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Les planteurs de cacao plantés

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Matières premières. La Côte d’Ivoire devrait fixer le prix minimum des fèves brunes à 750 francs CFA par kilogramme pour la saison 2017-2018.
 
C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. Le planteur de cacao est planté. Noyé par l’abondance des récoltes. Les agriculteurs de Côte d’Ivoire retiennent leur souffle. A priori, le 1er octobre, ils connaîtront le prix fixé par le gouvernement pour les cabosses qu’ils s’apprêtent à cueillir, alors que la grande saison de collecte commence. Selon les indiscrétions qui bruissent dans les plantations, le kilo de fèves serait payé 750 francs CFA, à comparer aux 1 100 francs octroyés il y a un an. Soit une chute brutale de près d’un tiers. Sachant que ce prix maigre, voire encore plus allégé, c’est-à-dire 700 francs CFA le kilo, s’est déjà appliqué à la « petite récolte » qui débute en avril, mais ne représente que 20 % des volumes.
Pour expliquer ce dur retour sur terre, les yeux se tournent vers la cotation de la poudre brune. Or, depuis plus d’un an, le cours du cacao s’est cabossé. Il a perdu plus du tiers de sa valeur. Vendredi 29 septembre, il se négociait à 2 043 la tonne à New York. Le cacao a subi un véritable chaud-froid alors que son prix flambait en 2015. Les spéculateurs s’échauffaient à l’idée d’une récolte déficitaire. L’annonce, un an plus tard, d’une production plus qu’abondante a fait l’effet d’une douche froide.
Pression sur la Côte d’Ivoire
Selon l’Organisation internationale du cacao (ICCO), le surplus devrait atteindre 371 000 tonnes sur la saison qui s’achève fin septembre, faisant gonfler les stocks mondiaux à 1,78 million de tonnes. La pression est donc forte sur la Côte d’Ivoire, qui représente à elle seule 40 % de la production mondiale.
Elle est encore montée d’un cran, quand son grand voisin et rival, le Ghana, qui pèse 20 % du volume global, a maintenu les prix payés aux planteurs. Les fèves ont alors eu une fâcheuse tendance à jouer à saute-frontières. Un véritable casse-tête pour le président ivoirien Alassane Ouattara, quand le cacao pèse un cinquième des exportations du pays.
Côté chocolatiers et industriels de la confiserie, l’enjeu est de se garantir l’accès à une denrée qui leur est essentielle. Accros à la poudre brune, ils ne peuvent toutefois s’affranchir de la sensibilité du consommateur. Or, le cacaoyer a sa part d’ombre. L’ONG Mighty Earth a dénoncé dans un rapport publié mi-septembre la déforestation due à la cacaoculture en Côte d’Ivoire. « Afin de satisfaire la demande de géants de la chocolaterie comme Nestlé, Cadbury et Mars, de nombreux parcs nationaux du pays ont été défrichés », déplore l’ONG.
« Inscrire la production du cacao dans la lutte contre le dérèglement climatique en mettant fin à la déforestation et en développant l’agroforesterie. » C’est un des défis que s’est fixés Patrick Poirrier, patron du groupe Cémoi et président du Syndicat du chocolat, lors d’une réunion organisée à Paris jeudi 28 septembre. Comme « poursuivre la lutte contre les pires formes de travail des enfants » et « œuvrer à une meilleure rémunération des planteurs » Des défis de taille pour la culture du cacaoyer. Faute de quoi, le carré de gourmandise risque d’avoir un arrière-goût de culpabilité…
 

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