L'intelligence, c'est comme les parachutes, quand on n'en a pas, on s'écrase. (Pierre Desproges)
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La MISMA,force de maintien de la paix
Article publié le: 09 Février 2013 - Auteur: Dr Famahan SAMAKÉ - Source: Lebanco.net
Ça y est! Tout le monde est maintenant situé: la MISMA sera une force de maintien de la paix au Mali, et non pas une force combattante, surtout pas une force de libération ainsi que les Maliens en avaient rêvé. Et le futur ici prend tout son sens, car elle sera une force de maintien de la paix dans le futur, c'est-à-dire, à une date indéterminée à l'heure où ces lignes sont couchées sur une page blanche.

Seuls ceux qui disposent d'une boule de cristal sauront dire à quelle date la CÉDÉAO parviendra à réunir et à acheminer ses 7 à 8.000 soldats sur le territoire malien; seuls eux pourront dire quand elle parviendra à réunir les quelque 300 milliards de F.cfa nécessaires au financement de cette force de maintien de la paix. Si les promesses faites par les nations riches s'exécutent au même rythme que celles faites à Haïti au lendemain du terrible tremblement de terre qui a dévasté cette nation indépendante depuis 1804, alors les Maliens devront patienter encore au moins jusqu'en 2016 pour que leurs sauveurs arrivent à Bamako!

Et dire que nos pays brandissaient les muscles devant les djihadistes enturbannés depuis avril 2012! Ils menaçaient en effet de libérer le nord malien de l'emprise cruelle et rétrograde des guerriers de Dieu pendant que ces derniers envahissaient Diabali et Kouentza, à quelques encablures de Bamako. Le pouvoir frileux de Dioncounda Traoré ainsi que le puissant capitaine qui siège à Kati tremblaient d'effroi devant la poussée formidable de ces guerriers à la barbe fournie dont l'arme la plus formidable est leur dévotion à une cause transcendantale. Ayant très vite apprécié la situation, et ayant compris que jamais la CÉDÉAO ne viendrait libérer son pays - non pas par manque de volonté politique, mais plutôt pour des questions de trésorerie, de logistique inexistante, de capacités militaires insuffisantes, de stratégie et de renseignements aussi, et même des questions d'ordre juridique, ça fait beaucoup, convenons-en -, le président Dioncounda s'est résolu à appeler la France de François Hollande au secours du Mali assiégé et abandonné à son triste sort.

En moins de 24 h, l'ex-puissance coloniale a donné une suite favorable à la requête écrite de celui à qui elle avait déjà sauvé la vie après l'agression barbare dont il fut victime de la part des soutiens du capitaine Sanogo le 21 mai 2012. L'armée de l'air française a bombardé les soldats de Dieu qui se sont éparpillés dans la nature sableuse du grand Mali. Dans leur débandade, ils se rasent la barbe et se fondent dans la population civile. Le Mali est quasiment libéré après trois semaines de combats à sens unique. La France envisage ouvertement un retrait du Mali dès le mois de mars. Mais la CÉDÉAO est toujours à la recherche de fonds et en quête d'une logistique introuvable. Si elle attend la générosité des donateurs internationaux si forts dans les effets d'annonce, qu'elle se renseigne auprès des Haïtiens. Les Maliens, eux, sont heureux de retrouver Gao, Diabali, Kouentza, Tombouctou, Kidal, Aguelhoc, Tessalit, Sévaré, etc, libérés de l'emprise des islamistes cruels. Pour eux, la victoire de la France est savoureuse et sans ambages. Qui a encore besoin de la CÉDÉAO?

Ah, la CÉDÉAO, justement! Elle doit continuer à réunir ses 8.000 soldats pour aller maintenir la paix au Mali. Ce n'est pas rien, après tout. À défaut d'aller combattre les djihadistes, cette multitude ira dissuader ces derniers de revenir occuper le terrain laissé vacant par les soldats français. Il y a certes une condition: il faut que les bailleurs de fonds leur fassent préalablement l'aumône. Hollande, lui, n'a aucune confiance dans l'organisation sous-régionale qui a beaucoup tergiversé sur sa stratégie, sa capacité à constituer la MISMA et à la financer, là où le Tchad à lui seul a déjà déployé 2.000 soldats sur le champ de bataille, pratiquement au pied levé, et sans être membre de la CÉDÉAO! La France demande donc que l'ONU envoie et finance des casques bleus pour assurer la relève de ses soldats au Mali car personne ne peut nous faire confiance, même pour assurer cette opération de maintien de la paix. C'est dommage!

