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Au Ghana, on vous souhaite de joyeuses funérailles !

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Des cercueils en forme de piment, de voiture ou de bouteille de Coca-Cola gisent dans la cour de l'atelier Kane Kwei à Teshie, une ville du littoral ghanéen, à une quarantaine de kilomètres d'Accra. Ici, Cedi Anang et son fils Eric Adjetey Anang perpétuent l'héritage de leur aïeul, Seth Kane Kwei. Ils construisent des cercueils figuratifs ou Abebu Adekai (littéralement « récepteur de proverbes ») à l'effigie du clan auquel appartenait le défunt, de son métier ou encore de ses centres d'intérêt. Ainsi, la famille d'un enseignant décédé pourra avoir un stylo de sa marque favorite pour sépulture, une vendeuse de marché un oignon, ou encore un fumeur se verra choisir un paquet de cigarettes. Et là réside tout le dilemme pour les familles : coller au plus près de la réalité de la vie menée par le defunt, dont il faut défendre le prestige jusqu'au dernier voyage.
 
La coutume d'être enterré dans ces cercueils pour le moins originaux est née avec Seth Kane Kwei dans les années 1950. Le jeune charpentier avait eu l'idée, à la mort de sa grand-mère, de lui fabriquer un cercueil en forme d'avion, elle qui avait toujours rêvé de voyager. La cérémonie avait été un succès et, peu de temps plus tard, un pêcheur qui venait de perdre sa mère avait demandé à Seth Kane Kwei de lui confectionner un cercueil en forme de bateau. Une tradition était née.
Une cérémonie onéreuse
À chaque pays, ses rites funéraires. Au Ghana, les enterrements font partie des réunions sociales les plus importantes et prennent la forme de grandes fêtes. Les familles sont prêtes à dépenser des sommes faramineuses pour les obsèques de leurs proches, parfois même plus importantes que pour un mariage. La cérémonie est un indicateur à la fois de la générosité de la famille mais également de son statut social. Certains invités n'hésitent pas à parcourir de longues distances pour venir assister à des funérailles, mais plus il y aura de monde, plus le coût sera élevé pour la famille, qui doit fournir la nourriture et les rafraîchissements.
La famille doit également assumer le coût de la location, de la musique (on fait souvent venir des groupes pour qu'il y ait de la musique live), des danseurs professionnels qui portent le cercueil et dudit cercueil, bien évidemment. Kudjoe Affutu, qui a son atelier à Awutu, demande entre 1 000 et 3 000 cédis ghanéens (200 et 700 euros) en moyenne pour un cercueil figuratif. Bien que la plupart des gens continuent d'enterrer les défunts dans des sépultures classiques, surtout ceux issus des religions catholiques et musulmanes, les traditionalistes sont ceux qui sont les plus attirés par les cercueils de Kane Kwei.
Une tradition devenue un art
La pratique qui était initialement populaire parmi les Ga (un peuple de la région d'Accra) s'est aujourd'hui répandue aux Ashanti de la région de Kumasi, au nord de la capitale, et aux Éwé, à l'est du pays. À Accra, on compte aujourd'hui une dizaine d'ateliers, tenus pour la plupart par d'anciens apprentis de Seth Kane Kwei.
Les touristes de passage dans la capitale viennent jeter un œil à ces sépultures figuratives, certains repartent même avec. Chaque année, Kane Kwei exporte une centaine de cercueils, non seulement pour des Ghanéens résidant à l'étranger, mais également pour des collectionneurs ou des galeries d'art jusqu'au Danemark ou en Russie. En 2012, le Southbank Centre à Londres avait dédié une exposition aux cercueils de Kane Kwei et de Crazy Coffins, une entreprise de pompes funèbres qui fabrique également des cercueils originaux depuis une quinzaine d'années à… Nottingham, en Angleterre.
 
 
 

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