personnes qu’elles rencontrent.
Les tests sérologiques ont pour rôle de retrouver les personnes déjà en contact avec le virus et qui ont été immunisées. Leur nombre peut permettre de savoir si une nouvelle ré-contamination de la zone est possible.
Ces tests combinés avec le port du masque sont les solutions les plus rapides pour circonscrire les contaminations, soignés les porteurs sains et les malades afin de réduire et faire disparaître l’épidémie.
Ces solutions peuvent être coûteuses, mais le maintien de l’activité économique dans les zones non infestées, comme en Chine, permet de réduire le coût global sur l’économie. En effet, vouloir faire l’économie de ces mesures va être plus coûteux et surtout qu’il faudra tôt ou tard le faire. La France l ‘a apprise à ses dépens.
4) La prise en charge des patients séropositifs et les cas graves ou en détresse respiratoires.
Les tests généralisés vont invariablement augmentés les contaminés séropositifs ou débutant la maladie voire en détresse respiratoire. C’est pourquoi l’État doit dans chaque zone isolée :
- ouvrir ou augmenté les capacités de prise en charge des malades par l’augmentation du nombre de lits destinés aux malades du Corona virus,
- Formés et augmentés le personnel médical (médecins, infirmiers, aides soignantes....) en redéployant les soignants des zones non contaminées, destiné à la prise en charge du COVID 19,
- investir dans les oxygénateurs, les produits de réanimation...
Pour les malades séropositifs, il faut comme cela se fait actuellement, le traitement symptomatique, le traitement à la chloroquine- Azythromycine ou l’Apivirine.
Pour les cas de détresse respiratoire il faut de l’oxygénation, voire la réanimation et l’intubation avec ou sans coma artificiel, le cas échéant.
Toutes ces mesures sont à prendre concomitamment en y mettant les moyens (des millions de masques, des centaines de milliers de test et des oxygénateurs) et de la rigueur dans la mise en place des mesures (isolement stricte, obligation du port de masque et de se faire tester).
Ces 4 mesures, en plus de celles déjà prises, restent les seuls moyens les plus efficaces pour éviter un confinement inadapté à notre pays.
Dr TOURE Yssouf
Pharmacien, Consultant Mastère spécialisé en Management de l’Industrie Pharmaceutique
 



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