Dr Famahan SAMAKÉ
Les réactions
 
Forestier De Lahou  a écrit
10 Février 2013 01:56:25
"Koro Kemoko" je suis désolé, je persiste et signe, la Cedeao, comme à son habitude, n'a strictement rien fait d'autre que palabrer et gesticuler. Il a fallu que la situation devienne tellement dangereuse que Bamako soit physiquement menacée et que la "puissance coloniale" se décide à intervenir militairement avec l'énergie que l'on sait.
Les instances africaines, Cedeao et UA ont, dans cette affaire, perdu toute crédibilité. Au lieu de voler à l'aide de la France et du Mali, elle continue à palabrer et s'autoféliciter de devenir "force de maintien de la Paix", car elle n'a rien fait. Autant dire qu'elle devient "inspecteur de travaux finis". Une fois de plus, elle a fait la preuve de son inefficacité absolue. Les trooristes et putschistes de tous poils peuvent se frotter les mains et dormir tranquille. C'est donc, selon toi, ce petit rigolo de Sanogo qui, par ses seules vociférations, aurait repoussé l'Afrique toute entière ? La Fran,ce, elle, ne s'est pas laissée ilmpressionner et je ne donne pas très cher de l'avenir politique (si ce n'est de la peau) de ce capitaine d'opératte.
 
Koro Kemoko  a écrit
09 Février 2013 03:11:44
Forestier De Lahou, critiquer la CEDEAO [et meme l'UA] dans le cas de cette crise malienne n'est pas juste pour certaines raisons. Des que Sanogo a fait son coup foireux, tout le monde entier, exceptes les maliens qui ont pousse Sanogo a prendre le pouvoir, a demande a Sanogo de revenir sur sa decision. Les rebelles et les jihadistes ayant profite du coup du capitaine pour occuper le nord du pays, la CEDEAO a tout de suite reuni ses membres pour decider d'une strategie commune. Nous avons alors vu comment les maliens ont reagi. N'ont-ils pas empeche les chefs d'etats de la CEDEAO d'aterrir a Bamako? Que n'avons-nous pas entendu de la bouche de Sanogo et ses suppots? Pas de soldats etrangers sur notre terre du Maliba, etc, etc. Si les maliens avaient laisse dans son elan, la CEDEAO creer les conditions convainquantes d'une reaction bien structuree aux jihadistes, l'aide reclamee a nos supports en occident aurait ete accordee. Mais avec le Mali oppose a toute presence etrangere sur ses terres, et les membres de la CEDEAO, et les bailleurs de fonds ne pouvaient VOULOIR plus que les maliens que les MUJAO, AQMI, BOKO HARAM, etc martyrisaient. Les francais sont intervenus rapidement parce qu'ils ont des raisons tres valables de ne pas laisser leurs mines d'uranium devenir une cible possible des extremistes. Les soldats ivoiriens, burkinabe, senegalais, mauritaniens, algeriens, tchadiens, etc qui doivent etre deployes au Mali representaient une AIDE. Puisqu'ils doivent aller exposer leurs vies pour sauvegarder celles de leurs freres et soeurs du Mali, le discours de Sanogo et sa clique ne pouvait MOTIVER personne a venir mourir pour ces ingrats. En tuant l'enthousiasme du debut, le Mali ne peut pas blamer la CEDEAO ou l'UA de ne s'etre pas soucie de son sort. C'est pourquoi je pense qu'il est tout afait normal de laisser les hommes de Sanogo confronter les jihadistes. Ceux qu'ils ont identifier des les premieres heures comme des etrangers, feront le travail reserve aux etrangers.
 
Forestier De Lahou  a écrit
09 Février 2013 12:45:36
Pour le moment, la MISMA, ça me semble totalement virtuel. Et quand on regarde les .... qui sont sur la photo d'illustration, franchement, il n'y a pas de quoi effrayer les fous de Dieu. Tout juste leur faire piquer une bonne crise... de fou rire !
La "puissance coloniale" honnie a presque fini de reconquérir tout le territoire concerné que vous en êtes encore à palabrer et à vous féliciter de n'être qu'une force de maintien de la paix (c'est à dire d'avoir échappé à votre mission de combattre l'ennemi)! Pauvre Afrique !