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Economie

7e édition de la :L’Afrique doit savoir en tirer le meilleur profit

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La ville japonaise de Yokohama reçoit, ce 28 août 2019 et ce, pour deux jours, la septième édition de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD). Ce sommet  Japon-Afrique né en 1993, dont la périodicité a été ramenée de cinq à trois ans depuis 2013 où il se tient alternativement en terre japonaise et sur le continent noir, regroupe, cette année, les têtes couronnées du continent africain et leurs partenaires nippons autour du thème : « Faire progresser le développement de l’Afrique par le biais de la technologie, de l’innovation et des ressources humaines ». Organisé à l’initiative du gouvernement japonais conjointement avec les Nations unies, le Programme des Nations unies pour le développement, la Commission de l’Union africaine (UA) et la Banque mondiale, ce sommet de Yokohama se veut un cadre de dialogue politique de haut niveau et de partenariat entre les dirigeants africains et les autorités de Tokyo sur des questions de développement.
Ce n’est pas un fait du hasard si le Japon s’intéresse au continent noir
Mais on imagine aussi que dans le même temps, Tokyo ambitionne de renforcer sa coopération avec l’Afrique et de voir dans quelle mesure elle pourrait refaire son retard sur des pays comme la Chine en termes d’aide au développement et pourquoi pas d’échanges commerciaux avec le continent noir que toutes les grandes puissances voient comme le continent de l’avenir, non seulement en raison de ses richesses naturelles, mais aussi de ses potentialités économiques.
C’est pourquoi des Etats-Unis d’Amérique à l’Inde, en passant par l’Europe et la Chine, les sommets se multiplient avec ce continent qui se présente comme une belle demoiselle courtisée de toutes parts par les grands de ce monde. Ce n’est donc pas un fait du hasard si le Japon s’intéresse au continent noir et cherche à y renforcer sa position. Il appartient donc à l’Afrique de savoir tirer le meilleur profit de tous ces échanges pour se hisser au niveau des nations développées. Autrement, si elle ne sait pas bien saisir les opportunités, elle perdra toujours au change car, il faut bien se le dire, aucune de ces grandes nations ne fait les yeux doux à l’Afrique pour la beauté de ses yeux. Et si les autres savent tirer de ces relations multilatérales, le meilleur pour leurs nations, pourquoi devrait-il en être  autrement pour le continent noir  qui traîne toujours en queue de peloton en matière de développement ? Sur la question, une véritable introspection s’impose.
Car depuis la nuit des temps, les échanges internationaux ne semblent pas profiter à l’Afrique comme aux autres nations. Pourtant, bien plus que de nombreuses nations développées, ce continent possède de nombreuses richesses naturelles et minières qui font l’objet de toutes les convoitises et dont l’exploitation judicieuse est à même de mettre ses populations à l’abri du besoin.
C’est pourquoi il est temps, pour l’Afrique, de changer de paradigme. Pour cela, il lui faut sortir des sentiers battus  et aller à la recherche de l’aide qui peut lui permettre de se passer de l’aide, comme disait Thomas Sankara. C’est dire qu’il faut une aide véritablement adaptée aux besoins du continent africain.
Il est de la responsabilité des dirigeants africains de se montrer à la hauteur de l’histoire
Autrement, si nous continuons à nous satisfaire de peu et à faire la manche en donnant le sentiment de nous complaire dans notre situation d’éternels assistés, les sommets auront beau se multiplier avec les grandes puissances, le développement ne sera jamais au rendez-vous pour l’Afrique pendant que les autres continueront d’avancer. C’est dire que si l’Afrique n’y prend garde, le fossé du développement  risque de continuer à se creuser avec les grandes nations. Aujourd’hui donc plus que jamais, le continent a besoin de dirigeants courageux, éclairés, visionnaires et entièrement engagés à la cause de leur peuple, au-delà de leur petite personne et de leurs intérêts égoïstes. C’est à ce prix que ce continent pourra amorcer véritablement son développement.
Cela dit, entre deux sommets, il importe de faire une évaluation des retombées de ces différents rendez-vous internationaux pour le continent africain. Car, si cela peut participer, entre autres,  du rayonnement de la diplomatie des pays partenaires, en l’occurrence ici le Japon, les pays africains devraient être à même d’en évaluer l’impact sur leurs populations. De ce point de vue, il est heureux de constater qu’au niveau du Japon dont la politique extérieure avec les pays africains reposait essentiellement sur l’aide publique au développement, il y a de plus en plus une prise de conscience sur la nécessité d’impliquer le secteur privé dans la dynamique de la coopération bilatérale. C’est une bonne chose en soi. Car, comme on le dit, c’est le secteur privé qui constitue le moteur du développement.
En tout état de cause, si l’on peut saluer la tenue régulière de ces rencontres au sommet, il est de la responsabilité des dirigeants africains de se montrer à la hauteur de l’histoire en travaillant à équilibrer les termes des échanges pour parler d’égal à égal avec leurs partenaires. Car, au-delà de la frustration de voir tout un continent aller chaque fois à la rencontre d’un seul pays, cela est le signe patent de l’échec des dirigeants de ce continent dont les richesses naturelles contrastent outrageusement avec la pauvreté extrême des populations. Il faut que ça change !
 
« Le Pays »

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